Interview de Richard Comballot
de Richard Comballot
aux éditions ActuSF
Genre : Anticipation

Auteurs : Richard Comballot
Date de parution : juillet 2008 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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ActuSF : Comment avez-vous eu l’idée de réunir une anthologie autour de Philip K. Dick ?
Richard Comballot : Dick est l’un de ces auteurs avec lesquels j’ai grandi, ou plutôt avec lesquels je me suis construit, au tout début des années quatre-vingts. Ce sont ses livres qui, au côté de ceux de Michael Moorcock, Philippe Curval ou Serge Brussolo, ont transformé le lycéen que j’étais en lecteur de SF pour adultes, après des années consacrées à la lecture acharnée de Jules Verne, de plusieurs auteurs du Fleuve Noir « Anticipation » et « Angoisse » — en tête desquels B.R. Bruss —, et de nombreux auteurs classiques tels que Conan Doyle, Edgar Poe ou Agatha Christie. Je me souviens bien des premiers romans de lui que j’ai lus : Ubik, Le Dieu venu du Centaure, Le Bal des schizos, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Le Guérisseur de cathédrales, puis La Transmigration de Timothy Archer, paru juste après sa mort. Une grosse claque à chaque fois, avec le sentiment d’absorber la pensée d’un grand philosophe et de rencontrer virtuellement un homme dont je me sentais proche. Je me souviens aussi d’une nouvelle, « Le Souvenir qui venait du froid » — retraduite quelques années plus tard sous le titre de « Le Voyage gelé » — dans l’éphémère revue SF & Quotidien et qui m’avait fait forte impression. Oui, de grands moments... Les années suivantes, jeune critique à Fiction et à L’Écran Fantastique, j’ai eu l’occasion de rendre compte de plusieurs de ses livres, puis, vers 1990, l’envie m’est venue de rassembler un collectif sur lui puisqu’il n’existait guère dans cet esprit que l’excellent numéro spécial de Science-Fiction dirigé par Daniel Riche. Il a un temps été question d’en faire une livraison spéciale de Phénix mais je n’ai finalement pas remis le travail et comme la SF était en pleine crise et que je ne voyais pas de collection susceptible de l’accueillir, je l’ai rangé dans un tiroir... Dix ans plus tard, vers 2002, revenant aux affaires alors que le genre connaissait une nouvelle embellie, je me suis souvenu de ce projet et j’ai rouvert le tiroir. Je me suis vite aperçu que si je poussais ma démarche initiale jusqu’à son terme, j’obtiendrais un ouvrage énorme et du même coup impubliable. Et comme je venais de trouver des éditeurs pour d’autres anthologies-hommages, notamment à Charles Bukowski, je me suis dit que le plus simple serait de faire deux livres : une monographie pour les essais ainsi que pour les nouvelles étrangères, d’une part ; une anthologie pour les nouvelles françaises, d’autre part. Je pensais que trouver un éditeur pour ce dernier ouvrage ne serait probablement pas difficile... Les choses furent en réalité un peu plus compliquées que prévu mais je suppose que nous aurons l’occasion d’y revenir...

ActuSF : Les auteurs ont-ils été faciles à convaincre ? Comment les avez-vous choisis ?
Richard Comballot : Lorsque j’ai décidé de me recentrer pour ce livre-ci sur les nouvelles françaises, j’ai procédé comme d’habitude, c’est à dire en examinant ce qui existait déjà et en dressant la liste des auteurs à contacter. Concernant les textes déjà écrits et publiés, il n’existait que la splendide parodie de Bruno Lecigne jadis publiée dans Fiction ainsi qu’une belle nouvelle d’Alain Dartevelle figurant dans un Territoires de l’inquiétude mais initialement écrite pour mon premier projet. Après m’être assuré auprès des intéressés de la disponibilité de leur texte, je savais disposer de quinze ou vingt pour cent de l’ouvrage ; je ne partais pas sans rien. Concernant les auteurs à contacter, j’ai établi la liste de tous ceux qui me semblaient avoir de près ou de loin travaillé sur des problématiques que je qualifierai de « dickiennes » et je les ai appelés. Certains, comme Emmanuel Carrère, Maurice G. Dantec, Michel Jeury, Dominique Douay, Gérard Klein, Serge Lehman ou Emmanuel Jouanne, ont tout de suite déclaré forfait, soit parce qu’ils n’écrivaient plus de nouvelles soit parce qu’ils ne voyaient pas ce qu’ils pourraient écrire. Les autres ont dit « Banco ! », enthousiasmés par le projet, particulièrement Jacques Barbéri, qui disposait de plusieurs idées de nouvelles, Laurent Queyssi, déjà auteur d’une ébauche de texte allant dans ce sens, et Ugo Bellagamba qui m’envoya très vite un synopsis alléchant. Par la suite, j’ai certes enregistré quelques défections d’auteurs débordés ou ne parvenant pas à faire ce qu’ils voulaient — Roland C. Wagner, dont le titre de travail était « Les trois astigmates de Palmer Eldritch » ! Ça promettait... Jean-Marc Ligny, Christian Vilà, un ou deux autres — mais je suis néanmoins parvenu à boucler le livre. Ce n’est qu’ensuite que les ennuis ont commencé...

ActuSF : Dick est-il encore aujourd’hui un auteur culte ? Que représente-t-il ?
Richard Comballot : Un auteur culte ? Une icône ? En France ? Incontestablement... On ne compte plus les rééditions de ses romans et recueils, y compris de ses romans mainstream, chez des éditeurs haut de gamme. Ses biographies sont disponibles en poche. La monographie d’Hélène Collon est ressortie. Il a eu droit, l’an dernier, à un dossier dans la belle revue Transfuge. Son nom est régulièrement cité dans toutes les revues culturelles et / ou branchées du pays. Pas un article ou un reportage sur la littérature américaine sans que son nom ne soit cité. Je ne sais pas combien de temps cela durera, je suppose qu’il y aura bien un moment où on enregistrera un mouvement de reflux, mais, pour l’instant, Dick est au top et c’est tant mieux ! Quant à sa notoriété dans les pays anglo-saxons, allez faire un tour sur Amazon, par exemple, vous serez tout de suite fixé. Ses enfants et petits enfants peuvent dormir sur leurs deux oreilles quelques années encore...

ActuSF : En lisant les nouvelles de l’anthologie, on sent beaucoup d’admiration de la part des auteurs et en même temps une certaine tendresse. Ils le mettent en scène, essaient de creuser un peu dans sa vie et son œuvre et le tournent assez rarement en dérision et toujours avec beaucoup de respect même lorsqu’il s’agit d’aborder des périodes compliquées de sa vie. C’est votre sentiment ?
Richard Comballot : Ce qu’il y a de particulier, d’unique, chez Dick, c’est que ses admirateurs connaissent aussi bien les grandes lignes de son existence que celles de son œuvre. Et comme il a toujours mené une vie marginale, flirté avec la précarité, au milieu de ses femmes, de ses chats, dégageant une grande humanité, et que de surcroît il a écrit quelques véritables chefs-d’œuvre qui nous sont parvenus à nous Français, pour l’essentiel, au cœur des seventies — décennie mythique s’il en est —, tout était réuni pour faire de lui un auteur culte, littérairement parlant, mais aussi et surtout une personnalité aimée pour elle-même. Alors que si vous prenez des types eux aussi mondialement connus, comme Isaac Asimov ou Ray Bradbury, le culte se limite aux textes, tout le monde se fiche de savoir comment ils ont vécu. Bref, Dick bénéficie d’un énorme capital sympathie, d’un immense respect, et de beaucoup de tendresse de la part de ses confrères français et il est clair que ceux qui étaient prêts à s’embarquer dans un hommage n’allaient pas le faire pour l’égratigner mais plutôt pour lui dire leur reconnaissance.

ActuSF : Avez-vous le sentiment que Dick ait eu une influence sur la SF française et en ait encore une aujourd’hui ?
Richard Comballot : Dick a exercé une influence forte sur la SF française dans les années soixante-dix — un moment de notre histoire récente où la jeunesse pensait être en route vers autre chose et qui constitue, vu d’aujourd’hui, une sorte d’apogée en terme de dépassement des formes classiques. Cette influence était particulièrement évidente dans le cas de Michel Jeury, qui ne l’a jamais caché, et on pourra si on en doute se reporter à des romans tels que Le Temps incertain ou Les Singes du temps. Et à bon nombre de ses nouvelles rassemblées dans son best-of, La Vallée du temps profond. Elle est tout aussi évidente pour un Dominique Douay et un ouvrage tel que La Vie comme une course de char à voile. Plus largement, tous les jeunes auteurs apparus à cette époque, de Barbéri à Houssin, de Vilà à Hubert, ont été marqués par Ubik et Le Dieu venu du Centaure — pour en rester aux textes ayant produit le plus d’effets secondaires sur leurs lecteurs —, et même si cette influence ne se perçoit pas toujours dans leurs écrits de l’époque, on peut affirmer qu’il y a eu un avant et un après Dick. Et, au-delà, un avant et un après la nouvelle vague que Dick constituait avec Spinrad, Ballard, Delany, Priest, Ellison et les autres. Pendant longtemps, l’emprise de Dick restera forte et Serge Brussolo demeurera un des rares à ne pas se recommander de l’auteur californien et de la SF intellectuelle... Là, en 2008, je ne sais pas... Dick est un auteur culte, on l’a dit, mais en tant que tel il n’est plus « saillant ». Ses idées sur le réel ont été digérées, sont partiellement passées dans les films tirés de ses histoires — et d’autres comme Matrix, eXistenZ, L’Effet papillon ou Eternal sunshine of the spotless mind — et s’il exerce toujours une influence sur la SF française, c’est une influence discrète parmi des dizaines d’autres, au même titre que Kafka ou que d’autres fantastiqueurs. La vérité, même si elle ne fait pas plaisir à entendre, c’est que la SF n’est plus une avant-garde, une littérature de pointe, elle est redevenue une littérature d’évasion tournée vers l’aventure, le space opera, la fantasy, et je ne vois pas qui, en France, pourrait être l’héritier de Dick. À part Dantec, bien sûr, mais il a près de cinquante ans. À part Barbéri, dont on vient de ressortir, dans un autre genre, le premier volet de la trilogie « narcotique », mais il frise quant à lui les cinquante-cinq. Les plus jeunes, eux, vous disent tous qu’ils se sont régalés à lire Ubik ou Substance mort mais ils écrivent pour la plupart des histoires d’elfes, de SF néo-classique ou des récits se déroulant dans le passé, quand bien même ce passé est-il parallèle... parce que c’est ce que les éditeurs leur demandent et aussi parce qu’ils aiment ça et c’est bien leur droit, après tout. Je ne critique pas, je constate simplement : une page est tournée, les paramètres ont changé, c’est ainsi. De toute façon, il n’y a pas que la SF qui se trouve dans cette impasse, non ? Regardez le polar, le thriller, le fantastique : les éditeurs nous proposent des quantités industrielles de bons faiseurs et parfois de belles plumes issus de tous les coins du monde ; il y a chez eux du métier, de l’imagination et, souvent, du talent, derrière le marketing. Mais on ressent avec eux un sentiment de déjà-lu, un manque d’originalité et trop de conformisme... Et peu de fous littéraires à l’horizon !

ActuSF : Pourquoi avoir choisi de faire cette anthologie chez Rivière Blanche, un éditeur qui fait du très bon travail mais qui a des tirages modestes ?
Richard Comballot : Comme je l’ai écrit dans la préface, le projet a fait le tour des éditeurs spécialisés qui, sauf exception, m’ont dit que ce n’était pas jouable. Les arguments étaient de deux ordres. Pour certains, un tel projet n’était pas légitime : soit parce qu’ils considéraient que Dick était dépassé, soit parce qu’il s’agit d’un auteur qu’ils n’avaient jamais publié et ils pensaient de ce fait que l’anthologie arriverait chez eux comme un cheveu sur la soupe — il y avait bien Denoël avec lequel ce problème ne se posait pas mais Gilles Dumay m’a fait remarquer que ses dernières tentatives dickiennes avec la tétralogie divine et l’intégrale des nouvelles n’avaient pas été couronnées de succès ; son analyse oubliait juste de tenir compte du fait que ces textes avaient déjà été réédités plusieurs fois sur une courte période et qu’un tassement des ventes était somme toute logique... Pour d’autres, le problème n’était pas littéraire mais purement économique : il ne s’en vendrait pas suffisamment selon eux pour équilibrer les comptes, surtout si le livre sortait directement au format poche. Je suis donc parallèlement allé voir quelques éditeurs de mainstream chez qui la sortie aurait été cohérente mais ils se sont finalement montrés frileux sur un projet qu’ils avaient du mal à visualiser et sur un auteur qui n’était pas, là non plus, à leur catalogue : « Notre lectorat, qui n’achète pas de SF, achètera-t-il ce livre ? » Telle était la question. Évidemment, on me l’a dit, si j’avais eu à bord des auteurs médiatiques comme Michel Houellebecq, Maurice G. Dantec, Emmanuel Carrère, Jean-Bernard Pouy, Martin Winckler, Philippe Djian ou Marie Darrieussecq, ça aurait aidé. Mais les auteurs de SF... Les pourparlers s’arrêtaient donc généralement très vite, avant lecture des textes. La seule fois où les choses sont allées un peu plus loin, où il y a réellement eu discussion, c’est avec André-François Ruaud, responsable littéraire des Moutons Électriques. Le projet le séduisait, il était prêt à éditer l’anthologie en même temps que Les Romans de Philip K. Dick, l’essai de Kim Stanley Robinson, mais il bloquait sur les textes des auteurs de la génération « Limite » et me demandait de supprimer les nouvelles de Jacques Barbéri, Jean-Pierre Vernay et Bruno Lecigne... ce qui était à mes yeux impensable. Non seulement parce que je n’approuvais pas le principe de devoir écarter des textes que j’avais préalablement retenus mais surtout parce que, déjantés, je trouvais qu’ils faisaient partie des plus éminemment dickiens de l’ensemble. Or la perspective de publier une anthologie composée uniquement de textes intimistes, le plus souvent uchroniques, et dénuée de paranoïa, ce n’était pas mon truc. Du coup, je suis, sur les conseils de Xavier Mauméjean, allé frapper à la porte de Jean-Marc Lofficier, le boss de Rivière Blanche, qui m’a dit d’emblée être séduit et ne pas comprendre les grosses maisons qui n’avaient pas voulu nous faire confiance. Je le remercie sincèrement ainsi que Philippe Ward, son directeur de collection, qui m’a laissé travailler en paix jusqu’au bout. Ils ont fait du bon boulot, notamment sur la couverture, je suis très content de l’objet et tant pis pour la modestie du tirage.

ActuSF : Vous avez dirigé de nombreuses anthologies, est-ce que le contexte est favorable aux anthologies aujourd’hui ? Et plus globalement aux textes courts, nouvelles et novellas ?
Richard Comballot : Le contexte n’est pas très propice, non. Nous assistons depuis plusieurs années à une multiplication des collections, à une explosion du nombre de titres publiés, surtout dans le domaine de la fantasy, et les éditeurs se livrent une guerre sans merci, avec pour conséquence un tassement du nombre d’exemplaires vendus par titre. À partir de là, comme toujours en temps de crise, une frilosité certaine s’installant, les éditeurs ont réduit la voilure dans les domaines les plus fragiles, le premier de ces domaines étant précisément celui des anthologies. S’il y en a eu beaucoup de publiées au début des années deux mille, il n’y en a plus qu’une ou deux chaque année. Depuis mon Elric et la porte des mondes (Fleuve Noir), je n’ai guère aperçu que les deux anthologies des éditions Glyphe, une petite maison qui démarre et voit là une opportunité d’approcher des auteurs. Chez les « gros », rien récemment, mais deux sont en cours et a priori entre de bonnes mains puisque Lehman prépare un nouvel Escales pour Denoël et Sébastien Guillot une anthologie de fantasy pour Calmann-Lévy... En ce qui concerne les recueils de nouvelles, les choses semblent aller un peu mieux dans la mesure où il n’y en a qu’un ou deux de bons proposés chaque année aux éditeurs, ils finissent souvent par trouver une structure éditoriale adaptée.

ActuSF : Votre actualité est plutôt chargée. Vous venez de publier ou vous apprêtez à publier cette année des recueils de Michel Jeury, Fabrice Colin, Jacques Barbéri, Daniel Walther, Jean-Pierre Andrevon, Alain Dorémieux et Catherine Dufour. Comment procédez-vous ? Ce sont des demandes d’éditeurs ou est-ce vous qui avez proposé ces projets concernant des auteurs que vous aimez ?
Richard Comballot : Il ne s’agit pas de commandes mais tout au contraire d’envies personnelles fortes, ce qui signifie qu’il faut à chaque fois partir à la recherche de l’éditeur chez qui le recueil pourra trouver sa place en fonction du genre auquel il appartient et de sa tonalité. En ce qui concerne les derniers volumes que j’ai réunis, Michel Jeury et Fabrice Colin sont des auteurs qu’André-François Ruaud des Moutons Électriques avait envie de publier depuis un bon moment, même chose pour Jacques Barbéri que La Volte souhaitait ajouter à son catalogue. Les choses se sont donc passées assez simplement et plutôt rapidement. En ce qui concerne Catherine Dufour au Bélial, c’est un peu différent puisque c’est moi qui ai fait découvrir l’auteur à Olivier Girard, mais ensuite tout s’est passé comme d’habitude. Enfin, pour Walther, Andrevon et Dorémieux, il ne s’agit pas de recueils mais de monographies, de sommes sur des auteurs — articles, nouvelles, interview, bibliographie —, de choses considérées comme pointues, et il me fallait trouver une petite structure adaptée. J’en ai discuté avec Jean-Pierre Fontana, le rédacteur en chef de Lunatique, et je l’ai convaincu d’ajouter des numéros spéciaux aux quatre numéros annuels. J’ai démarré avec un numéro-hommage à Michel Demuth qui venait de disparaître, poursuivi avec Daniel Walther, que j’admire beaucoup, continué avec Jean-Pierre Andrevon, lequel vient de fêter ses quarante années de professionnalisme, et je termine en ce moment un numéro sur Alain Dorémieux, à l’occasion des dix ans de sa disparition. D’autres suivront peut-être...

ActuSF : Parlons de vos deux prochaines sorties, à la rentrée, relatives à Alain Dorémieux et Catherine Dufour. Comment avez-vous choisi les textes qui composent ces deux recueils ? Proposent-ils des thématiques particulières ?
Richard Comballot : Non, pas de thématiques particulières. Pour le recueil de Catherine, j’ai sélectionné le meilleur de sa production, laquelle partait dans des directions diverses et variées, et trouvé un ordonnancement pour donner une cohérence à l’ensemble. En ce qui concerne Dorémieux, j’ai, sauf exception, retenu des nouvelles rares qui n’avaient jamais été réunies en recueils.

ActuSF : Parlez-nous de ces deux auteurs. Que pourriez-vous dire d’eux ? Comment les voyez-vous et quelles sont leurs caractéristiques ?
Richard Comballot : Catherine a beaucoup de talent et m’a tout de suite fait très forte impression. Le courant étant bien passé entre nous, je lui ai fait écrire cinq ou six nouvelles, lui en fait paraître une ou deux de plus et je suis très heureux d’être parvenu à mettre sur pied ce recueil car ce n’était pas gagné d’avance. Elle est capable d’écrire dans tous les genres, possède une voix bien à elle et un sens de l’humour à nul autre pareil. J’espère qu’on continuera à lui commander des nouvelles car c’est sur cette distance qu’elle a, à mon avis, donné le meilleur d’elle-même jusqu’ici. En ce qui concerne Dorémieux, je ne l’ai jamais rencontré, juste eu au téléphone quelques fois. Il s’agissait d’une personnalité fascinante, centrale en ce qui concerne l’histoire de la SF et du fantastique en France, qui a permis à bon nombre de talents de s’épanouir, notamment lorsqu’il était à la tête de Fiction, et qui a aussi fait œuvre. Il était grand temps de lui consacrer un dossier...

ActuSF : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Et quels sont vos projets ?
Richard Comballot : Actuellement, je termine ce numéro spécial de Lunatique qui devrait paraître en fin d’année ou en début d’année prochaine, je travaille sur un dossier « Rock & Roll » pour un prochain numéro de Bifrost, j’essaie d’avancer une anthologie-hommage à Edgar Poe qui devrait sortir l’an prochain chez Malpertuis et puis je fais des relectures pour plusieurs recueils à venir en 2009 ou 2010. Je dois en outre retranscrire plusieurs entretiens avec des auteurs de SF, entretiens qui n’existent pour l’instant que sur cassettes, ce pour alimenter de futurs numéros de Bifrost. Je ne devrais donc pas m’ennuyer dans les mois qui viennent...
 

Jérôme Vincent