L’Edito N°34
( Bifrost 34 )
de Bifrost et Olivier Girard
aux éditions Le Bélial
Genre : SF

Auteurs : Bifrost
Couverture : Frasier
Rédaction : Olivier Girard
Date de parution : avril 2004 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Revue
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1

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L’édito de ce numéro 34

Le premier numéro de Bifrost est paru en mars 1996.
Voilà donc huit ans, soit 34 numéros et deux hors séries, que, tous les trois mois, avec une régularité somme toute assez remarquable, l’alchimie opère - ce mystère à la fois bien prosaïque et néanmoins complexe qui veut que la conjonction d’une trentaine de personnes en moyenne produise ce carré de papier intitulé Bifrost. Huit ans, bordel ! Pour tout vous dire : si on m’avait affirmé en mars 96 que je serais là, ce matin, aujourd’hui, en train de rédiger ces lignes, bien sûr, je ne l’aurais pas cru. Et j’ai d’ailleurs toujours peine à le croire. Un pote (je crois que c’est Gil Formoza), m’a dit il y a peu de temps qu’il n’y avait de réel talent que dans la persévérance (ou un truc du genre, en tous cas). Je suis bien d’accord. Mais rassurez-vous (j’en vois qui baillent), je ne vais pas vous faire le coup du bilan, genre ancien combattant qui en a tellement chié qu’il ne sait même plus pourquoi - encore que, quand je vois ma tronche dans la glace, je me dis qu’il s’en est passé des trucs, en huit ans. Mais tout de même… huit ans… Ça mérite qu’on s’y arrête. Les chiffres, pour un éditeur, c’est un peu comme le tabac pour un fumeur aux poumons plus secs qu’un morceau de charbon : ça nous fait pas toujours du bien mais on peut pas s’en passer (j’en connais même, des éditeurs, qui font des statistiques en mettant en rapport leurs chiffres de ventes et la couleur dominante des couvertures de chacun de leurs bouquins ; ceci dit, Gilles Dumay est un grand malade, comme chacun sait). Aussi, voici ce qu’est Bifrost, en termes de chiffres, après huit ans de publication. Tirage moyen : de 2000 à 3000 exemplaires . Ventes moyennes : 1600 à 2500 exemplaires. Nombre d’abonnés : de 400 à 550 (un peu moins de 500 au moment où je vous parle). Voici maintenant l’extrait d’un article que Pierre-Paul Durastanti m’a communiqué il y a quelques jours. Il provient d’Univers 13 (1977) et il s’agit d’un historique des éditions Opta par Alain Villemur. " Après le record des ventes du n°1 [de Fiction] (16000 exemplaires), celles-ci s’étaient stabilisées pendant de longues années à 12000-13000 environ puis se mirent à baisser régulièrement. Quant aux abonnés, ils furent toujours 1000 environ. Galaxie compta pour sa part entre 500 et 700 abonnés et des ventes de l’ordre de 13000. Galaxie-bis eut des débuts difficiles avec des ventes de 12000 pour les huit premiers numéros, mais qui montèrent par la suite jusqu’à 15000 ou 17000. Toutes ces revues étaient passées au pilon deux mois après leur parution. Le fichier du " C.L.A. " compta jusqu’à 10000 noms, mais un millier de fidèles épuisaient le quart du tirage en 3 ou 4 semaines. " Bon. On a beau dire que c’était une autre époque, un autre mode de diffusion, un autre tout ce qu’on veut, ça laisse rêveur. Et donne la mesure du travail qu’il nous reste à mener. On en reparle dans quoi… dix ans ? Pourquoi pas…

Le fait est que pour ce numéro un peu spécial, il nous fallait bien concocter quelque chose de particulier. Et quel meilleur augure, pour notre anniversaire, que de placer cet opus sous le signe de tous les possibles ? Et si… Voilà la quintessence de la magie de la science-fiction. Deux mots, quatre lettres, et tout peut arriver. Et si… C’est finalement pour rendre hommage à ces deux mots que nous avons choisi de consacrer une large part de ce Bifrost 34 à l’uchronie en général et, plus spécifiquement, à la France uchronique. Une large part, disé-je, car l’ensemble de nos fictions ressortit de ce genre à part entière (presque l’ensemble, puisqu’à suivre Eric Henriet dans son monumental L’Histoire revisitée, panorama de l’uchronie sous toutes ses formes chez Encrage, il convient de distinguer les histoires de voyage temporel et les " pures " uchronies ; à ce titre, le texte d’Andrevon que nous vous proposons plus loin n’en est pas réellement une…), un corpus de récits auquel répond l’article de présentation du cœur du genre par Pedro Mota dans la rubrique " Au travers du Prisme ". Pedro Mota qui est d’une certaine façon la cheville ouvrière de notre numéro, étant à l’origine d’un projet d’anthologie avorté servant d’ossature à notre sommaire et que je remercie ici vivement. L’uchronie, donc, et notre cher " et si "… Et si Jeanne d’Arc n’avait pas existé ? Et si les forces de l’Axe avaient triomphé des Alliés ? Au jeu des conjectures, les possibilités sont innombrables et le caractère ludique de l’exercice indéniable.

Et si vous veniez jouer avec nous ?

Olivier Girard

Jérôme Vincent

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