Juste un peu de cendres
de Aurélien Police et Thomas Day
aux éditions Glénat ,
collection Comics
Genre : Fantastique

Scénariste : Thomas Day
Dessinateur : Aurélien Police
Date de parution : octobre 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 128
Titre en vo :

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Un album à l’atmosphère angoissante

Thomas Day est un auteur éclectique, qui excelle aussi bien dans la nouvelle (Sept secondes pour devenir un aigle a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2014), le roman (citons le Trône d’ébène, La voie du sabre, ou plus récemment Dragon) que la bande-dessinée avec Wika (Glénat) en compagnie d’Olivier Ledroit aux dessins.

Aurélien Police est un illustrateur bien connu des fans d’imaginaire : on lui doit les couvertures d’une centaine de romans chez plusieurs éditeurs, Denoël, Scrinéo, Le Bélial’… Il a aussi les illustrations de Sam (Gulf Stream Editions, 2009), en collaboration avec Jérôme Noirez.

Un départ vers l’inconnu

Ashley Torrance est une ado de 17 ans aux yeux vairons. Cette particularité n’est malheureusement pas sans conséquences pour elle : quand elle ferme l’œil gauche, elle voit des créatures qui se montrent de plus en plus agressives. Elle doit leur échapper et décide de quitter le domicile familial, autant en quête de réponses que pour protéger ses proches.

Que trouvera-t-elle au bout du chemin ?

Un voyage parsemé de rencontres

Juste un peu de cendres est un récit fascinant qui démarre comme une quête initiatique classique, mais qui déploie toute sa richesse à mesure qu’on avance dans l’histoire. Les protagonistes sont des êtres humains comme les autres, avec leurs rêves et leurs espoirs, mais aussi leurs doutes et leurs interrogations. Le voyage d’Ashley va nous montrer une jeune femme très lucide sur elle-même et les sentiments qui la traversent, et qui parvient à accepter sa part de ténèbres, au contraire de créatures consumées par la haine et la colère.

La narration est maîtrisée, avec une tension qui va crescendo : les éléments de l’intrigue se dévoilent peu à peu, jusqu’à un final étonnant qu’on vous laisse découvrir. Les dessins d’Aurélien Police sont magnifiques : il joue sur les collages, les assemblages d’images et de photos (on ne peut s’empêcher de penser à Dave McKean), et son jeu sur les couleurs et les contrastes renforcent le ton sombre et désespéré de cet album.

Juste un peu de cendres est un très beau récit, dur et sans concession quant à la nature humaine, où textes et dessins se combinent parfaitement pour happer le lecteur et ne plus le lâcher.

Tony Sanchez