Interview de Patrick Gyger
( 1 )
de Patrick Gyger
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Patrick Gyger
Date de parution : janvier 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : interview
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : novembre 2002

Lire tous les articles concernant Patrick Gyger

Chaque année le Festival des Utopiales rassemble le gratin de la SF française avec quelques pretigieux invités venus d’outre-atlantique. Une fois encore, l’édition 2002 fut un succès. Rencontre avec son organisateur

Nous : Quel est le premier bilan du festival ?
Patrick Gyger  : Sur le plan personnel je suis très satisfait. Il y avait deux objectifs à atteindre : avoir du public et créer une émulsion entre les visiteurs et le festival, et entre les invités des différents pôles en littérature, cinéma etc. Au niveau de la fréquentation, il y a eu une assez nette progression depuis 2 ans. Environ 20% d’augmentation cette année malgré un jour de moins et une restriction de l’espace pour créer un lieu plus chaleureux. D’après les premiers chiffres que je viens d’entendre, on est à 28 000 entrées.

Nous : Ca veut dire que les expositions et la librairie ont bien marché ?
Patrick Gyger : Je n’ai pas les chiffres de la librairie. Mais hier soir, sur trois jours, ils avaient déjà fait le chiffre de l’année dernière sur cinq jours. Donc a priori en hausse.

Nous : Autre succès cette année, la fréquentation des conférences…
Patrick Gyger  : C’était un pari. On est partit du principe que les gens s’intéressent aux choses à partir du moment où on leur met à disposition. Donc on a voulu crée une animation au centre du festival. Même lorsque des gens peu connus débattaient, au début il y avait peu de monde puis au fur et à mesure, on avait 150 personnes. Même chose pour les conférences scientifiques.

Nous : Qu’est-ce qui pour vous fait la particularité des Utopiales ?
Patrick Gyger  : C’est le festival le plus important en Europe et c’est surtout le seul qui fonctionne sur ce mode là, c’est à dire qu’il est assez pointu mais en même temps qu’il attire le grand public. C’est à dire que ça ne sert à rien de passer Star Wars ou Aliens. Tout le monde peut les voir chez lui. Ici on se rend compte que des films moins connus, un peu décalés et pas forcément disponibles remplissent les salles. Donc c’est dans cette direction que l’on va aller au niveau du cinéma. Même chose avec les auteurs. On a fait venir des gens que l’on jugeait intéressant et que surtout on n’a pas souvent l’occasion de voir en France. Donc il y avait par exemple Robert Silverberg mais aussi des auteurs moins connus comme Yoss le Cubain. Et c’est important pour les écrivains. Il se passe souvent des choses ici avec pas mal de rencontres et d’échanges d’idées entre eux mais aussi avec des éditeurs… Il y a des anthologies qui se préparent sur le festival comme un recueil d’auteurs européens à paraître aux Etats Unis. C’est une réunion très importante des acteurs du monde de la science fiction.

Nous : Cette année le mélange des genres étaient une nouvelle fois à l’ordre du jour ?
Patrick Gyger : Oui c’est important parce que je crois que le festival des Utopiales attire des publics très différents. Il y a plein de gens qui ne se seraient pas déplacés simplement pour Robert Silverberg. Là ils venaient par exemple pour un film et puis ils ont vu ce bonhomme incroyable et ils sont restés. Et après ils ont acheté le livre. Le but c’est de faire découvrir toute la palette de la science fiction et en premier lieu de la littérature. C’est un pari réussit pour cette année.

Nous : Un autre thème fort pour cette édition 2002, la science et la science fiction…
Patrick Gyger : C’était une nouveauté cette année. On voulait confronter positivement les auteurs de science fiction et les scientifiques sur des thèmes assez précis. On a pu débattre du clonage, de l’intelligence artificielle, des manipulations génétiques… Certains ont échangé des coordonnées…

Nous : Et la musique ?
Patrick Gyger  : C’était nouveau aussi. Ca a bien marché. C’est vrai par contre que le public du soir n’est pas forcément celui de la journée. Pour l’instant les gens vont au film à 20h30 et repartent après. Donc le soir c’était assez calme et je ne suis pas sûr que le public des bars se déplace au concert à la Cité des Congrès. Peut-être que dans une autre salle à Nantes la sauce aurait un peu plus pris. Il y aurait eu sans doute encore plus de monde.

Nous : Globalement c’est donc très positif...
Patrick Gyger  : Les idées un peu nouvelles qu’on a amené ont bien fonctionné dont on est content. Certaines choses vont être reproduites on l’espère l’année prochaine.

Nous : Quel a été le moment fort de cette année pour vous ?
Patrick Gyger : Pour moi c’était la présence de Samuel Delany. C’est vraiment subjectif mais je crois qu’on est tous dans ce domaine parce qu’il y a des gens qui ont compté à certains moments, qui ont transformé nos existences par leurs œuvres littéraires ou cinématographiques. Quand on a une de ces personnes devant soi… Et bien rien ne remplace ça ! Et pour moi c’était rencontrer Samuel Delany.

Nous : Parlons de l’année prochaine…
Patrick Gyger : Les idées commencent à venir maintenant. Mais il faut se laisser le temps. J’ai toujours tendance à faire un break après un gros salon comme ça. En parallèle je m’occupe de La Maison d’Ailleurs à Yverdon en Suisse et on a un très gros projet cette année. On a fait une exposition sur les berges du lac avec l’agence spatiale européenne. Il reste d’énormes structures métalliques qu’on va peut-être racheter pour déplacer le musée.

Jérôme Vincent