Interview de Pascal Malosse pour Contes de l’entre-deux
de Pascal Malosse
aux éditions Malpertuis ,
collection Absinthes, Ethers, Opiums
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Nouvelle
  • Ville

Auteurs : Pascal Malosse
Couverture : Tim Chiesa
Date de parution : juin 2014 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 124
Titre en vo : Contes de l'entre-deux

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Interview de Pascal Malosse, pour la sortie de son premier ouvrage aux éditions Malpertuis.

Rencontre avec Pascal Malosse pour parler de son premier recueil de nouvelles : Contes de l’entre-deux (chroniqué ici), du monde slave et du fantastique, le tout avec un conseil de lecture !
 
Actusf  : Bonjour Pascal, pourriez-vous vous présenter un peu ainsi que votre parcours ? Comment en êtes-vous venu à l’écriture ?
Pascal Malosse : Bonjour ! J’ai la double nationalité franco-polonaise, mais j’ai grandi à Bruxelles. J’ai fait mes études de Droit à Lyon, à Paris et à Strasbourg. J’ai ensuite fait un peu de recherche à Berlin (enfin surtout de la guitare). Depuis cinq ans, je vis à Varsovie où je me sens vraiment bien. Une sorte de retour aux racines qui m’étaient inconnues. J’ai appris la langue en débarquant et j’ai aujourd’hui peu d’occasions de parler français. Au quotidien, je travaille dans les projets européens en tant que consultant. Parfois, j’ai la chance d’écrire des articles plus culturels sur la Pologne, notamment pour le magazine Paris-Berlin et je tiens un blog.

Au sujet de l’écriture, j’ai commencé très tôt à écrire quelques poèmes, fasciné par la musicalité que peut avoir un texte. Puis, pour séduire une fille lors d’un " chat " (j’avais 13 ans à l’époque et MSN Messenger était à la mode), j’ai écrit un devoir à sa place. Il s’agissait d’une fiction de trente pages. Selon ses professeurs, il y avait pas mal de fautes. Mais elle tout de même reçu une bonne note. J’ai continué à écrire tout le long de mes études pour le plaisir, partageant avec quelques amis. Notamment une novella historique qui a pour toile de fond le Printemps de Prague, avant de me rendre compte que j’étais complétement à côté de la plaque au niveau de la véracité des événements.

Actusf  : Avec Contes de l’entre-deux vous signez votre premier ouvrage. Pourquoi ce choix de nouvelles, de contes ? Laquelle a été la plus difficile à écrire ?
Pascal Malosse : J’apprécie l’intensité des textes courts. Cela permet aussi d’expérimenter beaucoup quand on débute et de varier les thèmes et les atmosphères à loisir. J’ai récemment lu un essai de Cortázar (Quelques aspects du conte) qui comparait l’art de la nouvelle à l’art de la photographie. J’aime beaucoup cette idée de saisir un instant, une pensée, une émotion et de la capturer en quelques mots. Aussi, je souhaite que mes nouvelles soient presque comme des poèmes en prose. Les nouvelles les plus difficiles à écrire ont été les plus "cérébrales", notamment " L’’idée ", texte dans lequel je souhaitais que le narrateur soit une pensée qui saute d’un personnage à l’autre. J’ai donc écrit à la troisième personne du point de vue de l’idée, ce qui m’a occasionné par moments de graves maux de têtes.

Actusf  : Comment s’est passée votre rencontre avec les éditions Malpertuis ?
Pascal Malosse : J’ai découvert les éditions Malpertuis dès que je me suis mis à chercher un éditeur de littérature fantastique. Le déclic a eu lieu quand un autre petit éditeur m’a dit que les textes lui plaisaient mais qu’il ne publiait pas de fantastique ! Je n’avais pas vraiment conscience d’appartenir au genre, car il s’agit aussi d’étrange et de surréalisme. Christophe Thill m’a ensuite poussé à prolonger ou à approfondir certaines nouvelles et je lui suis très reconnaissant de m’avoir accompagné pour cette première publication.


Actusf  : Votre ouvrage s’inscrit dans une veine fantastique voire parfois horrifique et onirique. Quels sont les auteurs ou ouvrages de ce genre qui vous ont marqué ?
Pascal Malosse : Un professeur belge m’a fait très tôt découvrir le peintre Magritte et l’écrivain Jacques Sternberg. Les Contes glacés de ce dernier ont sans doute été ma première lecture marquante. Je me suis ensuite très vite intéressé aux auteurs de l’Est : Gogol, Boulgakov et Dostoïevski. Tous parviennent à l’humour et à l’horreur en raclant les tréfonds de l’âme humaine. Ce qui est à l’intérieur et ce qu’on refoule est souvent le plus effrayant.
 


Actusf  : Vous décrivez beaucoup de paysages urbains, plutôt slaves. Pourquoi ce choix de lieux d’Europe de l’Est ?
Pascal Malosse : Je trouve assez étonnant de retrouver les mêmes blocs de Berlin-Est jusqu’à Vladivostok. Ayant grandi à l’Ouest, c’est une architecture qui n’est pas familière. Puis on découvre la vie à l’intérieur des blocs. Certains appartements n’ont pas changé depuis les années 50. D’autres ont été rénovés et ressemblent en tous points aux nôtres. L’architecture soviétique réduit l’individu à néant. En termes de narration, cela permet de créer un sentiment d’oppression, celui qu’exerce la norme et la centralisation. Et quel contraste avec la majesté de l’art nouveau à Budapest, celui des vieilles villes moyenâgeuses de Pologne, les palais de style européen à Moscou. Tout se côtoie dans un étrange capharnaüm. Quand vous entrez dans le monde et les langues slaves, vous sentez que vous quittez le monde gréco-latin, que vous êtes dans un autre système de valeurs et d’esthétique malgré les nombreux ponts.

Actusf  : Quels sont vos prochains projets ?
Pascal Malosse : Quelques nouvelles paraîtront prochainement dans diverses anthologies. Notamment en avril celle dirigée par Chantal Robillard aux éditions Rivière Blanche. Elle s’annonce très belle avec de nombreuses illustrations et des auteurs reconnus. Récemment, j’ai terminé un recueil de nouvelles érotiques que je souhaite faire publier en Belgique. Et j’écris actuellement un nouveau recueil de nouvelles fantastiques, qui cette fois, se passera exclusivement à l’Est.

Actusf  : Un coup de cœur en science-fiction que vous souhaitez partager avec nous ?
Pascal Malosse : Je connais très mal la science-fiction. Néanmoins j’ai succombé au charme des Chroniques martiennes de Ray Bradbury. Grâce à lui, j’ai découvert que ce genre pouvait atteindre des sommets de grâce et de poésie.
 

Hermine Hémon