L’énigme du cadran solaire
de Mary Gentle
aux éditions Folio SF
Genre : SF
Sous-genres :
  • Historique

Auteurs : Mary Gentle
Couverture : Alain Brion
Traduction : Michelle Charrier
Date de parution : janvier 2011 Réédition
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1100
Titre en vo : 1610 : A Sundial in a grave
Parution en vo : 2003
Première parution : 2007

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Un roman passionnant de bout en bout

Ecrivain britannique née en 1956, Mary Gentle publie son premier roman en 1977. Elle est l’auteur de nombreuses nouvelles et romans, dont Les fils de la sorcière, ou encore Le livre de Cendres, un cycle où elle faisait déjà preuve d’une grande maîtrise. L’Enigme du cadran solaire, publié auparavant chez Lunes d’encre en deux volumes, nous revient ici en poche dans un pavé certes imposant, mais en aucun cas ennuyeux.

Une aventure épique au dix-septième siècle

Rochefort, espion au service de Sully, est contraint d’organiser l’assassinat d’Henri IV sur ordre de Marie de Médicis. Ne souhaitant pas que le projet aboutisse, il confie la tâche à un obscur instituteur de province, François Ravaillac, qui profite d’un enchaînement improbable des événements pour parvenir à ses fins. Condamné à l’exil, Rochefort se rend alors en Angleterre où Robert Fludd, un médecin et astrologue lui demande de tuer un autre roi, Jacques Stuart.

Le roman de cape et d’épées transfiguré

Le moins que l’on puisse dire est que Mary Gentle ne sait pas faire court : son Cycle de Cendres s’étendait sur quatre volets très denses, et le présent volume dépasse les mille pages. Mais c’est sans aucun doute la longueur nécessaire au développement de son intrigue et des personnages, car au contraire d’autres cycles où les passages inutiles se multiplient, ici on ne s’ennuie jamais et on suit les aventures de Rochefort avec grand plaisir.

Le récit navigue ainsi entre le tragique, l’absurde et l’humour dans un équilibre parfait, dû au talent de narration de Mary Gentle, qui nous offre encre une fois une œuvre de grande qualité. Raconté à la première personne, le récit nous présente les tribulations de Rochefort, décrit comme un personnage complexe dont toutes ses certitudes vont être ébranlées par les événements qu’il va vivre. Le lecteur fait ainsi la connaissance d’un personnage profondément humain, loyal jusqu’à l’obsession, et qui doit faire face à ses obsessions.

Autour de lui gravite toute une galerie de protagonistes hauts en couleurs, avec Robert Fludd qui évoque la figure du savant fou et l’élément exotique en la personne du japonais Tanaka Saburo. On soulignera que ce personnage est parfaitement crédible, l’auteur le présentant dans toute sa différence, sans tomber dans les clichés.

Un monde crédible

Ces petites histoires viennent aussi s’insérer dans la grande : solidement documenté, le roman nous décrit un monde très proche des événements qui se sont déroulés au dix-septième siècle. L’auteur propose ses propres explications à ces événements tout en présentant la société de l’époque dans toute sa complexité, avec son lot de complots et autres manœuvres politiques. Le lecteur découvre en compagnie de Rochefort les dessous de la politique de cette période, et les liens qui y unissaient les monarques et personnes de pouvoir, ainsi que le rôle non négligeable qu’y prenait la religion.

Les dialogues sont enlevés, les personnages attachants, et les péripéties s’enchaînent sans temps mort. C’est avec regret que l’on referme le roman une fois terminé, et Mary Gentle prouve avec cet ouvrage, s’il en était encore besoin, qu’elle est un auteur de grand talent.

Tony Sanchez