L’Homme gribouillé
de Frederik Peeters et Serge Lehman
aux éditions Delcourt ,
collection Hors Collection
Genre : Enquête
Sous-genres :
  • Fantastique

Scénariste : Serge Lehman
Dessinateur : Frederik Peeters
Date de parution : janvier 2018 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 330
Titre en vo :

Lire tous les articles concernant Frederik Peeters ou Serge Lehman

"C’est l’histoire d’une vieille qui écrit des contes pour enfants terrifiants, d’une mère qui ne peut pas parler et de sa fille qui ne peut pas s’en empêcher, d’un chat de mauvaise humeur, d’un collectionneur de merveilles avec six doigts à chaque main, d’un fossile géant, d’un faussaire hanté par les noms qu’il a créés et d’un secret vieux comme le monde."

Serge Lehman, de son vrai nom Pascal Fréjean, est né en 1964 dans l’Essonne. À 10 ans, il découvre la science-fiction, le rock et les comics. Il devient donc tout naturellement guitariste puis animateur dans une émission de radio consacrée à la BD et la SF. Il écrit sa première nouvelle en 1984, Pastels et en 1990 paraît son premier roman La Guerre des sept minutes sous le pseudonyme Karel Dekk. En 1993, sa nouvelle Dans l’abîme obtient le Grand Prix de l’Imaginaire ainsi que le Prix Rosny Aîné.Vers la fin des années 1990 il écrit des articles pour le Magazine Littéraire, Les Inrockuptibles, Le Monde diplomatique etc. En 2004 il a fait le scénario du film Immortel ad vitam adapté de la trilogie Nikopol d’Enki Bilal.

Frederik Peeters est né en 1974 à Genève. En 1995, il est diplômé en Communication visuelle de l’ESAA de Genève. En 1994 il publie sa première BD Fromage et Confiture aux éditions Atrabile. En 2001 il publie Pilules Bleues, toujours chez Atrabile, une BD pour laquelle il reçoit le Prix Töpffer de la ville de Genève et une nomination au Festival International de la BD d’Angoulême. En 2003 il signe le premier tome de la série Koma, en collaboration avec Pierre Wazem chez les Humanoïdes Associés et Lupus chez Atrabile. Le tome 4 de Lupus est élu comme l’un des "essentiels d’Angoulême" en 2007.

Une histoire qui mêle Fantastique et enquête sur fond de secret de famille

Dans un Paris apocalyptique soumis à des pluies diluviennes, Betty Couvreur vit dans l’ombre de sa mère Maud, célèbre écrivain de livres pour enfants et sa fille Clara. Un jour Maud fait un AVC. Clara tombe alors nez à nez avec un étrange maître chanteur vêtu d’un costume de corbeau. Après quelques recherches, ces deux personnalités se retrouvent alors plongées malgré elles dans une enquête qui les mènera jusqu’aux origines de leur famille. 

Verdict

C’est une BD bien imposante que nous avons ici. Elle fait un peu peur car elle pèse son poids et son résumé est très énigmatique sur la quatrième de couverture. Néanmoins le graphisme en jette, et c’est c’est ce qui a piqué ma curiosité. Quand le dessin est bon, ça justifie à 50% l’acquisition du bouzin et ça s’est révélé être un pari plutôt gagnant.

Non loin d’être soporifique, cette BD est d’une incroyable richesse tant scénaristique que graphique. C’est intriguant, et si on ajoute à cela les conditions climatiques sur fond d’inondations parisiennes, on ne pouvait pas mieux tomber comme timing. En plein dans l’ambiance je me suis donc ainsi délectée du début jusqu’à la fin. C’est une BD qui se lit difficilement en une fois, de par son ampleur, mais en deux salves ça passe très bien. L’intrigue est tellement dense qu’elle ne se laisse de toutes façon pas mise de côté bien longtemps. Les personnages sont curieux et attachants, et globalement, je n’ai pas vu le final venir. Cet homme gribouillé, dont on connaîtra par bribes les origines laisse rêveur et songeur à la fois. 

En me lançant j’ai cru que je tomberais dans un trip seulement post-apo et puis finalement c’est beaucoup plus que ça. La collaboration de Peeters et Lehman est donc réussie et je pense qu’elle fera beaucoup d’heureux. Seul regret, comme beaucoup de ces BD un peu policières, c’est qu’elle ne se lit malheureusement qu’une fois tous les 10 ans. À garder au chaud dans l’étagère ou à prêter joyeusement aux amateurs du genre sans modération, faut qu’elle s’use et qu’elle vive, ce serait trop bête de passer à côté.

Salomé Lelièvre