L’Enfer du troll
( L'instinct du troll 2 )
de Jean-Claude Dunyach
aux éditions L’Atalante ,
collection La Dentelle du Cygne
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Humour

Auteurs : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : mai 2017 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 208
Titre en vo :


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Après L’Instinct du troll, un récit unique avec L’Enfer du troll 

Auteur français de science-fiction et de fantasy né à Toulouse, Jean-Claude Dunyach compte plus d’une corde à son arc. Il a été parolier, chanteur-guitariste dans un groupe de rock… Il a également sélectionné pendant dix ans les nouvelles francophones de la revue Galaxie, dirigé la collection SF des éditions Bragelonne de 2000 (date de leur fondation) à 2008. Mathématicien de formation, il travaille comme ingénieur depuis 1982. 
 
Noveliste et anthologiste apprécié, il a écrit plus de quatre-vingts nouvelles (de science-fiction surtout), réunies dans des recueils (Autoportrait en 1986, Voleurs de Silence en 1992) ou publiées en intégrale aux éditions l’Atalante. En tant que romancier, il publie Étoiles mortes et Étoiles Mourantes (ce dernier coécrit par Ayerdhal) chez Fleuve Noir. Dans la veine satirique, L’Instinct du troll (2015) et L’Enfer du troll (2017) sont édités chez l’Atalante. Le premier est un recueil de quatre nouvelles, le second un unique récit (deux cents pages). Ses textes sont traduits dans une dizaine de langues.
 
Prix obtenus :
 
Pour les textes courts : Prix Rosny aîné (1992, 1998, 2008), le Grand Prix de la Science-Fiction Française (1986), le Prix Ozone (1997), le Grand Prix de l’Imaginaire (1998). Le Prix des lecteurs 2001 de la revue britannique Interzone pour la traduction de la nouvelle "Déchiffrer la trame".
 
Pour les romans : Prix Rosny aîné 1992 pour Étoiles mortes, prix Tour Eiffel 1999 pour Étoiles mourantes coécrit avec Ayerdhal.
 
« Chaque mission est unique » 
 
Finie la pause pour notre troll retraité et sa trollesse de femme lorsqu’ils se voient subitement confier une mission – dotée d’un budget – : s’embarquer dans un bateau de croisière pour régler l’aspect management d’une mine située à l’autre bout du monde. L’occasion pour eux de mettre tout leur poids sur un bateau – sans le faire chavirer –, de croiser la route de voyageurs délirants et de s’attirer pas mal d’ennuis. Qui s’étonne de la disparition douteuse d’un chevalier, de séances de coaching entre habitués de la Table ronde (le saint Graal pourrit quelque part au-delà de l’imagination masculine), de la paresse d’un stagiaire qui se comporte en simple stagiaire, d’une épouse en furie aux revendications féministes, d’un elfe qui se la coule douce et de sorciers nécromants aux cartes de « consultants »… Une expérience pas très commune avec de sérieux soupçons sur une menace... grandiose.
 
À la lecture : il n’y a pas de dommages, il n’y a que de l’intérêt (positif)
 
L’Enfer du troll, c’est pour nous l’opposé d’un enfer : une très belle couverture, des couleurs chaleureuses qui tranchent avec celle de L’Instinct du troll, un surprenant mélange de fantasy et d’univers très moderne (des frises statistiques derrière une boule à neige…). Ce qu’on pourrait regretter : un rendu imprimé avec une couverture presque entièrement floue. 
 
Contrairement au recueil de nouvelles L’Instinct du troll, Jean-Claude Dunyach nous propose ici un unique récit. Il y soulève les défauts et incohérences de certains milieux professionnels, en particulier le monde de l’entreprise : le jargon incompréhensible du management, le manque d’encadrement au niveau des formations, l’obsession de la productivité et des bénéfices (on y trouvera du marketing appliqué à la fantasy : de faux Graal, des T-shirts de la fin du monde…). Des situations rendues encore plus risibles une fois jouées par des créatures de fantasy, allant des trolls patauds aux nécromants avides et même plutôt dingues. L’occasion de caricaturer les défauts du monde moderne de manière décalée pour mieux les souligner, les développements les plus tordus s’avèrent peut-être les plus vrais...
 
Le tout servi par un humour constant, un ton agréable, rien d’hilarant mais des sourires (on notera d’emblée des titres ironiques reprenant des phrases types du monde de l’entreprise). Ce ne sont pas l’intrigue ni le décor qui priment mais les réflexions. Même les plus rétifs sauront se laisser vaincre par des rebondissements surprenants et par de belles trouvailles. À se demander parfois si l’inventivité de l’auteur n’est pas intarissable...
 
Une lecture rafraîchissante, amusante, pleine de clins d’œil au monde actuel, et qui ne nécessite pas d’avoir lu L’Instinct du troll !

Claire Nottola