La Croix de Pierre
( Le Scorpion 3 )
de Enrico Marini et Stephen Desberg
aux éditions Dargaud
Genre : Fantasy

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Enrico Marini
Couleurs : Enrico Marini
Date de parution : novembre 2002 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1

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Le dessin de Marini est inimitable, grandiose et surtout d’un dynamisme absolu.

Marini dessine depuis son plus jeune âge et à l’adolescence, il commence à participer à des concours. Après avoir fait l’Ecole des Beaux-Arts de Bâle, c’est en 1987 que débute sa carrière avec la rencontre d’un journaliste lors d’un festival, qui, impressionné par la maîtrise graphique du jeune auteur, le présente à la nouvelle édition Alpen Publishers. En 1992, Thierry Smolderen propose le projet du Gipsy (tome 6 : Le Rire aztèque, Dargaud, 2002) à Marini, c’est grâce à ce camionneur grossier et pourtant attachant qu’il acquiert un succès grandissant auprès du public. La rencontre avec le scénariste Stephen Desberg permet à Marini de réaliser un rêve d’enfant, dessiner un western. L’Etoile du Désert, histoire en deux tomes parue chez Dargaud, qui met en scène la descente aux Enfers, après le viol et l’assassinat de sa femme et de sa fille, d’un bourgeois aux faux airs de Sean Connery. Tous les ingrédients d’un bon western s’y trouvent, de la conquête de l’Ouest aux saloons fleurant bon l’alcool et les femmes…. Puis, avec Dufaux, il se lance dans l’aventure Rapaces (tome 3, Dargaud, 2001), bande dessinée dans laquelle on suit la vengeance de deux vampires très sexy contre les leurs dans un New York contemporain. Enfin, il retrouve Desberg sur la série Le Scorpion.

Stephen Desberg débute sa carrière en 1976 dans le journal Tintin. En 1978, il reprend les rênes du scénario de Tif et Tondu avec au dessin Will, dans Spirou. Ainsi lancé, il travaille sur de nombreuses bandes dessinées. De son importante production, on peut retenir Billy The Cat (tome 7 : La Bande à Billy, 2002) aux éditions Dupuis, qui raconte les aventures d’un petit garçon transformé en chat, une excellente BD pour enfants qui a été adaptée en dessin animé diffusé par France 3. Avec Joahn De Moore il créé La Vache (tome 9 : La Momie scandaleuse, Casterman, 2000), une bande dessinée totalement loufoque dans laquelle on suit les enquêtes de l’agent spécial Pi 3,1416 qui n’est rien d’autre qu’une vache. Cette BD n’a certainement pas le succès qu’elle mérite amplement tant par l’originalité de ses scénarios que par le non-conformisme de ses dessins. La saga continue avec l’apparition de la série parallèle Lait Entier (tome 2 : Requiem pour une vache, Le Lombard, 2002), et certainement une adaptation en dessin animé. Citons aussi I.R.$. (tome 4 : Nacrocratie, 2002) chez Le Lombard, qui plaira aux amateurs de thriller politico-financiers.

Papa !

Le Scorpion vient à peine de retrouver son père, qui n’est autre que le Pape en personne, que ce dernier est assassiné sous ses yeux. Le cardinal Trebaldi est l’instigateur du meurtre et il dispose maintenant de trois jours et trois nuits pour se faire élire pape. Mais Le Scorpion a juré sa perte et du haut des toits tire une poche pleine de sang sur le Cardinal pendant son oraison funèbre, en criant haut et fort au peuple de Rome qu’il a fait assassiner son Pape bien-aimé. Il devient encore plus le pion à abattre et les moines guerriers se lancent dans une grande chasse à l’homme.

Comme on les aime...

Une bande dessinée de cape et d’épée comme on les aime avec de l’action et une intrigue bien construite qui tient en haleine. Le personnage du Scorpion, très charismatique, est un libertin dans toutes les acceptations du terme. Du point de vue des mœurs pour commencer, véritable Don Juan, il a élu domicile dans un bordel raffiné dirigé par Madame Colomba. Du point de vue esthétique aussi, archéologue érudit avant l’heure, il aime à s’entourer d’objets anciens et rares et sa garçonnière est une sorte de petit musée dédié aux œuvres antiques célébrant des dieux archaïques interdits de droit de cité par le Catholicisme tout puissant. Du point de vue des idées enfin, né avec la marque du diable sur son épaule, un scorpion, qui lui rappelle sans cesse sa naissance illégitime, sa mère, brûlée vive pour sorcellerie, avait séduit un homme d’église, il lutte pour la vérité sans se soucier de la morale pesante de l’Eglise catholique toute puissante dans sa capitale. Marini aime à dessiner des personnages qui sont tout simplement beaux, tout en force pour les hommes, Le Scorpion, et tout en sensualité pour les femmes, la gitane Méjaï, avec pour les deux des jambes magnifiques. N’oublions pas les décors, ceux de la Rome du XIIIème siècle peut-être plus fantasmée que réelle mais tellement vivante et somptueuse. Le dessin de Marini est inimitable, grandiose et surtout d’un dynamisme absolu. C’est certainement un lieu commun de dire qu’il maîtrise parfaitement le mouvement, mais comment ne pas en être impressionné à chaque fois ? Le Scorpion est une BD populaire au sens le plus noble du terme, une BD tout public qui n’a rien d’élitiste et qui a comme vocation première de divertir. Le choix du petit format, moins cher que le grand, a été fait dans ce sens. Quel superbe biais cela offre au lecteur de rentrer dans le monde de la Bande dessinée par le dessin tout en finesse et aux couleurs si étudiées de Marini.

Charlotte Volper

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