L’Oeil du Golem
( La trilogie de Bartimeus 2 )
de Jonathan Stroud
aux éditions Albin Michel ,
collection Wiz
Genre : Fantastique

Auteurs : Jonathan Stroud
Couverture : Melvyn Grant
Traduction : Hélène Collon
Date de parution : novembre 2004 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 664
Age minimum : 13 ans
Titre en vo : The Golem's eye
Cycle en vo : The Bartimaeus trilogy

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Une suite d’un tout autre acabit

Éditeur de livres pour enfants, Jonathan Stroud connaît un tournant décisif dans sa carrière d’écrivain avec La Trilogie de Bartiméus. Vendue dans pas moins de vingt pays, cette trilogie a fait une entrée remarquée en France avec le premier tome, L’Amulette Samarcande. La Trilogie de Bartiméus aborde un des thèmes du fantastique que l’on rencontre rarement dans la littérature jeunesse et pour cause, les démons ont souvent une image cauchemardesque peu en adéquation avec un jeune lectorat. Jonathan Stroud a eu l’astucieuse idée de prendre parmi ses personnages principaux, un djinn à l’humour caustique, à la répartie acerbe et avec une pointe d’humanisme (eh ! oui), apportant ainsi une certaine légèreté.

Pourtant, on pouvait rester sceptique quant au succès de ce roman puisque l’auteur n’a pas hésité à puiser dans les poncifs déjà utilisés par J.K. Rowling pour Harry Potter : un Londres décalé, de la magie, un gamin doué pour la sorcellerie, un complot... Mais, avec L’Oeil du Golem, Jonathan Stroud semble trouver sa propre voie : l’histoire prend de l’ampleur et les personnages se complexifient.

Dans le tome précédent...

XXIe siècle, Londres est un des rares pays gouvernés par des magiciens. Ces derniers exercent leur pouvoir en faisant appel à des démons, des foliots, des gnomes... Nathaniel, alias John Mandrake (y aurait-il un clin d’oeil au personnage de BD, le magicien Mandrake ?), est un jeune apprenti sorcier prometteur. Aidé par Bartiméus, un djinn d’essence supérieur, il déjoue le plan machiavélique du puissant et fort peu scrupuleux magicien Lovelace. Ainsi, après ce succès, Nathaniel est promu au sein du gouvernement

Simple attentat ou complot de grande envergure

Deux ans se sont écoulés. Nathaniel est placé au service des affaires internes du ministère de la sûreté du territoire. Il est chargé d’enquêter et de traquer la "Résistance", une faction d’hommes et femmes voulant rendre le pouvoir au peuple. Depuis quelques années, cette résistance cumule les attaques contre les magiciens. Or, un soir, Londres subit un des plus terribles attentats jamais perpétrés. Tout le monde au ministère de la sûreté du territoire soupçonne la Résistance, mais un doute subsiste dans l’esprit de Nathaniel. Et si, derrière cet attentat se cachait un complot bien plus important. Le jeune magicien décide de rappeler Bartiméus à la rescousse.

Un cran largement au-dessus

Dans ce deuxième tome, une nouvelle aventure attend donc Bartiméus et Nathaniel. Pleine de rebondissements et de retournements de situation, elle donne lieu à quelques passages fort cocasses. Je pense entre autres, au délire du démon qui s’échappe du caveau et vient mettre la pagaille dans Londres sous forme de squelette. Mais ce qui fait que ce deuxième tome prend de l’ampleur par rapport premier, reste l’intrigue de fond. Jonathan Stroud crée des ramifications, complexifie l’histoire et fait intervenir de nouveaux personnages. Les attentats, les enjeux politiques, la guerre qui se prépare... Tous ces éléments apportent une grande richesse à la trilogie. L’Amulette Samarcande n’était que la partie immergée de l’iceberg, maintenant on découvre le reste et franchement, ce n’est pas pour nous déplaire.

Dans L’Oeil du Golem, le lecteur retrouve donc avec plaisir le personnage effronté et cynique de Bartiméus et Nathaniel est beaucoup moins présent dans l’histoire. Le personnage reste toujours aussi imbu de lui-même et donc fort désagréable, mais on commence à prendre pitié pour ce jeune garçon qui n’a rien compris à la vie. Un troisième personnage principal s’ajoute donc à l’intrigue, celui de Kitty. Cette jeune fille est un protagoniste beaucoup plus complexe et amplement plus intéressant que ne l’est Nathaniel. Jonathan Stroud joue avec ses trois personnages pour nous apporter trois points de vue différents sur l’intrigue de fond. Extrêmement astucieux puisque le lecteur découvre ainsi les divers problèmes selon les positions des magiciens, du peuple et des démons. Libre alors au lecteur de prendre parti pour les uns ou pour les autres. À la lecture de ce deuxième tome, la suite semble fort prometteuse alors, armez-vous de patience avant le troisième et dernier tome de La Trilogie de Bartiméus.

Laure Ricote

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