L’Amulette de Samarcande
( La Trilogie de Bartiméus 1 )
de Jonathan Stroud
aux éditions Albin Michel ,
collection Wiz
Genre : Fantastique

Auteurs : Jonathan Stroud
Couverture : David Wyatt
Traduction : Hélène Collon
Date de parution : octobre 2003 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 558
Age minimum : 11 ans
Titre en vo : 1

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La vengeance est un plat qui se mange entre démons...

Jonathan Stroud est peu, voire pas connu en France. Pendant plusieurs années, il a été contraint de jongler entre le métier d’éditeur de livres pour enfants et celui d’écrivain. Il marque un tournant décisif dans sa carrière avec La Trilogie de Bartiméus. Aujourd’hui, le succès rencontré par la série des Harry Potter et la trilogie de A La croisée des mondes est telle que de nombreuses personnes ont déjà misé beaucoup sur La Trilogie de Bartiméus. Résultat : elle a déjà été vendue dans pas moins de vingt pays.Dans L’Amulette Samarcande, Jonathan Stroud nous emmène dans un Londres où le gouvernement n’est composé que de magiciens. Ces derniers doivent pour exercer leur pouvoir, faire appel à des démons, oups ! des djinns (certains sont fort susceptibles sur la manière de les nommer), des foliots, des gnomes...

Qui vole une amulette,...

Nathaniel est un jeune apprenti sorcier prometteur. Talentueux, il se cache pour exercer son art car son maître n’a que faire de lui et le considère comme un moins que rien. Un jour, le jeune garçon subit la pire humiliation en public par Lovelace, un puissant magicien fort peu scrupuleux. Nathaniel décide de se venger coûte que coûte. Pour cela, il fait appel à Bartiméus, un djinn d’essence supérieur, et lui ordonne de voler l’Amulette de Samarcande à Lovelace. Un vol qui sera le début d’une aventure tumultueuse et fort dangereuse.

... risque des représailles

L’Amulette de Samarcande reprend une thématique habituelle du fantastique : les démons, pour l’adapter à un public de jeunes lecteurs. L’auteur a pris les éléments liés à ce thème et a su habilement les mélanger : les pentacles, le lien de force entre magiciens et démons, l’influence de la connaissance du vrai nom sur son adversaire, les sept niveaux d’existence des démons... Ajoutez à cela, un Londres magique (somme toute banal et relativement familier) et vous avez le décor de ce roman.

Les personnages...

Quant aux principaux personnages, vous découvrirez un djinn effronté, cynique (voire parfois méprisant pour la nature humaine), qui n’hésite pas à exprimer le fond de sa pensée d’une manière très moqueuse (d’ailleurs tout l’humour du livre réside dans ce personnage). Pour ma part, c’est le personnage le plus réussi : il est démoniaque, il déteste l’Homme (avec un grand "H") et porte des propos plutôt croustillants sur la nature humaine et les autres démons. Quant au jeune Nathaniel, C’est un garçon assez troublant : les seuls sentiments qu’il connaisse, sont la colère, la frustration et la haine. La seule chose qui l’intéresse, c’est la vengeance. Difficile alors de s’attacher à un personnage qui ne sait pas et ne veut pas pardonner. Le garçon ne connaît pas la gratitude vis-à-vis d’un démon qui lui sauvera plus d’une fois la vie, aussi cynique soit-il. On s’attend à plus d’amitié entre eux et en fait, ce qui les lie c’est uniquement le pouvoir que chacun a sur l’autre. À la fin, Nathaniel ne gagne pas en maturité, il reste toujours un garçon imbu de sa personne et méprisant les démons et le petit peuple. Surprenant de la part de l’auteur d’avoir choisi un tel personnage aussi antipathique.

L’histoire

L’histoire quant à elle tient très bien la route. Bien écrit et bien rythmé, ce livre enchantera les enfants car il possède tous les ingrédients qui les passionnent : la magie, le suspens et l’humour. Pour les plus grands, ils trouveront dommage que les ficelles soient trop visibles et que cette histoire ne soit pas sans rappeler Harry Potter (un garçon en lutte contre son ennemi, symbole du mal et assoiffé de pouvoir). Les critiques comparent ce roman à celui de A la croisée des mondes, j’avoue ne pas avoir trouvé pourquoi. L’Amulette de Samarcande utilise des clichés déjà mâchés, remâchés et adaptés à une histoire classique. Aucune idée surprenante, aucun monde complètement loufoque, ce roman est plutôt un clone des aventures d’Harry Potter, un clone certes plutôt réussi. Reste à l’auteur à trouver sa propre voie et ses propres marques, l’imagination ne semblant pas lui faire défaut, et je suis convaincue que dans quelque temps, on entendra reparler de Jonathan Stroud.

Laure Ricote

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