L’Histrion
( Le Cycle du Daym 1 )
de Yal Ayerdhal
aux éditions J’ai lu ,
collection Science-fiction
Genre : SF

Auteurs : Yal Ayerdhal
Couverture : Gilles Francescano
Date de parution : mars 2004 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1

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Retour sur les bases d’Ayerdhal

En 1986 mourrait Franck Herbert. A cette date, Ayerdhal naissait. C’est en tout cas ce qu’il dit dans la préface de L’’Histrion. En apprenant la mort de son idole, Ayerdhal décide de devenir écrivain. S’enchaîne alors la carrière qu’on lui connaît. Un premier cycle en 1990, un peu brouillon, La Bohème et l’Ivraie qui contient déjà sa part de colère et d’espoir, puis la succession des romans dont les plus marquants resteront Chroniques d’un rêve enclavé, Etoiles Mourantes, Demain, une oasis et son recueil La Logique des Essaims. Dans cette avalanche (et cette attente, cela fait maintenant de très long mois qu’est prévu un nouveau roman au Diable Vauvert), on trouve en 1993 Le Cycle du Daym, un roman en deux parties dont la première ressort donc aujourd’hui chez J’ai Lu. Sans doute le livre qui fait le plus référence à Franck Herbert. Vous allez comprendre pourquoi.

Etre femme…

Ne cherchez pas ce qu’est un "sexomorphe" dans le dictionnaire, vous n’en trouverez pas de définition. Par contre, en lisant L’Histrion, vous apprendrez que ce terme désigne une personne qui peut changer de sexe selon son envie (oui, je sais, comme les escargots...). Et cela ne concerne pas seulement les attributs génitaux. Lorsque la métamorphose s’opère, c’est tout le corps qui évolue, de la poitrine au visage en passant par la taille et les doigts. Une capacité que possède le héros de ce livre dans un lointain futur.

L’humanité est alors divisée. Entre les différents clans et pouvoirs, on trouve Génésis, une entité à l’échelle d’une planète, qui rêve d’une humanité sans guerre et a créé dans ce but le Daym, une sorte de conseil rassemblant toutes les composantes majeures de la galaxie. Et pour arbitrer les conflits, il a inventé la fonction d’Histrion. Mais Génésis est en fait plus retord que sa belle utopie. Son Histrion a pour but d’attirer sur lui la colère des grandes puissances et les unir contre lui. Il est là pour catalyser leur violence. Sa fonction officielle n’est qu’un leurre. Voilà qui explique pourquoi tous les histrions finissent assassinés. Jusqu’à Aimlin…

Quand Aimlin devient Aimline...

Ce jeune sexomorphe d’une vingtaine d’années est en fait un anarchiste dégoûté de la folie humaine et de l’injustice. Etudiant, il prit la tête d’un mouvement de révolte réprimé dans le sang par l’armée. Depuis, il fait le gigolo pour de riches personnes pour survivre, sans pour autant que sa soif de liberté ne se soit tarie. Et quand Génésis lui propose la charge d’Histrion, il refuse tout net pour ne pas devenir un de ces dirigeants qu’il hait tant. Commence alors d’autres ennuis pour lui.

Révolte et personnages forts

Basé sur une idée assez originale, ce roman d’Ayerdhal possède également toutes les grandes caractéristiques de cet auteur en colère. On sent, comme dans beaucoup de ses histoires, la colère qui bouillonne en lui et son appétit de révolte. Ici bien sûr, il y a également l’influence d’Herbert notamment dans la géopolitique, les petites introductions au début des chapitres et surtout les Taj Ramanes (une organisation constituée uniquement de femmes télépathes, les Scientes, qui n’occupent qu’un système planétaire mais qui vendent leurs technologies et leurs conseils dans toute la galaxie). Une influence reconnue dans la préface. Néanmoins, la comparaison s’arrête là. Ayerdhal est un auteur talentueux qui a son propre style et qui développe ici une histoire digne d’éloges. Une excellente réédition dans sa bibliographie en attendant son prochain roman.

Jérôme Vincent

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