La Cité Noire
de Thomas John
aux éditions Asgard Editions ,
collection Reflets d’Ailleurs
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Fantasy urbaine

Auteurs : Thomas John
Couverture : Pascal Quidault
Date de parution : mai 2011 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 587
Titre en vo :

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Une Citée Noire pour de sombres desseins...

Thomas John est né dans les terres du sud, à Arles. Ses sources d’inspirations, il les puise dans les romans de George R.R Martin, Pierre Grimbert ou Frank Herbert. Il rejoint le collectif CoCyclics en 2006 et se lance dans sa saga Lunardente, entre de la darkfantasy et fantasy pure. Actuellement, Thomas John vit aux alentours de Paris
 
Pascal Quidault est illustrateur depuis dix ans. Après un passage aux beaux-arts puis une école d’architecture et de design, il se lance tout d’abord dans la production d’images et d’animations 3D dans le domaine de la science. C’est en répondant par hasard à une annonce de projet de jeu de rôles qu’il va tomber dans l’illustration. Ses sources d’inspiration vont de Frazetta à Bacon ou encore McBride à James Gurney. Les illustrations de ce roman sont vraiment au diapason de l’histoire. La petite galerie de portraits sur la quatrième de couverture est tout à fait dans le ton de l’univers de Thomas John. Une belle invitation au voyage vers la Citée Noire...
 
Survivre au sein de la Citée Noire

C’est l’histoire ou plutôt les histoires d’individus venu d’horizons différents que va accueillir La Cité Noire.

Après la mort de son fils, Perceron s’enfonce dans une descente aux enfers des plus morbides : l’alcool et la perte de son emploi d’acteur dans l’une des troupes de la ville. Malgré toutes les prières qu’il a pu faire à son ancien patron, notre saltimbanque ne retrouve aucun travail. Après un séjour en prison pour vol il va devoir faire face à un avenir des plus incertains dans cette ville qui ne veut plus de lui...

Il y a aussi Kroll, le cromlek qui doit s’enfuir de la région qui l’a vu naître suite à une rixe qui a mal tourné. En effet, depuis le jour tragique où Ao est devenue aveugle, tout le monde lui en veut. Il vit maintenant dans la forêt non loin du village et essaye sans succès à se rapprocher d’Ao qui lui en veut, lui reprochant ce qui lui est arrivée. Kroll décide dans sa fuite de prendre la direction de la Cité Noire, où se trouve les plus grands mages qui pourront peut-être redonner la vue à la jeune fille... Justement la belle Ao va se rendre compte qu’elle porte en elle un grand pouvoir qui va naître dans la douleur et la peur.

Et puis un tas d’autres personnages vont entrer dans la danse des complots et guerres de grandes maisons. Pour le pouvoir, l’argent et la survie, nos nobles amis vont devoir faire face à mille dangers dans cette ville régie par de sombres sorciers aux pouvoirs déclinants et pourrissants. Cette cité où tous les sept jours, lorsque les deux lunes se rejoignent pour former un œil de sang, la mort elle-même hante les rue pour emporter les défunts.

C’est dans cette cité où l’aventure les attend à tous les coins de rues, où l’amour prendra dans ses filets les cœurs les plus endurcis, que Ao, Kroll et Perceron vont devoir faire appel à tous leurs talents pour ne pas rencontrer la grande faucheuse et son cortège de morts...

Que frappe le brigadier car voici venir les acteurs...

Pour un premier roman Thomas John nous propose une sombre histoire dans une cité aux milles tourments. Un univers des plus noir vous y attend, la cruauté et la misère y sont omniprésentes. Les tortures, forfaitures et souffrances sont le lot quotidien des habitants des Terres de Jade. La fameuse Kan-Pang ou Cité Noire est souvent jonchée de cadavres laissés au bon soin de la Faucheuse, qui apparaît tous les sept jours.

La pourriture et la noirceur ne se retrouvent pas que dans les rues labyrinthiques de cette ville venimeuse, elles sont aussi dans le cœur des citadins et notamment de ceux qui la régissent, les sorciers. De grandes familles qui combattent pour le pouvoir et l’argent, des guildes de marchands prêtes à tout pour gagner sur le terrain des affaires et de la politique, et asseoir leur autorité. Vous allez y trouver de véritables abominations derrières les murs des forteresses des sorciers, qui sont glauques à souhait et très souvent d’une grande cruauté.

Voici cette jolie ville où vont graviter nos petits héros. Il y a d’abord Perceron, un saltimbanque qui n’aurait rien à envier à Sganarelle de Molière. Une chance qui frise l’indécence avec une proportion à se mettre dans les situations les plus abracadabrantes. De comédien miteux il va se retrouver dans le rôle d’espion de haut niveau et bien d’autres choses encore. C’est le bouffon de l’histoire, il apporte humour et farce, donnant ainsi une certaine légèreté à toute la noirceur des intrigues et de l’univers de Thomas John. C’est un petit peu mon personnage préféré, la scène du repas chez les dangereux Sourgnes est une merveille !

Arrive juste derrière lui le cromlek, Kroll, au physique impressionnant qui n’est pas sans rappeler les ogres avec ses crocs proéminents. Ce personnage est beaucoup plus introverti que Perceron. Kroll n’est pas le bienvenu chez lui comme je vous l’ai déjà dit et ses aventures dans Kan-Pang vont permettre de faire entrer sur scène de nouveaux personnages comme Valthar, Elmo et la mystérieuse Leen. L’arrivée de ce trio va permettre de plonger le lecteur dans l’intrigue principale, au cœur des Maraudeurs.

Et pour finir Ao, qui va réserver beaucoup de surprises. Sans en dévoiler trop sur cette aveugle, sachez que Dame Nature ne l’a pas oubliée, bien au contraire...

Voici donc un roman riche à foison, avec une intrigue principale basée sur le pouvoir et l’ascendant d’une ville tentaculaire, et une ribambelle de héros qui apportent chacun une pierre à l’édifice. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et complètent à merveille l’univers de ce livre.

Mené à tambour battant grâce à une écriture fluide et énergique, vous aurez du mal à lâcher ce livre avant la fin du dernier chapitre. L’auteur sait mener sa barque, il distille par petites touches les secrets de son petit monde afin de nous tenir en haleine. Une base forte et complexe pour une suite à venir, à n’en pas douter. Je vous le recommande autant pour son côté sombre que pour l’humour que vous saurez retrouver devant les facéties de ce clown triste qu’est Perceron. Un bon moment de lecture sous l’œil sanglant de Lunardente.

Yann Blanchard

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