L’Océan au bout du chemin
de Neil Gaiman
aux éditions Au diable vauvert
Genre : Fantastique
Anthologiste : Neil Gaiman
Traduction : Patrick Marcel
Date de parution : octobre 2014 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 314
Titre en vo : The Ocean at the End of the Lane
Parution en vo : 2013


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Quand les souvenirs de l’enfance reviennent à la surface...

Neil Gaiman est un auteur qu’on ne présente plus : romancier, nouvelliste, scénariste prolifique, il est connu pour la série de comics The Sandman, très populaire outre-Atlantique. Son premier roman, De Bons Présages, est cosigné avec Terry Pratchett. Il écrit ensuite Stardust ou encore American Gods. Avec Coraline, il écrit aussi pour la jeunesse et on lui doit également des recueils de nouvelles, Miroirs et fumées ou encore Des choses fragiles. L’Océan au bout du chemin est son roman le plus récent à bénéficier d’une traduction.

« Les adultes suivent les sentiers tracés. »

De retour dans son village natal, un homme se remémore son enfance en ces lieux, avec une incroyable netteté… il raconte ainsi les événements extraordinaires qui se sont déroulés quand il avait sept ans, lorsqu’il fait la connaissance de Lettie Hempstock, sa jeune voisine qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan…

« Les enfants explorent. »

Dans cet ouvrage empreint de mélancolie, Neil Gaiman vient réveiller l’enfant qui sommeille en chacun de nous, pour l’accompagner sur des sentiers délaissés par le passage à l’âge adulte, et ce qu’il suppose de charges et de responsabilités. Libre au lecteur de se laisser entraîner dans son sillage, et de recommencer à explorer des contrées que l’on croyait perdues. Comme souvent dans ses ouvrages, Neil Gaiman nous décrit une réalité très proche de la nôtre, et fait surgir l’étrange et le merveilleux d’endroits pourtant communs, à première vue. Chaque lecteur trouvera dans ce texte ce qu’il veut bien y trouver, j’ai pour ma part ressenti une certaine empathie avec le narrateur enfant, notamment dans son rapport aux livres et à l’imagination.

Car L’Océan au bout du chemin est un roman sur l’amour des livres et des histoires, sur l’importance de l’imagination et la nécessité de garder éveillé l’enfant qui est en nous, prompt à s’émerveiller devant ce que le monde peut offrir. Neil Gaiman nous livre un récit maîtrisé et efficace, où il fait revivre l’Angleterre de son enfance, avec ce qu’elle apporte de bons comme de mauvais souvenirs. Le roman est profondément touchant, même si on lui reprochera tout de même d’être trop court… on a parfois l’impression d’être à la lisière d’un monde beaucoup plus riche et foisonnant, dont l’auteur ne nous livre que la mare, alors que l’océan attend à peine plus loin…

Il y avait sans doute matière à écrire davantage, mais peut-être l’adulte Neil Gaiman a-t-il préféré ne pas s’écarter des chemins tracés pour laisser l’enfant continuer d’explorer sans lui ? 

Tony Sanchez