Interview de Thomas Day
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de Thomas Day
aux éditions ActuSF
Genre : SF

Auteurs : Thomas Day
Date de parution : janvier 2001 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga
Parution en vo : juin 2001

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Le poil à gratter de la SF française

Nous : On ne sait que peu de choses sur vous. Quel est votre parcours littéraire ?
Thomas Day : J’ai commencé à écrire assez jeune sur la machine de ma mère jusqu’à ce que ladite machine rende l’âme et que je passe aux logiciels de traitement de texte. Avant de publier sous le nom de Thomas Day, j’ai publié beaucoup de nouvelles sous mon vrai nom, et sous d’autres pseudos que je préfère taire (dans des quotidiens, des revues, des fanzines). J’écrivais principalement de la littérature générale avant de passer à l’imaginaire vers l’âge de 20 ans.

Nous : Pourquoi avoir choisi d’écrire spécifiquement dans le cadre des littératures de l’imaginaire (Fantastique et Fantasy) ?
Thomas Day : J’ai écrit un polar qui sort chez Baleine. Et je bosse actuellement sur des projets de littérature générale. Je n’ai rien d’un écrivain spécifique.

Nous : Y’a t-il des auteurs ou des livres qui vous ont marqué ou qui vous ont influencé ?
Thomas Day : William S. Burroughs, Cormac McCarthy. Quasiment pas d’auteurs de SF (et surtout pas Dick !), c’est un genre qui ne m’intéresse plus du tout en tant que lecteur. Je reste un gros fan de fantasy, bien que les traductions françaises soient dans l’ensemble repoussantes.

Nous : Qu’aimez vous lire aujourd’hui comme histoire ?
Thomas Day : Aucune idée. J’achète énormément de livres, mais surtout des essais et des livres de philo. En roman, j’ai tendance à découvrir, plutôt qu’à suivre des auteurs. Là j’ai "découvert" Christopher Moore et j’aime beaucoup beaucoup.

Nous : Comment présenteriez-vous votre livre à quelqu’un qui ne l’aurait pas encore lu ?
Thomas Day :
Ça va aller vite, le sang va gicler et nul n’en sortira indemne. Accessoirement c’est de la fantasy, mais le décor n’a aucune importance, je ne suis pas un écrivain de fantasy (je ne respecte aucunement les codes du genre).

Nous : Vos deux derniers textes dans Bifrost sont assez durs, voire même choquant pour certains (je pense bien sûr à Dirty Boulevard). Quels rôles ont ces situations ou ces personnages extrêmes ? Est-ce simplement une source d’inspiration pour vous, ou cela vous permet-il tout simplement de rendre vos personnages plus poignant ?
Thomas Day : Dirty Boulevard, Extermination Highway et Punishment Park sont trois textes qui forment un tout, c’est un tableau amer de ce que la pression sociétale a tendance à produire comme hommes : des lâches, des machistes et des racistes. Dans ces textes, je montre qu’on peut lutter contre cette pression sociétale ou sombrer. Évidemment il est plus facile de sombrer. Je ne suis pas loin de penser qu’il s’agit des seuls textes intéressants que j’ai jamais écrit avec La notion de génocide nécessaire, qui était aussi dans Bifrost et a été repris dans mon recueil Sympathies for the devil.

Nous : Doit-on s’attendre avec Rêves de guerre a un texte aussi dur que ces nouvelles ?
Thomas Day : Non.

Nous : A quelles réactions vous attendez-vous de la part du public ? Qu’ils en gardent le souvenir d’un livre poignant, plaisant, profond ?
Thomas Day : J’espère qu’ils ne vont pas lancer le livre à travers leur chambre en pensant qu’ils ont payé 140 balles une telle merde. J’ai mis dans "Rêves de Guerre" tout ce que je pouvais y mettre au moment où je l’écris, ça me permet de dormir sur mes deux oreilles.

Nous : Mnémos publie donc votre premier roman. Considérez-vous cela comme une étape dans votre carrière ? L’angoisse de l’attente n’est pas trop forte ?
Thomas Day : J’avoue ne pas comprendre la question. J’écris des livres, après je me bats avec des éditeurs pour que ça reste mes livres et que les couvertures soient pas trop moches. C’est tout. Je n’arrêterai jamais d’écrire, donc.

Nous : Cela fait déjà quelques années que vous avez publié votre première nouvelle. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour ce roman ?
Thomas Day : Je l’ai écrit il y a quinze ans, réécrit X fois, il a failli sortir cinq ou six fois auparavant chez divers éditeurs. Ce roman est à mes yeux une sorte de livre maudit. Je n’ai rien ressenti quand j’ai vu le livre pour la première fois chez Mnémos, même pas du soulagement, quelle poisse !, je crois que mon plaisir ne se trouve pas là, mais quand je suis devant mon clavier et que j’écris. Sincèrement le meilleur moment relatif à Rêves de Guerre (époque Mnémos) c’est quand j’ai mis le chèque de l’avance dans le trou perpétuel qui me sert de compte bancaire. Ça a calmé mon banquier et il ne m’a pas appelé pendant au moins un mois. À la vérité je me sens incapable de parler de Rêves de guerre, je suis déjà passé à autre chose.

Nous : Quels sont vos projets ?
Thomas Day : J’en ai une méga-chiée. Un recueil de nouvelles fantastiques qui s’appelle Stairways to hell chez Bifrost/Etoiles Vives (mars 2002), un Space Opera chez Bifrost/Etoiles Vives qui s’appelle Les Cinq Derniers Contrats de Daemone Eraser (septembre 2001). Un roman en collaboration avec Michael Rheyss qui s’appelle L’école des Assassins (début 2002). Tout ça c’est fini, dans la boîte. Ainsi qu’une nouvelle qui s’appelle American Drug Trip, une nouvelle pas piquée des hannetons qui me plaît bien.

Sinon, j’ai signé chez Gallimard pour un roman qui s’appelle La Voie du sabre et je dois signer bientôt chez Mnémos pour un Sherlock Holmes avec des extraterrestres, une course-poursuite dans les Andes. Etc. Je travaille aussi sur un roman de littérature générale qui s’appelle La Maison aux fenêtres de papier, un autre qui s’appelle Dragon et sur un énorme polar sur fond de cannibalisme qui s’appelle Le Sentier du loup. Tous ces trucs sont en chantier depuis des années comme la suite de Rêves de guerre : N’Ki, reine cruelle. J’écris, je baise et je voyage, je ne sais rien faire d’autres. Et c’est déjà pas mal.

Jérôme Vincent