La Cité des Saints et des Fous
de Jeff Vandermeer
aux éditions Calmann-Lévy ,
collection Interstices
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Contes

Auteurs : Jeff Vandermeer
Couverture : Néjib Belhadj Kacem
Illustrations : Garry Nurrish
Traduction : Gilles Goullet
Date de parution : août 2006 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 600
Titre en vo : City of Saints and Madmen
Parution en vo : janvier 2002

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Un voyage magique au pays des champignons et des calamars géants

Le nom de Jeff VanderMeer ne dit en général pas grand chose au lecteur francophone, pour la bonne raison qu’il n’a pas été traduit, hormis une nouvelle,The Bone Carver’s Tale, qui a paru dans le magazine Faeries. Veniss Underground, son dernier roman, a été unanimement salué par la critique anglo-saxonne, mais d’autres de ses récits avaient déjà été récompensés par divers prix (dont le World Fantasy Award). Repartons donc aux sources avec La Cité des Saints et des Fous, qui rassemble plusieurs novellas plus anciennes (Dradin, in Love, 1996, ou Early History of the City of Ambergris, 1999) ainsi que des histoires plus récentes. Il y a pas mal d’informations et de choses intéressantes sur le site de l’auteur (http://www.vandermeer.redsine.com/reviews.asp).

Une ville vue par ses habitants…

Les récits qui composent ce recueil dressent le portrait de la ville d’Ambergris, à travers les regards d’artistes, de scientifiques, de fous et de marchands. Ambergris est une ville à la fois étrange et très logique. Mais de la logique de la folie, avec une longue lignée de dirigeants pas franchement sains d’esprit (Early History of the City of Ambergris), avec toutefois des îlots de stabilité dans les « institutions » comme Hoegbotton et fils (The Hoegbotton Family History). Mais les simples citoyens ne sont pas épargnés. La démence les guette dans la jungle (Dradin, in love), dans les rues de la ville, et même dans les domiciles privés (The Cage). La guerre intermittente avec les mushroom dwellers, les anciens maîtres de la ville lorsqu’elle s’appellait encore Cinsorium et était l’une des merveilles du monde, continue à faire des victimes. Les jeux du pouvoir enrôlent des artistes innocents (The Transformation of Martin Lake). Les champignons possèdent des pouvoirs légendaires (In the Hours After Death). Sans parler de la relation ambiguë avec les calamars de fleuve (King Squid), qui s’exprime jusque dans le Festival of the Freshwater Squid, où l’enfer se déchaîne. Avec tout cela, il n’est pas étonnant que les limites de la réalité y soient floues (The Release of Belacqua), et que dans les asiles, on trouve des auteurs prétendant avoir créé la ville (The Strange Case of X, Appendix)...

A ne surtout pas manquer

La Cité des Saints et des Fous ressemble à un vitrail multicolore qu’on peut rester des heures à contempler, un labyrinthe dans lequel on peut errer des heures, au risque de se perdre... Un livre plein d’imagination, de poésie, d’horreur, de rêve et de désespoir, à visiter absolument, et un auteur à suivre.

Magda Dorner