Interview de Steven Brust
de Steven Brust
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Steven Brust
Date de parution : octobre 2007 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Alors que sort ces jours-ci Les Gardes Phénix, nous avons posé quelques questions à Steven Brust, un auteur de fantasy plutôt discret avec un univers et des personnages hauts en couleurs. Les Gardes Phénix n’est autre que l’adaptation des Trois Mousquetaires en fantasy.

Actusf : Comment est née l’idée de la série Vlad Taltos ? Saviez-vous dès le départ qu’il y aurait de nombreux tomes ?
Steven Brust : L’idée vient d’un jeu de rôle mené par un de mes amis, Robert Sloan, qui a aussi créé une bonne partie de l’univers de Vlad Taltos. En fait, je n’avais pas idée qu’il y aurait autant de romans dans la série. J’ai écrit le second tome, Yendi, juste pour me faire plaisir parce que le roman que je venais juste de finir, To Reign In Hell, avait été particulièrement fastidieux. Ce n’est que lorsque j’ai eu subitement l’idée du troisième, Teckla, que j’ai réalisé (ou que j’ai admis) que j’écrivais une série.

Actusf :
Comment présenteriez-vous votre personnage Vlad ? C’est un assassin, un mafieux, mais en même temps quelqu’un de très attachant mais avec beaucoup d’humour et de recul sur lui-même...
Steven Brust : Je ne veux pas paraître difficile, mais je suis vraiment mauvais à ce genre d’exercice. Je suis toujours très heureux de le présenter dans chaque roman - trouver de nouvelles manières de montrer qui il est est une partie de ce qui m’amuse - mais j’imagine que la contrepartie de cela est mon incapacité à vraiment parler de lui en dehors de mes écrits, si cela a du sens. Je peux parler de mes influences, ou de mes recherches sur lui, mais je ne peux pas vraiment le présenter.

Actusf : Quelles sont vos influences sur ce cycle ? Y a-t-il des auteurs qui vous ont marqué et dont vous avez repris quelques idées ?
Steven Brust : Je pense que le style vient de Raymond Chandler ou Dashiel Hammet, le "trope" de Michael Moorcock, le monde de Fritz Leiber et l’esthétisme général de Roger Zelazny.

Actusf : Vous écrivez majoritairement de la fantasy. Pour quelles raisons ? Qu’est-ce qui vous plait dans ce genre ?
Steven Brust : On me l’a beaucoup demandé, j’aurais aimé avoir une bonne réponse. Ce que je peux dire qui s’en approcherait le plus, c’est que quand je lis une histoire d’aventure et une histoire de fantasy en particulier, c’est là que je me surprends le plus souvent en train de me dire "O, cool !". C’est le sentiment que je recherche pour mes lecteurs. Deuxièmement, je pourrais dire que le moindre roman de Vlad Taltos tient autant de la science fiction que de la fantasy. C’est juste plus drôle pour moi de garder ces éléments dans l’univers et d’écrire à propos de personnages qui n’ont pas conscience des bases de ce qui se passe autour d’eux.

Actusf : Comment la série va-t-elle se poursuivre ? Avez-vous une idée de la fin du cycle ?
Steven Brust : J’ai une idée en tête pour la fin. Mais je ne sais pas si j’irai aussi loin. Je pourrais mourir avant ou être vraiment fatigué d’écrire. J’espère que vous me pardonnerez si je ne vous donne pas plus de détails sur la fin à laquelle je pense.

Actusf : A priori il s’agit d’un roman de fantasy mais aussi de capes et d’épées dans l’esprit des Trois Mousquetaires. Qu’avez-vous aimé dans les romans d’Alexandre Dumas ?
Steven Brust : Pour cette question c’est simple. Je suis tombé amoureux d’Alexandre Dumas depuis la première fois que je l’ai lu quand j’étais adolescent. Seulement, malheureusement, je ne parle pas la belle langue française, donc je dois me contenter de traduction. Mais le bon côté c’est que cela m’a mené à lire différentes traductions. Le résultat c’est qu’en les comparant, et en décidant laquelle je préférais et pourquoi, cela m’a conduit à comprendre la façon dont il utilisait les mots. Et je suis complètement amoureux de la manière dont il utilise la langue. Et j’ai simplement décidé d’écrire des histoires de la même façon, même si j’avais été le seul anglais qui aimait ça. J’ai eu beaucoup de chance que ce ne soit pas le cas.

Actusf : Pourquoi avoir voulu suivre ses pas dans un monde de fantasy ?
Steven Brust : C’est venu par accident. Dans le monde dans lequel la plupart de mes histoires sont, il y a ce qui s’appelle des "Grandes Maisons", dans lesquelles les gens ont les mêmes caractéristiques. Je me souviens avoir été assis un jour avec mes amis Will Shetterly et Emma Bull, en train d’essayer d’expliquer comment les gens de la maison "Lyorn" étaient. Je leur ai dit : "Pensez qu’Athos dans Les Trois Mousquetaires est un Lyorn. Et Porthos est un Dzus. Et Aramis un Yendi". Depuis l’idée ne m’a plus quitté jusqu’à ce que je l’écrive.

Actusf : Comment présenteriez vous vos héros ? Qui sont-ils ?
Steven Brust : Vous voulez dire dans Khaavren Romances ? Et bien ce sont simplement les héros de Dumas dans un monde de fantasy.

Actusf : Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Steven Brust : Je fais actuellement des recherches pour un projet difficile qui va sans doute me prendre pas mal de temps. Dans le même temps, je viens de finir un nouveau roman de Vlad et je travaille sur un prochain.

Jean Rébillat, Jérôme Vincent, Stéphanie Morello-Fenouillet