La Cité - Tome 1 - La lumière blanche
( La Cité 1 )
de Karim Ressouni-Demigneux
aux éditions Rue du Monde
Genre : Policier
Sous-genres :
  • Anticipation

Auteurs : Karim Ressouni-Demigneux
Couverture : Antoine Guilloppé
Date de parution : octobre 2011 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 240
Age minimum : 13 ans
Titre en vo :

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Une lecture d’une rare intensité, un futur classique de la littérature ado !

Premier roman de fiction pour ados (dès 13 ans) publié par les éditions Rue du Monde sorti en novembre dernier, La Cité est un roman pour adolescents écrit par Karim Ressouni-Demigneux. L’auteur n’en est pas à son premier roman, il en a déjà écrit plus de cinq pour la jeunesse dont Je ne pense qu’à ça, ou encore Je suis un gros menteur, souvent sur des thématiques dites « difficiles ».

Prévu en 5 tomes, La Cité nous conte l’histoire de Thomas, un ado qui va se plonger dans la réalité virtuelle d’un jeu incroyable.

La Cité : un jeu révolutionnaire


Tout commence avec des affiches publicitaires parsemées à travers toutes les grandes villes du monde avec pour seule accroche : Dans la Cité, tout peut arriver. Et comme des millions de personnes, Thomas et son meilleur ami Jonathan sont intrigués et curieux de connaître ce qui se cache derrière cette mystérieuse campagne.

Et quand le jour de la révélation arrive… on apprend que la Cité est un nouveau jeu vidéo révolutionnaire dans lequel le concept de réalité virtuelle immersive est possible. Dans un premier temps, seuls les dix premiers millions d’inscrits dans le monde entier auront la fabuleuse chance de pouvoir jouer à ce jeu révolutionnaire.

Thomas, Jonathan (et sa petite sœur Emma) auront la « chance » d’y jouer, et d’entrer dans un monde incroyable à la fois merveilleux, fascinant et sombre par bien des aspects. Une fois inscrits dans la Cité, les joueurs reçoivent un casque et des gants qui leur permettront d’évoluer dans ce nouvel univers.

Il n’y a pas de guide de jeu, ni d’aide à l’intérieur de la Cité. Il est strictement interdit aux joueurs de parler de leur vie dite « réelle » dans la Cité, sinon la mystérieuse et terrifiante lumière blanche les accable. Ah oui, et si un joueur se fait mal dans la Cité, il ressentira une douleur réelle.

Les joueurs ne savent presque rien sur la Cité, pas même le but ultime du jeu qui devient le sujet de nombreux questionnements.

Un roman ado aux allures de cyberpunk


Le petit coup de génie de Karim Ressouni-Demigneux consiste à mélanger à la fois les codes du cyberpunk (réalité virtuelle, réseau informatique à l’échelle mondiale) et ceux de nos réseaux sociaux actuels tels Facebook, les sites communautaires, les forums etc. On est dans un avenir plus ou moins lointain (quelques années ? décennies ?) qui use d’éléments à la fois novateurs et familiers, permettant au lecteur ado de se plonger rapidement dans l’intrigue.

Autre point fort, l’intégration d’éléments culturels par l’auteur, qui, il faut le dire, est professeur d’histoire de l’Art. Ainsi, tout ce qu’il ajoute a une symbolique plus ou moins explicite pour le héros (et le lecteur). Ces références et clins d’œil ne font qu’ajouter à l’atmosphère mystérieuse du jeu.

Enfin, je ne peux m’empêcher de relever une similitude avec un autre roman pour les jeunes ados : Méto, écrit par Yves Grevet. Cette similitude n’est pas au niveau du scénario, qui est complètement différent, mais plus au niveau de l’ambiance, de l’oppression subie et ressentie par le lecteur. Ca faisait très longtemps que je n’avais pas lu un roman à la fois aussi vivant, énigmatique et addictif, et pour cela, un grand bravo.

Pour conclure, La Cité est un premier tome brillant, qui ne laisse qu’une déception : celle de devoir attendre la suite. Une série à intégrer d’ores et déjà dans les indispensables. Le second tome, intitulé La Bataille des Confins est prévu pour avril 2012. Enfin, espérons que cette première incursion pour l’éditeur dans la littérature pour les adolescents se poursuivra avec d’autres œuvres aussi prometteuses.

Laura Vitali