Interview de Mireille Rivalland
de Mireille Rivalland
aux éditions
Genre : Interview

Auteurs : Mireille Rivalland
Date de parution : septembre 2012 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Mireille Rivalland s’occupe des éditions de l’Atalante.

Actusf  : Petite question sur le contexte. Les nouvelles ne semblent pas trop bonnes en librairie, comment abordes-tu la rentrée et comment tu vois les mois qui viennent ? 
Mireille Rivalland  : Les libraires ont beaucoup retourné le fonds au premier semestre, et sans doute que Magie brute n’a pas démarré aussi vite que nous l’espérions (nous sommes absolument convaincus qu’il s’agit d’un blockbuster, et le prochain est pour mai 2013). Voilà pour les points négatifs. Cet automne, nous défendons un programme avec des livres et des auteurs qui nous promettent de beaux succès. Les représentants nous font d’allieurs remonter un très bon accueil de la part des libraires. Les must : l’intégrale de La Brigade chimérique et ses bonus, le 34e Disque-monde, Coup de tabac, et l’opération qui l’accompagne – rendez-vous sur le blog de L’Atalante le 1er octobre pour découvrir en avant-première les cinq badges parmi lesquels vous pourrez faire votre choix en faisant les yeux doux à votre libraire !
 
Actusf  : Vous avez un petit nouveau en septembre, Andrei Dyakov avec Vers la lumière. Le roman appartient à la série « L’univers de Métro 2033 » de Dmitry Glukhovsky. Comment se place-t-il dans cet univers ?
Mireille Rivalland  : Devant le succès populaire de ses romans Métro 2033 et Métro 2034, Dmitry Glukhovsky a décidé d’ouvrir l’univers qu’il a imaginé à d’autres auteurs, sans distinction de pays ni d’expérience. Les seules contraintes à respecter sont spatiales et temporelles : l’action doit se dérouler en 2033 et l’auteur dois limiter à sa zone géographique de résidence sans évoquer le reste du monde. À ce jour le projet compte vingt-quatre romans russes, un roman anglais, un roman italien ainsi qu’un recueil de nouvelles, dont certains déjà traduits dans plusieurs pays d’Europe. La licence se décline sur des médias divers : romans, romans graphiques ou encore jeu vidéo, et la MGM a acquis récemment les droit d’adaptation au cinéma. Quant au roman en lui-même, il s’inscrit dans cette expansion de la connaissance du monde de 2033.
 
Actusf  : Et le style est-il le même que celui de Dmitry Glukhovsky ?
Mireille Rivalland  : Andreï Dyakov, dont c’est ici le premier roman, est un jeune auteur russe dont le travail a d’ores et déjà été primé. Il étend l’univers de Dmitry Glukhovsky à Saint-Pétersbourg, dont il prend le parti d’explorer la surface. C’est un livre qui décrit un monde en ruine, plus baroque que Métro, mais tout aussi violent. Le style est plus concis que celui de Glukhovsky mais l’immersion dans le monde décrit est tout aussi réussie que dans Métro.
 
Actusf  : Vous rééditez en septembre La saison des singes de Sylvie Denis et vous publiez la suite, L’Empire du sommeil. L’Empire du sommeil est-il la suite directe de la Saison des singes ?
Mireille Rivalland : Oui, on ne peut plus. D’ailleurs si nous avons réimprimé le premier livre, La Saison des singes, avec une nouvelle couverture, c’est pour harmoniser le dyptique, d’autant que le premier volet est paru il y a 5 ans.

Actusf : Quel place a pour toi cette auteur dans la science fiction française ?
Mireille Rivalland : C’est un auteur majeur et rare. Sylvie est technophile et a une très haute opinion des possibilités d’évolution des espèces. Elle "brasse" très large tant sur le plan scientifique que politique et culturel. Cela donne des romans foisonnants, à multiples entrées, de la lecture desquels on sort avec l’impression d’être capable d’aller plus loin dans notre conception de la nature humaine. Et comme Ursula Le Guin, elle s’emploie à lever les tabous qui nous emprisonnent.
 
 

Actusf  : Quels sont les qualités de cette série ?
Mireille Rivalland  : Un sujet ambitieux : l’enjeu des technosciences dans un futur intergalactique où les hommes ont continué de progresser aussi sur le plan politique.
Une forme riche : un space opera où vol spatial et nanotechnologie sont monnaie courante, doublé d’un planet opera (sur un monde soumis comme dans Heliconia à des saisons très longues donc à une évolution lente).
Et des paysages magnifiques !
 
Actusf  : Hide*Out d’Andreas Eschbach fait suite aux évènements de Black*Out. Que pourra-t-on lire dans ce tome ?
Mireille Rivalland : La suite du road-movie de ce groupe de jeunes gens qui refusent d’être fichés et "pucés". Pour fuir encore les autorités et la "Cohérence", ils trouvent refugent auprès des Indiens Pieds-Noirs et poursuivent leur périple vers la côte ouest des États-Unis.
 
Actusf  : Comment se place cette série entre science fiction et thriller dans l’œuvre d’Andreas Eschbach ?
Mireille Rivalland  : Du côté des trhillers d’anticipation, genre qu’Andreas Eschbach affectionne depuis Jésus vidéo.
 
Actusf  : En octobre vous allez sortir Le Melkine d’Olivier Paquet. Il s’agit du premier tome d’une trilogie de science-fiction. Même chose, quelles sont les éléments du récit dont tu peux nous parler ?
Mireille Rivalland : C’est l’opéra de l’espace par excellence : du rêve dans les étoiles ! Des planètes aux conditionnements forts, le mythe de l’aventure spatiale, des personnages adolescents, une méchante redoutable et émouvante. Des nouvelles ont paru cette année dans le même univers : Olivier Paquet relie, en fait, toute son œuvre dans l’aventure du Melkine, y compris Structura maxima et Les Loups de Prague ! Le second tome paraîtra en mai ou juin prochain.
 
Actusf  : Avez-vous déjà choisis des titres pour 2013 ? Est-ce que tu peux nous en dévoiler quelques-uns ?
Mireille Rivalland : Le 13e "Honor Harrington", la suite de Magie brute, Zhongguo, Patrick Lee, The long Earth de Pratchett/Baxter, L’univers Métro2033, une nouvelle BD signée Gess et Lehman… mais surtout, en février, ne ratez pas un nouvel auteur français, Régis Goddyn. Le Sang des 7 rois est une série de fantasy exceptionnelle dont nous dévoilerons la couverture et les premiers chapitre au cours de l’automne. Et en même temps la collection Jeunesse continue de "grandir" : Anne Fakhouri nous invitera à un voyage dans le temps avec L’Horloge du temps perdu , Johan Heliot a promis d’écrire la suite des aventures de notre flibustière préférée, Alexia, et nous avons le plaisir d’accueillir une grand dame de la littérature jeunesse, Danielle Martinigol, pour un livre de SF dédié à la musique et au voyage spatial : Cantoria.
 
Actusf
 : Dernière question, le numérique ! Où en êtes-vous de ce côté là ? Quand pourrons-nous lire les premiers titres ?
Mireille Rivalland  : À ce sujet, un seul conseil : suivez notre blog ! Nous avons reçu l’appui du CNL pour une numérisation sur deux ou trois ans de l’ensemble de notre catalogue. Les nouvautés, bien sûr, seront proposées au fur et à mesure. Nous défendrons une politique de prix bas entre 3,49 et 10, 99 €, ce qui fait tiquer quelques agents étrangers, mais les auteurs et les traducteurs nous suivent. Nos différents prestataires techniques s’en sortent plutôt bien. Je pense même que certains font des merveilles, ce qui n’est pas peu dire car notre exigence quant à la qualité des fichiers, au regard de notre publication papier, leur rend la vie dure ! Le lancement aura lieu en octobre et s’étalera jusqu’à la fin de l’année à raison de sorties hebdomadaires. D’ici là Denis Detraz n’a pas prévu de dormir, mais si nous l’avons embauché, c’est parce qu’un temps il a travaillé de nuit auprès d’enfants en difficulté : deux atouts majeurs pour se coltiner au numérique et à l’édition française.

Jérôme Vincent