L’Aveugle et le Fou
( Les Princes d'Ambre 2 )
de Roger Zelazny et Dellac
aux éditions Soleil ,
collection Cherche Futurs
Genre : Fantastique

Auteurs : Roger Zelazny

Scénariste : Nicolas Jarry
Dessinateur : Dellac
Date de parution : mars 2011 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Roger Zelazny ou Dellac

Une transcription réussie de l’œuvre de Zelazny en bandes dessinées

Nicolas Jarry est à la fois scénariste et romancier. Remarqué dès son premier roman (Le Loup de Deb), il a continué à proposer des réalisations intéressantes tant en roman qu’en scénario de bandes dessinées. Pour l’adaptation de l’œuvre de Roger Zelazny, il s’est adjoint le crayon de Benoît Dellac, jeune dessinateur passionné de comics américains.

La guerre de succession

Corwin a retrouvé la mémoire. Il est bien décidé à prendre le trône laissé vacant par son père. Pour cela, il lui faut déloger Éric qui a pris non seulement le contrôle d’Ambre, mais aussi du Joyau du Pouvoir. Loin du centre de l’Univers, il lui faut y trouver des appuis, de l’aide et surtout, une armée capable de tenir, de marcher malgré l’opposition.

Entre trahisons, serments, combats et sacrifices, les frères vont s’affronter à travers les Ombres, lutter jusqu’aux portes d’Ambre. Une lutte fratricide, d’où personne ne pourra sortir indemne. Folie, blessures, amour-propre bafoué... Seuls les plus forts et les plus retors survivront.

Une belle traduction graphique

Les livres de la saga des Princes d’Ambre datent déjà de plusieurs années et leur auteur est, depuis, décédé. Pourtant, la force de cette aventure pleine de rebondissements et débordant d’imagination ne se démode pas. L’histoire de ces frères, pratiquement immortels, capables de marcher entre les univers et de se battre comme aucun humain ne peut le faire, garde son souffle épique encore aujourd’hui.

Évidemment, avec un tel sujet, le travail d’un scénariste est totalement différent d’un album classique. À la fois lié au texte de l’auteur – et quel auteur – mais forcé d’adapter au format BD, il se doit d’être prudent pour ne pas dénaturer et flétrir le propos. Jarry y parvient parfaitement.

Concernant le dessin, le travail est tout aussi particulier. Si, là, la liberté est plus grande, il s’agit de ne pas renier les descriptions du livre initial. Avec Zelazny, il y avait une sorte de qualité d’image, un peu surannée, rappelant la Renaissance, que Dellac rend parfaitement dans ses cases. Si les scènes de combat manquent de clarté et de dynamisme, les décors sont éblouissants et le résultat au niveau qu’exige le respect de l’œuvre de l’auteur.

Jean Rébillat