Interview de Pierre-Paul Durastanti
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de Pierre-Paul Durastanti
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Pierre-Paul Durastanti
Date de parution : février 2000 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : mai 2006

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Pilier de Bifrost, Pierre-Paul Durastanti répond à nos questions à l’occasion des 10 ans de Bifrost.

Actusf : Comment es-tu tombé dans la science fiction ? Y’a-t-il eu un livre qui a été le déclic ?
Pierre-Paul Durastanti : J’ai du mal à me souvenir précisément quel livre de SF identifié en tant que tel j’ai pu lire. Je sais que mes lectures jeunesse en comportaient pas mal, au milieu d’autres trucs. On était en vacances, et mon père m’a rapporté un " Anticipation " du Fleuve Noir : je lui avais demandé de quoi bouquiner, et il était très client des collections " Spécial Police " et " Espionnage " chez eux. Il pouvait s’agir d’un Jan de Fast. J’avais 14 ans, au fait ; tout ça remonte donc à 1977-78. Ça m’a suffisamment accroché pour que je me procure d’autres FNA, dont plusieurs Jan de Fast ; j’ai dû finir par lire presque toute sa série du " Docteur Alan " avec plaisir. Le rayon SF comprenait aussi des J’ai Lu, dont une bonne part des " Meilleurs récits de… ", les anthologies de pulps dues à Jacques Sadoul, et des Univers d’Yves Frémion. J’ai donc débuté par… un sacré méli-mélo ! La SF française populaire et récente, la SF américaine populaire et ancienne, la SF française et anglo-saxonne la plus moderne, voire expérimentale. Comme je n’ai guère évolué, j’ai gardé des goûts plutôt éclectiques du même acabit. Je me rappelle avoir acheté peu après, en même temps, les deux Dick alors disponibles au Livre de Poche " SF " (première série), En attendant l’année dernière et Le temps désarticulé. Ça a dû être mon premier véritable déclic sur un auteur spécifique.

Actusf : Et quels sont tes auteurs ou tes livres préférés ?
Pierre-Paul Durastanti : Ouah ! Tu as toute la journée ? Toujours pêle-mêle, mais les quatre premiers sont sans doute mes préférés, ceux qui me parlent le plus intimement : Dick, Silverberg, Jeury, Simak, Klein, Vance, Egan, Colin, Leiber, Banks, Houssin, Spinrad, Heinlein, Steiner/Ruellan, Lansdale, Blaylock, Powers, Priest, Kutter & Moore, Poul Anderson, Vonarburg, Coney, Pelot, Calvo, Watson, Keith Roberts, Kim Stanley Robinson… Et les bouquins des potes, sur lesquels je suis encore moins objectif : Mauméjean, Barbéri, Wagner, Pagel, Héliot, Wintrebert…

Actusf : Quel a été ton parcours avant de devenir traducteur ?
Pierre-Paul Durastanti : Le fandom. J’ai débuté chez Francis Valéry, comme plein de gens de ma génération, à faire des critiques dans A&A, puis j’ai contacté Alain Dorémieux, toujours pour des critiques, mais dans Fiction. Parallèlement, je faisais semblant d’étudier en fac d’anglais (trois premières années, grâce à une dispense) et je commençais à lire dans cette langue. Je suis alors tombé sur un texte de John Sladek qui m’a éclaté, je l’ai donné à lire à Joëlle Wintrebert qui venait de prendre en main les Univers annuels, et elle m’a courtoisement proposé de m’essayer à le traduire une fois qu’elle a eu décidé de le sélectionner. La pauvre. Elle a sué des heures, voire des jours sur ma copie, qui m’est revenue barbouillée de rouge, et j’ai eu le toupet de discuter certains points de détail. Je m’étonne qu’elle me parle toujours, et gentiment. Ensuite, à la convention européenne de Brighton, au printemps 1984, j’ai fait la connaissance de Richard D. Nolane, qui préparait " Aventures Fantastiques " chez Garancière et qui m’a confié mon premier roman à traduire : Hrolf Kraki, de Poul Anderson. (Incidemment, je crois bien que Jean-Daniel Brèque, Patrick Marcel, Michel Pagel et moi avons tous débuté comme traducteurs de roman dans sa collection.) Après six mois de boulot intensif, j’ai rendu quelque chose d’à peu près publiable, ce qui ne m’a pas empêché de revoir entièrement la traduction, qui en avait besoin, pour sa réédition au Bélial’. Puis ç’a été la rencontre avec Elizabeth Gille chez Denoël, qui m’a donné des tonnes de conseils utiles, ainsi que Dorémieux quand j’ai bossé pour lui sur les Territoires de l’inquiétude. Ce sont ces deux-là, et Jacques Chambon, qui m’ont permis de m’améliorer un brin. C’étaient tous trois de bons amis, et il ne se passe pas une journée sans qu’ils me manquent.

Actusf : Et qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ce métier ?
Pierre-Paul Durastanti : J’ai eu de la chance : je savais qu’un tel métier existait. Ma tante, Isabelle Durastanti, était -est toujours - traductrice professionnelle, surtout dans le domaine de la littérature générale un peu barrée (William Burroughs, Virginia Woolf…). Diverses histoires de famille font que je n’ai eu presque aucun contact avec elle depuis mes dix-sept ans, mais elle m’a en quelque sorte fourni le germe de l’idée que je pourrais faire ce boulot-là. C’était le moyen de pratiquer l’écriture sans mise en danger personnelle, d’éviter le carcan des horaires réguliers, et de joindre l’utile (des revenus) à l’agréable (ma passion pour l’Imaginaire). Bref, pas loin d’être le rêve !

Actusf : Qu’a représenté le Grand Prix de l’imaginaire en 2003 ? Une source de joie j’imagine ? Ou tu n’y as pas accordé grande importance...
Pierre-Paul Durastanti : Oh, que si ! C’était pour un livre sur lequel je m’étais investi, j’avais pris contact avec l’auteur et on avait sympathisé, Jacques Chambon avait resserré les boulons nécessaires pour que le résultat soit parfait, bref, tout s’était passé dans la bonne humeur même si j’avais bossé dur, et j’avais l’impression que le prix venait couronner non seulement ma pomme, mais aussi une ambiance rare, un moment de pure entente professionnelle. Je me rends bien compte que ça fait un peu discours de remerciements aux Oscars, travail d’équipe, blablabla, mais bon… je reste sur mes positions. Et tu connais des gens qui n’aiment pas voir leur travail reconnu ?

Actusf : Tu as signé également quelques rares nouvelles. Pourquoi ne pas avoir continué ? Pourquoi ne pas être devenu "auteur" à part entière ?
Pierre-Paul Durastanti : Par lâcheté et par paresse. Non, vraiment. En fait, il y a deux motifs principaux, l’un circonstanciel, l’autre structurel. Voyons cela dans l’ordre. D’une part, il y a eu une occasion manquée. La même, deux fois, en plus. Ne jamais se planter à moitié, telle est ma devise. En 1983-84, j’ai écrit un long texte, " Tango bleu ", pour une anthologie de Michel Jeury et Philippe Curval, Utopies 85, destinée à " Ailleurs & Demain ". Je l’ai corrigé et recorrigé, jusqu’à ce qu’il satisfasse les deux co-responsables, mais le recueil n’a pas convaincu Gérard Klein, qui l’a refusé. Richard Comballot a entendu parler de mon texte, sans doute par Michel Jeury, et l’a publié dans un numéro spécial SF de la revue Brèves en 1986. Là-dessus, Chambon, qui débarquait chez Denoël, m’envoie un petit mot, pour me dire qu’il a aimé la nouvelle en question et qu’il lirait volontiers un recueil de la même eau. Ça bougeait du côté des traductions, je n’étais pas sûr de pouvoir écrire les autres textes que Jacques espérait, et je me suis donc empressé… de me dégonfler. Si Utopies 85 avait paru (débuter en " Ailleurs & Demain " !) ou si j’avais pondu un recueil acceptable (débuter en " Présence du Futur " !), peut-être l’histoire eût-elle été, selon la formule de Jean Mazarin, détournée. D’autre part, traduire revient à écrire. Physiquement. Intellectuellement, c’est, il me semble, encore plus difficile, parce qu’il faut accorder non seulement deux langues différentes, mais deux cultures, deux cerveaux, deux visions du monde. Et les livres se font de plus en plus longs, nécessitent parfois de plus en plus de recherches, en SF, du moins, et tout cela ne laisse ni beaucoup de temps, ni surtout beaucoup d’énergie pour rédiger des textes personnels. Quand je m’arrête, je pars en riboule avec des potes, je lis, je mate des films ou des séries, j’écoute de la zaque, mais j’ai du mal à écrire un texte. Certains y arrivent bien, tel Michel Pagel, mais je lui tire mon chapeau.

Actusf : Comment as-tu rencontré Gilles et Olivier et comment est née l’idée de Bifrost ?
Pierre-Paul Durastanti : L’idée de Bifrost est née sans moi, et même sans Gilles : on ne faisait pas partie du décor (somptueux) autour d’Olivier, à l’époque. Pour plus de précisions, il suffit de se reporter à l’éditorial du numéro anniversaire, en ligne sur ce même site, d’ailleurs. (Merci les gars. Le chèque est dans l’enveloppe.) Fin 1998, je venais de m’installer pour quelque temps à Paris, histoire de changer d’air. Je m’étais présenté à Gilles chez Denoël, où il reprenait la direction de " Présence du Futur " et s’apprêtait à lancer " Lunes d’encre ". Je voulais voir à quoi mon ressemblait mon éventuel futur patron. (Je n’ai pas été déçu du voyage.) C’est lui qui m’a présenté Olivier lors d’un de ces raouts dont il a le secret : Gilles est un cuisinier de premier ordre, et sa cave n’est pas mal non plus.

Actusf : Comment travailles-tu avec eux ? Quel est ton rôle précisément ?
Pierre-Paul Durastanti : J’ai pour ambition d’être leur éminence grise. Plus sérieusement, je suis chargé de tout relire pour éliminer le maximum de fautes… heu, de frappe et d’inattention, de corriger au besoin les traductions, et, comme Gilles, de proposer des fictions anglo-saxonnes. J’apporte aussi des projets de rubrique (" Profession science-fiction ", par exemple) que j’alimente. Olive a la haute main sur tout le sommaire, c’est lui seul qui travaille avec les auteurs francophones, qui coordonne le cahier des critiques, qui maquette la revue, qui scanne les couvertures qu’on reproduit, qui bosse avec l’imprimeur, qui tient la comptabilité, qui se charge des mises sous enveloppe et des expéditions vers les abonnés et les collaborateurs, bref, il s’appuie 90% de l’aspect éditorial et 100% de l’aspect technique de la revue. Tout seul, avec au mieux un ou une stagiaire quelques semaines par an, et des coups de main de Gilles chaque fois que ce dernier peut se libérer (ils vivent tous deux en région parisienne, tandis que j’habite le Sud-Ouest). Bifrost, c’est Olivier, il la porte à bout de bras. Gilles et moi, on est là pour filer un coup de main (quitte à le chatouiller dans l’espoir qu’il se pète la gueule pendant qu’on rit comme des bossus).

Actusf : Tu t’occupes notamment et en partie des fictions étrangères. Comment travailles-tu avec les auteurs et/ou quels liens as-tu avec eux ? Les rencontres-tu ou les contactes-tu à chaque fois ?
Pierre-Paul Durastanti : Tout dépend, en fait, de la manière dont l’auteur est représenté. S’il a un agent français, et un agent français accessible et qui répond (ce qui n’est pas toujours le cas), et un agent français qui le représente pour ses nouvelles (certains ne se chargent que des romans), alors on passe simplement par cet agent français. Heureusement, Anne et Pierre Lenclud représentent la majorité des auteurs qui nous plaisent, et ils sont aussi professionnels que compréhensifs quant à la stature réelle de Bifrost et du Bélial’. Sinon, on passe par l’agent anglo-saxon. Dans certains cas, celui-ci ne se charge pas non plus des textes courts, et alors on contacte l’auteur. Ou bien on a une relation d’amitié avec des gens - Bruce Holland Rogers et Mike Resnick, par exemple - qui nous envoient des textes et on ne s’embarrasse pas de formalités (sans entrer dans l’illégalité : s’ils traitent avec nous, c’est que leurs agents, américain et français, leur en laissent la possibilité). C’est donc très variable.

Actusf : Y’a-t-il un auteur ou une nouvelle que tu étais particulièrement heureux de publier dans Bifrost ?
Pierre-Paul Durastanti : Jack Williamson : un rêve de gosse. George R.R. Martin : dénicher d’excellents textes dans les trois genres qu’il pratique (SF, horreur, fantasy). Richard Paul Russo : on envisageait déjà de publier La nef des fous et le gars s’est révélé gentil comme tout. Et bien qu’il ne s’agisse pas d’une nouvelle, le texte autobiographique de Robert Silverberg, que je trouve passionnant et que je me suis délecté à traduire. Des réactions bêtasses de fan de base, tout ça. Tant pis, j’assume.

Actusf : Tu t’es occupé plus spécifiquement des numéros hors série de Bifrost. Comment ça s’est passé sur Moorcock et Vance ? J’imagine que c’étaient des gros gros boulots... Et avec le recul, es-tu content du résultat ?
Pierre-Paul Durastanti : J’ai réalisé quatre dossiers, en fait ; Dick et Simak au sein de numéros normaux, et les deux que tu mentionnes. Oui, c’est un boulot énorme. De coordination, notamment. Cela a accru le respect que m’inspire Olive, qui se tape ça tous les trois mois. Comme je suis en outre, et ce n’est rien de le dire, plutôt cyclothymique, j’ai des périodes où j’ai du mal (litote, là encore) à travailler de façon efficace. Dans ces moments-là, j’essaie de privilégier le boulot payant, eh. Ceci explique pourquoi le prochain hors série, sur Silverberg, a pris un retard majipoorien… Est-ce que je suis content du résultat ? Je n’en suis pas mécontent, voilà. Ils existent, ils se sont bien vendus, continuent à se vendre un peu plus que la moyenne des anciens numéros, rapportent à chaque fois quelques abonnés supplémentaires qui découvrent ainsi la revue, et je suis tout jouasse de me dire que je les ai portés sur les fonds baptismaux. Pour juger de leur qualité, il faudrait quelqu’un de moins impliqué. (Comment que je me défausse !)

Actusf : Quels sont les numéros de Bifrost qui ont été déterminants ou marquants pour toi et quel regard jettes-tu sur la revue aujourd’hui, 10 ans après ses débuts ?
Pierre-Paul Durastanti : Dans mon cas, le numéro déterminant de la revue, c’est le numéro 2, le premier que je suis arrivé à me procurer dans mon trou campagnard. Je n’ai pas trouvé ça très fabuleux, ni très abouti, ni même très professionnel, mais le ton m’a plu, et la démarche. C’est ce qui fait que j’ai voulu participer à l’aventure par la suite, outre les sympathies personnelles que je voyais se dessiner avec l’un ou l’autre. Le numéro le plus marquant à ce jour, et pas seulement pour le motif aussi personnel qu’anecdotique que j’y figure au sommaire en tant qu’auteur, c’est ce numéro anniversaire, qui est autant un bilan qu’un tremplin. Quant au regard que je jette sur la revue, et pour rester dans les références œnologiques, je trouve qu’elle se bonifie en vieillissant. Elle n’a plus rien à envier à personne. Bifrost, c’est la revue de préférence. On peut l’aimer ou la détester, mais elle est faite avec sincérité.

Actusf : Comment la vois-tu évoluer dans l’avenir ?
Pierre-Paul Durastanti : J’estime qu’Olivier a trouvé le bon équilibre entre esprit fanique et réalisation professionnelle - du moins dans la mesure de nos petits moyens. Je vois mal Bifrost changer du tout au tout. On a divers projets de rubriques régulières, peut-être un peu plus pointues que jusqu’ici, mais je préfère garder le secret et faire la surprise aux lecteurs et à nos confrères. Et j’ai eu beau me démener, je n’ai pas encore réussi à le convaincre de conserver la pagination de ce numéro-ci (384 pages, le double d’un Bifrost habituel) pour les suivants. Il me répond des conneries : il a besoin de dormir de temps en temps, paraît-il. Quel petit joueur…

Actusf : Allez au petit jeu des "on se dit tout et on balance" : participes-tu aux razzies et as-tu un pseudo sur Bifrost ? Gilles et Olivier ont-ils des petites manies ?
Pierre-Paul Durastanti : Non, je n’y participe pas. Les Razzies, ces temps-ci, c’est Gilles, Olive et Pat(rick Imbert). Je n’ai pas non plus de pseudo sur Bifrost, ni personnel, ni collectif. Quant à ta question sur les deux zouaves, tu penses à des manies autres que sexuelles, dont je ne suis pas censé parler sous peine de tortures raffinées ? Dans ce cas, non, je ne vois pas. Ou on a les mêmes manies, et je manque de recul pour te répondre. Si : on est tous trois aussi bien des rêveurs que des bavards (et des soiffards) incorrigibles.

Actusf : Parle nous de l’ambiance ? Comment ça se passe au sein de Bifrost ?
Pierre-Paul Durastanti : Je m’en voudrais de brosser un tableau idyllique qui pourrait passer pour de l’hagiographie, mais je dois reconnaître que ça se passe très bien. On n’a jamais assez de temps pour tout faire aux petits oignons comme on le voudrait, Olivier doit toujours surveiller les comptes, et on ne prend de risques que calculés, mais tout se déroule dans la confiance et le respect mutuels. On a des personnalités affirmées (voire très affirmées, suivez mon regard) et des défauts, bien sûr, mais je crois pouvoir dire qu’on s’aime beaucoup les uns les autres. Bifrost, et j’inclus là ses collaborateurs réguliers, c’est un groupe de copains ; ça a ses désavantages, un certain esprit de bande ou de clocher, entre autres, mais je trouve pour ma part que les atouts que cela nous donne les compensent largement.

Actusf : Y’a t-il une anecdote ou un souvenir (ou plusieurs) qui te reste de ces 10 ans ?
Pierre-Paul Durastanti : Le premier Salon du Livre que j’ai fait avec Olivier et Gilles, dans l’improvisation la plus totale, et les longues discussions avinées après les journées éreintantes. Des tas de rencontres liées plus ou moins à Bifrost, puisque mon activité au sein du Bélial’, en me ramenant vers les manifestations que j’avais eu tendance à négliger pendant quelques années, m’a permis de connaître des moments inénarrables avec des fous dangereux comme David Calvo et Laurent Queyssi, ou des types d’aspect plus inoffensif (l’eau qui dort, tout ça) tels Ugo Bellagamba, Sébastien Guillot et Frédéric Jaccaud. Des histoires d’amitié, de passions partagées, de repas et de balades en commun. La vie, quoi.

Actusf : Quels sont tes projets ? Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Pierre-Paul Durastanti : En ce moment, je bosse sur une interview pour ActuSF. Ensuite, je vais me replonger dans Gene Wolfe et Robert Silverberg. Au-delà, j’ai des envies d’écriture à nouveau, des livres à superviser et/ou à traduire pour le Bélial’, d’autres traductions en discussion… Une sorte de routine qui me laisse en joie chaque fois que je prends le temps d’y réfléchir. Heureusement, j’aime mon spleen, et je déteste réfléchir…

Jérôme Vincent