aux éditions Denoël ,
collection Lunes d’encre
Auteurs :
Robert Charles Wilson
Couverture :
Jefferson Hayman
Traduction :
Gilles Goullet
Date de parution : août 2011
Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 608
Titre en vo : Julian Comstock: A Story of 22nd-Century America
Parution en vo : 2009
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Le nouveau roman de Robert Charles Wilson nous emmène dans un monde qui a régressé technologiquement après la fin du pétrole. Mais si l’écriture est envoûtante, il y a un petit malaise à la lecture, comme s’il était un peu passé à côté de son sujet...
La fin du pétrole
Après la fin du pétrole et une période de chaos, l’Amérique est revenue à une sorte de XIXème siècle où la vapeur est reine. La technologie a fortement régressé. Fini notamment l’informatique et le plastique. Au niveau politique, le pays est gouverné par un dictateur entré en conflit avec les anciennes nations européennes et par l’Eglise du Dominion, dont la puissance et l’influence jouent un rôle majeur dans la société américaine.
A travers le récit d’Adam, son ami le plus proche, on suit le destin de Julian, le neveu du dictateur. Pour sa propre sécurité, il a été envoyé à la campagne pour échapper à son oncle qui le considère comme une menace potentielle. C’est là que les deux garçons vont se lier d’amitié. Malheureusement, leurs jeux d’adolescents vont brusquement être interrompus par la guerre. D’abord réticents, ils vont être enrôlés de force, Julian sous un faux nom... C’est le début de son ascension vers le pouvoir, malgré lui...
Un confort pour le lecteur mais...
Assez rapidement, on est saisi une nouvelle fois par la vision que nous offre Robert Charles Wilson. On l’a dit, son Amérique du futur ressemble plus à XIXème siècle qu’à un futur ultra technologique, avec tout de même des éléments marquant notre époque comme la fin du pétrole ou le réchauffement climatique. L’écriture, fluide, nous emporte page après page. Mais peu à peu, un malaise s’installe, en grande partie à cause du narrateur.
Par la suite pourtant, le narrateur semble tourner autour de son sujet sans vraiment réussir à le saisir. Si on voit toujours Julian agir, l’homme devient de plus en plus mystérieux. Dans ses écrits, Adam s’en éloigne progressivement et même s’ils sont toujours très très proches, on ne voit pas vraiment Julian diriger ses troupes (ses victoires militaires sont d’ailleurs plutôt maigres pour un "conquérant") ni gouverner après son accession au pouvoir. Son arrivée elle-même à la tête des Etats-Unis en remplacement de son oncle est évacuée trop rapidement. Cette distance entre le narrateur et son personnage principal, dont la vie se conjugue malgré lui avec l’histoire de son pays, devient gênante au fil du roman, jusqu’à ce que l’on se détache du récit. Cela engendre une sorte de frustration. Julian aurait pu être un personnage formidable, se débattant contre son destin, puis luttant pour ses idéaux une fois au pouvoir, ou les reniant... Mais de tout cela, rien. A peine sait-on qu’il s’oppose à l’Eglise et qu’il fréquente des philosophes, mais c’est plus évoqué que véritablement mis en scène.
A la place, Adam raconte plutôt sa propre vie, et notamment sa carrière naissante d’écrivain. On pourrait objecter qu’à travers son parcours on suit aussi la succession des évènements de l’histoire américaine. Mais avec dans les parages un personnage comme Julian, c’est un peu comme si l’on avait des informations de seconde main...
Heureusement donc l’écriture et sa fluidité sauve un peu l’ensemble et l’on finit tout de même ce roman, poussé par la curiosité de ce monde du futur et l’envie, l’espoir, de se rapprocher de Julian. A la clef de la frustration donc, mais aussi de très jolies pages.








