de Manu Larcenet et Manu Larcenet
aux éditions Dargaud ,
collection Poisson Pilote
Scénariste :
Manu Larcenet
Dessinateur :
Manu Larcenet
Couleurs :
Manu Larcenet
Date de parution : mai 2004
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 52
Titre en vo : 1
Lire tous les articles concernant Manu Larcenet ou Manu Larcenet
Un album fort, émouvant et drôle
Né
en 1969 dans les Hauts de Seine, Manu Larcenet a toujours aimé la bande dessinée.
Dès l’âge de 10 ans, il exerce ses pinceaux et ses crayons. Après quelques aventures
dans la musique, il commence à travailler à Fluide Glacial en 1994 à 25
ans. Depuis, il enchaîne les albums et les séries (Les
Cosmonautes du futur, Les Entre-Mondes, Le Retour à la terre,
Donjon Parade) jusqu’à recevoir le Grand prix d’Angoulême cette
année pour Le Combat ordinaire dont la suite vient de paraître. Entre temps,
il vient de sortir La Ligne de Front. Un drôle d’uchronie avec Vincent
Van Gogh en personnage principal en pleine première guerre mondiale (alors que
le vrai est mort en 1890).
Vincent, Morancet, les soldats et les autres…
En pleine première guerre mondiale, le Président de la République
française a bien du mal à comprendre ses soldats. Mais pourquoi diable sont-ils
aussi nombreux à déserter ? Quelqu’un a alors une idée simple et géniale : envoyer
Vincent Van Gogh au front pour qu’il peigne « l’esprit » de la guerre. Des tableaux
pour que le Président puisse se faire une idée de ce qu’il se passe pendant les
combats. Le peintre, dont la mort avait été simulée pour étouffer une sale
affaire d’espionnage en 1890, n’a pas d’autre choix que d’accepter. Il sera accompagné
de l’incompétent général Morancet avec l’horreur au bout de leur voyage.
Du
talent pour une belle réussite
La Ligne de front est tout simplement
un excellent album qui confirme tout le talent de Manu Larcenet. Encore une fois,
en 48 pages, il arrive à nous faire rire (jaune) et à nous émouvoir. Et pas seulement !
Au-delà de la simple histoire de Van Gogh au front (avec sa rocambolesque explication
sur sa fausse mort et sa passion pour les tournesols), on trouve une extrême richesse
dans ce récit et de nombreuses pistes de réflexion, que ce soit sur la guerre
ou sur les différences de points de vues entre les trouffions qui meurent au combat
et les dirigeants politiques qui aiment l’idée de sacrifice lorsqu’elle ne s’applique
pas à eux. Un scénario dense illustré parfaitement par les dessins. C’est fou
comme ces derniers servent bien l’histoire, Larcenet jouant à merveille des expressions
sur les visages, des silences dans les discussions et dans les cases, des couleurs
pour marquer les ambiances… Il y a ici du talent pour réussir aussi bien cet album
tant au niveau graphique qu’au niveau scénaristique. En résumé, entre dénonciation
de la guerre, rire et émotion, voilà une BD qui vous prend aux tripes. Une des
meilleures qu’il m’ait été donnée de lire ces derniers temps. A lire absolument !!!







