Interview de Thomas Geha
de Thomas Geha
aux éditions ActuSF
Genre : SF
Sous-genres :
  • SF

Auteurs : Thomas Geha
Date de parution : mars 2008 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Thomas Geha

Thomas Geha a accepté de prolonger avec nous la discussion sur son dernier roman Alone contre Alone. Il s’explique sur ses choix et nous livre ses projets à court et long terme.

ActuSF : A propos de A comme Alone et Alone contre Alone, ce qui frappe d’abord est la langue du texte. Peux-tu expliquer ce choix ? Est-ce difficile de s’y tenir ? N’est-ce pas plus normal de chercher à épater dans un premier roman en sortant sa plus belle prose ?
Thomas Geha : Je vois que tu mitrailles d’entrée, tu mets tout de suite la pression ! Bon. Mes deux romans sont des romans d’aventure, du populaire pur jus, inspiré par une trilogie, celle de L’autoroute Sauvage écrite par Gilles Thomas, éditée par le Fleuve Noir dans les années 70/80. J’ai lu, relu, et encore relu cette excellente série (bientôt rééditée par un gros éditeur je crois), je m’en suis imprégné, je l’ai décortiquée quasi scientifiquement pour en saisir tous les mécanismes littéraires. L’utilisation d’un langage proche de l’oralité, pour mes deux romans, était une évidence si je voulais coller à l’esprit de la trilogie de Gilles Thomas, parce que l’utilisation de ce registre de langage est un rouage essentiel qui sert à imprimer un rythme particulier au récit. Quant à savoir si c’est difficile de s’y tenir, je te répondrai par une petite comparaison : lorsque l’on est gamin, on rêve à peu près tous de savoir monter à vélo. On grimpe dessus, on se vautre, plein de fois, puis on prend de l’assurance et on apprend à pédaler. C’est, je le crois, la même chose pour le langage. On s’améliore à la pratique, on se rôde, et ça finit par devenir naturel. Je trouve, à titre personnel, que je maîtrise beaucoup mieux ma narration dans le second tome, notamment parce que j’ai appris à pédaler dans le premier, et parce que j’ai gagné en naturel. Pour ce qui est de l’épate par la plus belle prose, c’est une question rhétorique ; et je te laisse libre de croire que je suis capable d’écrire de belles phrases. Tu me flattes.

ActuSF :
Dans le même ordre d’idées, tu écris les deux romans à la première personne. Ce choix tient-il à ta volonté de rendre hommage jusqu’au bout à Gilles Thomas/Julia Verlanger ?
Thomas Geha : J’aimerais répondre juste « oui » à cette question, histoire de me faciliter la tâche. Oui, mais non. J’ai tendance à préférer les narrations à la première personne pour tout un tas de raisons. Elles sont plus impliquées, souvent plus sensibles, plus proche du lecteur et de l’auteur. En tant que lecteur, je n’ai plus l’impression de vivre l’histoire en simple spectateur, j’ai l’impression d’en être également l’acteur. J’aime cette sensation. J’aime me sentir impliqué. C’est ce qui me fait aduler des romans tels que L’autoroute Sauvage de Gilles Thomas ou Une Porte sur l’Eté de Robert Heinlein, une très belle histoire que j’aurais adoré écrire. Je m’attache beaucoup aux personnages, j’aime croire qu’après lecture ils font partie de moi. Un auteur comme Gilles Thomas fait partie de moi parce que ses personnages principaux m’ont toujours plu, même s’ils finissent par tous se ressembler. J’ai eu envie de retrouver cette sensation, à la fois humaniste et rentre-dedans, en écrivant A comme Alone et Alone contre Alone.

ActuSF :
On pose comme une évidence ton désir de rendre hommage à cet auteur mais c’est un peu surprenant de se mettre ainsi, d’emblée, dans l’ombre d’un auteur décédé plutôt qu’en pleine lumière, non ?
Thomas Geha : Nos auteurs sont notre patrimoine. J’essaie de le défendre à ma manière. Je ne me mets pas dans l’ombre d’un auteur. Sénèque était-il la pâlichonne ombre d’Euripide quand il réécrivait Médée ? Blague à part, je ne vois ni ombre ni lumière, je vois juste deux romans qui existent, qui seront lus ou pas, et qui sont marqués par ma propre personnalité. Je ne suis pas Gilles Thomas (je ne suis pas une femme, déjà !), je revendique juste son influence. Beaucoup d’écrivains revendiquent des écoles d’influence. Je suis peut-être le premier à m’inscrire officiellement à l’école « Verlanger ».


ActuSF :
Je t’attaque dans ma critique sur le code d’honneur des Alones et en particulier sur la prétendue supériorité des armes à feu. D’où te vient cela ? Pourquoi insister sur ce point ?
Thomas Geha : Tu m’attaques ? Prends garde, je suis armé. Et dangereux.
J’ai l’impression que je me répète déjà, mais ce « code de l’honneur » est présent dans les romans de Gilles Thomas. C’est un élément de l’hommage, une partie constitutive de mon personnage ; ensuite, ce code est pour les Alones une sorte de protection, une référence commune, un langage qui fait qu’ils se reconnaissent entre eux. Sur les routes, tu as des tonnes de panneaux qui te guident quand tu conduis ta voiture, qui te donnent des repères. Si tu ne les as pas, c’est la porte ouverte à n’importe quoi. Ce code Alone est un repère de cette sorte. Donc, pour le reste, que dire ? La phobie des armes à feu : eh bien, hum, j’ai dû trop regarder McGyver (mais lui en arme blanche il ne possède qu’un couteau suisse, l’amateur), j’en sais rien, mais il y a aussi le fait que dans l’Autoroute Sauvage, Gérald, le héros, n’apprécie pas non plus les armes à feu. Je crois que, dans le cas de mes romans, c’est une forme de désaveu d’un monde « civilisé » et technologique que les Alones détestent. Et puis les plombs, ça fiche des maladies aux petits lapins. C’est mal.

ActuSF :
Les femmes sont plutôt maltraitées dans les deux romans, je trouve. Elles ont beau être aussi bonnes guerrières que les Alones masculins, ce sont quand même elles qui se retrouvent la plupart du temps en mauvaise posture, qui se font enlever et qui s’amourachent trop. N’est-ce pas un peu caricatural et surtout contradictoire dans un hommage à une femme auteur de SF ?
Thomas Geha : Est-ce que ça te surprend si je t’annonce que je ne suis absolument pas d’accord avec toi ? Je crois que tu t’es fixée sur des détails sans en voir d’autres. Pour moi, les « maltraiter » - et encore c’est un bien grand mot – me permet de montrer qu’au final, elles s’en sortent souvent bien mieux. Au risque de « spoiler », je prendrai l’exemple d’Alésia. Elle se débrouille très bien jusqu’au bout, tu ne peux pas le nier. Grise, malgré ses déboires personnelles, finit toujours par tirer Pépé du pétrin. Flo sauve une ou deux fois Pépé. Solenn, c’est différent, parce que sa mentalité est différente, bien qu’elle sauve finalement Pépé d’une façon plus subtile que toutes les autres. Pépé finit saucissonné ou enfermé bien plus souvent que ses amies femmes, et la plupart des personnages masculins que Pépé croise finissent en pulpe de chair. Les apparences sont trompeuses, tout comme dans les romans du cycle de l’Autoroute Sauvage. Gilles Thomas prenait un malin plaisir à caricaturer les femmes. La relation Gérald/Annie est criante à ce sujet. Mais quand on gratte la surface, on comprend que la réalité des choses n’est pas celle qu’on croit. Je pense sincèrement que Pépé serait incapable de franchir les obstacles qu’il franchit s’il n’avait Grise comme moteur. Elle est plus mature que lui. Toutes les femmes de mes deux romans sont plus matures que lui. Même s’il évolue au fil des pages.


ActuSF :
Les scènes de combat sont nombreuses dans le tome 2 et semblent (pour ce que j’en comprends) savamment chorégraphiées. Comment prépares-tu l’écriture de ces scènes ?
Thomas Geha : Ça peut paraître idiot, mais j’y vais juste à l’instinct. Quand je suis dans une scène, j’essaie de la visualiser et de la faire vivre par des mots. C’est tout. Je me suis légèrement documenté ici et là pour des points de détails, mais guère plus. Mon principal désir étant d’espérer réussir à donner l’illusion d’un mouvement perpétuel dans ces scènes. Ma clef, c’est la rythmique des phrases, les dialogues, et leur agencement.

ActuSF :
Les arbres m’ont paru assez présents dans les deux ouvrages. Quelle place leur accordes-tu ? L’écologie fait-elle partie de tes préoccupations ?
Thomas Geha : J’aime les arbres parce qu’on s’en sert pour faire des livres. Bon. Je rigole. Je trouve ta question très bizarre. C’est vrai que j’ai toujours aimé les arbres ; ça doit venir de mon côté campagnard. Quand j’étais gosse, j’adorais grimper aux arbres, sentir la texture de l’écorce sous mes doigts, aller voir ce qui se passait dans le nid des oiseaux... Notre maison parentale, dans les Côtes d’Armor (le patelin s’appelle Loguivy-Plougras), était quasi entourée de bois. Avec mon frère, on y était souvent fourrés. Dans certains endroits, des arbres pouvaient avoir des formes étonnantes, un tronc pouvait ressembler à un cheval par exemple, et on se les appropriait en allant jusqu’à leur donner des petits noms. Le jour où des maisons ont remplacé les bois, d’un coup c’était moins fun... j’en voulais aux voisins d’avoir coupé tous ces arbres. J’ai grandi à la campagne, alors sur la question écologique, j’ai peut-être été sensibilisé naturellement. Je m’y intéresse, la façon dont on détruit pièce après pièce notre planète m’inquiète, c’est certain, mais j’ai aussi l’impression de ne rien pouvoir y faire. Ce n’est pas de la fatalité, juste une impression d’impuissance.

ActuSF :
Quand on se penche davantage sur Pépé et son mode de vie, on est surpris de ses contradictions s’agissant des liens entre humains. Il proclame une préférence nette pour la vie solitaire mais nourrit un puissant sentiment amoureux. Pire encore, dans Alone contre Alone, il vit en tribu avec ses amis puis va de groupe en groupe, et se retrouve une fois de plus à Rennes. Est-ce que c’est l’auteur qui a du mal à imaginer une vie sans famille, sans amis et sans attaches ?
Thomas Geha : C’est exactement ça. Ça peut paraître cliché, mais je me fiche d’à peu près tout, sauf de ma famille et de mes amis. Rien de ce que je fais n’est possible, n’a d’intérêt ou de saveur sans eux. On retrouve cet esprit dans mes deux romans. Pépé n’a plus cette flamme qui l’anime si Grise n’est plus là.

ActuSF :
Parle-nous de tes mutants. L’importance que tu leur donnes ne vient pas, de toute évidence de ta filiation volontaire avec Julia Verlanger. D’où cela te vient-il ? X-Men ?
Thomas Geha : Mais si, chez Julia Verlanger, il y a des mutants. Que ce soit dans un roman comme Les Ratés, ou encore dans D’un lieu lointain nommé Soltrois, dans Les Cages de Beltem... Cela dit, j’ai lu énormément de SF où les mutants tenaient un rôle prépondérant, à commencer par A la poursuite des Slans de Van Vogt, ou encore L’homme doré de Philip K. Dick, duquel je me suis un peu inspiré pour le pouvoir de certains personnages principaux. J’ai toujours aimé les histoires de mutants, quelles qu’elles soient. Tu parles des X-men, c’est aussi une piste, parce que j’aime bien ce comics, mais je peux citer plein d’autres références télévisuelles allant de The Twilight Zone, en passant par Heroes, les films de zombie genre la nuit des morts-vivants et son extrême opposé Shaun of the Dead. J’aime aussi l’image un peu kitsch, voire second degré, du mutant. C’est une thématique à très fort potentiel.

ActuSF :
Tu évoques dans ta préface les rencontres et les hasards. Lesquels ont présidé à la naissance de ces romans ?
Thomas Geha : Je citerai trois noms : Philippe Ward, Philippe Marlin, Michel Tondellier. Philippe Ward parce qu’il m’a aidé à caser ma première nouvelle en 1994 ou 1995, alors que, ado, je traînais sur des forums minitel SF (CYB, AKELA, RTEL... mes parents se souviennent des notes salées) en quête de dialogue sur ma littérature préférée. Philippe Marlin, parce qu’il a publié ces premières nouvelles dans son beau fanzine Dragon & Microchips puis donné ma première chance pro dans son anthologie Rêves d’Absinthe. Et Michel Tondellier, parce qu’il a refusé tous les textes que j’ai envoyé à son magnifique fanzine La Geste. Il m’a insufflé l’envie dévorante de m’améliorer. Tous ses refus étaient motivés, lettres longues comme le bras à l’appui. Avec lui et Philippe Ward, j’ai appris la patience, mais aussi à être humble, à me remettre en question, à ne pas griller les étapes, à accepter l’échec sans la prise de tête égocentrique de l’artiste maudit. Philippe m’a souvent dit que l’écriture c’était 5% de talent, 95% de travail. Il a raison. Alors j’’ai travaillé pour progresser, c’est tout. Et c’est en partie pour ça que j’ai fini par écrire ces deux romans.

ActuSF : En lisant le tome 2, on sent le potentiel pour une suite... Y aura-t-il, oui ou non un troisième tome chez les Alones ?
Thomas Geha : Eh bien, non, je n’ai pas prévu de troisième tome. Je pense avoir bouclé l’histoire de Pépé définitivement. Par contre, j’ai pour projet d’écrire une novella qui racontera la jeunesse de Grise. Le ton en sera différent, plus sombre et violent sans doute.


ActuSF :
Outre les thèmes que tu développes dans Alone contre Alone, en est-il qui te sont chers et sur lesquels tu souhaiterais écrire ?
Thomas Geha : J’ai envie d’écrire une belle histoire de voyage dans le temps. Je travaille dessus. Ensuite, dans toutes mes histoires, se sont des motifs essentiels qui reviennent de façon récurrente, et qui me vampirisent. La solitude, par exemple, c’est un thème que l’on retrouve dans tous – ou presque tous – mes récits. Je suis plus attiré par des thématiques humanistes que technologiques en SF. J’aime les écrivains comme Sturgeon, Ellison (sa nouvelle Jefty, cinq ans, reste un de mes plus beaux moments de lecture), Simak, Tevis, Bradbury, Cowper...

ActuSF :
On t’a d’abord vu signer des nouvelles en tant que Xavier Dollo ou Thomas Geha. Est-ce que tu considères que les nouvelles sont une carte de visite ?
Thomas Geha : Non. Personne, ou presque, ne les lit, malheureusement. Ce n’est pas une carte de visite, c’est juste un plaisir d’en écrire. Parfois, j’en écris et je pense simplement à les envoyer quelque part deux ou trois ans plus tard. Il y en a une, que j’aime particulièrement, qui sortira cette année dans un collectif intitulé Flammagories, et qui a été écrite il y a plus de trois ans.

ActuSF :
Comment abordes-tu les deux formats distincts que sont le roman et la nouvelle ?
Thomas Geha : Eh bien, une nouvelle peut maturer de très longs mois dans ma tête avant que je ne la rédige, ou bien naître automatiquement de simples images. Pour le roman, je n’ai pas cette démarche, je m’y sens beaucoup moins à l’étroit. J’ai l’impression d’être nettement moins exigeant à tous les niveaux, et je suis à peu près sûr que c’est la réalité. Une nouvelle est beaucoup plus difficile à écrire qu’un roman. En tous cas pour moi. La preuve, la dernière nouvelle que j’ai commencé, c’était il y a un an et je suis toujours dessus (mon histoire de voyage dans le temps). Entre-temps, j’ai écrit deux romans, Alone contre Alone, et un truc à la Alice au Pays des Merveilles qui s’intitule Celle qui voulait avoir trente ans (l’histoire d’une fille aspirée par une paire de chaussures maléfique dans un monde parallèle où sévit une sorcière appelée Sara Kosy...). Cela dit, j’aime les nouvelles parce que je ne me sens obligé à rien de particulier, je ne les écris pour personne sinon moi-même, et elles sont souvent en phase avec mon humeur ou une musique qui me trotte dans la tête (les deux étant souvent liées). Mes meilleurs textes, du moins ceux que je préfère, sont nés d’images crées par une musique écoutée en boucle pendant la rédaction. Pour les romans, je ne travaille jamais en musique. Ça fait encore une « contrainte » en moins.


ActuSF :
Comment en es-tu arrivé à écrire de la littérature jeunesse ? Quelles ont été les contraintes et les plaisirs spécifiques à la classe d’âge (laquelle d’ailleurs ?) visée ?
Thomas Geha : Je ne peux pas trop en parler car l’album en question, Caroline la première girafe, est toujours en cours d’élaboration (avec Arnaud Boutle, le talentueux dessinateur de la série BD Pinocchio chez Paquet). Néanmoins, j’ai écrit ce conte un lendemain de cuite où j’avais rêvé d’une girafe qui avait le cou si long qu’il servait de pont entre deux océans, aubaine pour d’autres animaux qui s’en servaient pour aller peupler des terres vierges...ce sera un conte lisible à partir de 8 ans.

ActuSF :
Récapitulons donc, tu écris de la SF, de la jeunesse, mais aussi, peut-on lire ici et là, du fantastique et de la fantasy ? C’est bien ça ?
Thomas Geha : C’est bien ça. Dernièrement, on a pu me lire (ou pas) dans Lunatique et Black Mamba, avec deux textes diamétralement opposés dans leur ton. Quelqu’un m’a dit en se marrant : « un chiant, un rigolo ».

ActuSF :
Des projets en littérature générale ?
Thomas Geha : Eh bien, oui. Une idée de « thriller campagnard » me trotte dans la tête depuis quelques temps. J’ai vraiment très envie de l’écrire.

ActuSF :
Pendant la période électorale, tu as créé les zippoz, ton Appel d’Air à toi, tu nous en parles ?
Thomas Geha : C’est à dire que Eric Scala et moi, on abuse parfois du vin et on se met à parler politique. Ce n’est pas un secret, nous ne sommes pas de grands fans de Sarkozy. On avait ce projet de strip, un peu à la Calvin & Hobbes, et l’actualité politique (les élections présidentielles) nous a permis d’en réaliser quelques-uns. On peut dire qu’il y avait de la matière. Pour l’instant, les Zippoz sont un poil en sommeil. Mais on en refera, c’est certain. C’est une petite récréation (pas que politique d’ailleurs) assez jouissive qui nous permet, de temps à autres, de belles soirées « brainstorming » chez Eric. Simple prétexte pour manger, boire un peu, et discuter bien sûr, mais il faut bien une excuse décente, non ? Les Zippoz sont donc une sorte d’alibi !

ActuSF :
On a pu lire sur la toile des rumeurs concernant un projet BD avec Eric Scala ? Qu’en est-il aujourd’hui ?
Thomas Geha : D’abord, je tiens à dire que Eric, outre qu’il est un ami très cher, est un artiste formidable ; je ne comprends pas que les éditeurs fassent si peu appel à lui pour des couvertures. Quand ils le font, ils le brident un peu trop et parfois, ce n’est pas formidable. Pourtant c’est quelqu’un d’extrêmement créatif, doué, qui recherche toujours des choses nouvelles. C’est un peintre remarquable, un caricaturiste génial quand il s’y met, et un illustrateur hors pair quand on ne lui dit pas : « je veux ça, ça et ça dans le dessin de couverture ». Humainement, c’est une crème. J’ai vraiment envie de travailler avec lui, mais on (je) cherche toujours le projet idéal. La BD, ce n’est clairement pas son truc, on y a renoncé, hélas. Avec son coup de patte, ç’aurait pu être pas mal.

ActuSF :
Risque-t-on de te voir sévir dans d’autres arts (arts plastiques, cinéma, chanson) ?
Thomas Geha : J’ai fait le casting de la Nouvelle Star, mais j’ai été boulé sans passer à la télé. Au cinéma, si quelqu’un achète les droits de mes romans, ahah, genre Luc Besson (en espérant voir le film dirigé par Louis Leterrier...), euh, je suis preneur, surtout si le chèque de deux millions d’euros est à la clef.

ActuSF :
Que nous prépares tu pour les prochaines années ?
Thomas Geha : Un roman de fantasy est en cours et bien avancé, sans éditeur potentiel, je n’y pense pas pour l’instant de toute façon. On m’a aussi demandé quelques nouvelles pour des anthologies. A part ça, je n’ai pas vraiment de vision à long terme, ni à court terme, d’ailleurs. J’espère juste pouvoir continuer à écrire, c’est tout.

ActuSF :
Où peut-on te croiser dans les mois à venir ?
Thomas Geha : Au Forum Privat de Rennes ! Je viens d’être engagé pour m’occuper de la SF et de la BD dans cette grosse librairie. Libraire, c’est mon vrai métier, et une passion. J’aime autant faire découvrir les livres des autres qu’écrire. Avec ce nouveau poste, je risque d’avoir moins de temps pour de futurs romans, mais je sais être patient. J’ai bien envie de me remettre vraiment aux nouvelles, en attendant. Comme on m’en a commandées, c’est le moment ou jamais.
Sinon, on me croisera peut-être aux Imaginales cette année, si mon planning au boulot me le permet.

Ketty Steward