La Maison d’oubli
( Reine de mémoire 1 )
de Elisabeth Vonaburg
aux éditions LGF ,
collection Livre de poche
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Uchronie

Auteurs : Elisabeth Vonaburg
Couverture : Marc Simonetti
Date de parution : juin 2007 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 724
Titre en vo :
Première parution : novembre 2005

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Un roman de Fantasy uchronique signé Vonarburg

Publié aux éditions Alire en 2005, La Maison d’oubli sort en poche. C’est la possibilité de lire, dans un format adapté au voyage, le premier tome de la tétralogie de Fantasy Reine de Mémoire qui a obtenu en 2006 le prix Boréal.

La Maison d’oubli

Sept ans ! L’âge où on commence à s’interroger sur tout ce qui, jusque-là, semblait normal. C’est l’âge que vont bientôt atteindre Senso et Pierrino, les frères jumeaux de la petite Jilianne qui, pour une raison que personne ne s’explique ne parle toujours pas, à près de quatre ans. Depuis que leurs parents sont morts, les trois enfants vivent dans une immense maison avec leur Grand-père, drapier prospère, leur Grand-mère, qu’ils ne voient que brièvement tous les jours, et une dizaine de domestiques.

Le jour où les enfants aperçoivent une fenêtre de plus à la façade de la maison, c’est du pain béni pour leur curiosité. Senso y voit un signe magique, Pierrino, un problème de logique et tous deux sont d’accord pour en faire une aventure, que la découverte d’une carte peu ordinaire vient encourager.
Jilianne, elle, ne semble guère s’étonner. Elle semble en savoir plus que ses frères sur le passé mouvementé de la famille, qui la hante jusque dans ses rêves.

Dans le même temps, les jumeaux sont initiés aux rituels et à l’histoire de leur religion : le géminisme, aux réalités géopolitiques de leur époque (une fin de XVIIIe siècle, assez différente de ce qu’on en sait), et à quelques secrets de leur famille réputée maudite : Les Garance.

Pas ce qu’on croit

Si l’on se fie à l’accroche et à l’illustration qui s’étalent sur la couverture de La Maison d’oubli, on se prépare mentalement à un récit classique de Fantasy pour enfants, dont on n’espère, au mieux, que quelques menues surprises. On se trompe alors. Les orphelins ne tombent pas « de l’autre côté d’un miroir, dans un monde peuplé de fées et de sorcières ». Ils ne sauvent ni le monde, ni leur peau « face à des périls inimaginables, avant de se retrouver dans leurs lits, intacts, comme si de rien n’était ». Ouf ! La Maison d’oubli c’est bien autre chose.

C’est, nous l’avons dit, le récit des découvertes d’enfants de sept et quatre ans.
Des découvertes qui pourraient être celles de n’importe qui : "Grand-père est riche", "les gens ne nous aiment pas tous" ou "Grand-mère est différente, elle vient d’un autre pays". Mais aussi des secrets plus troublants, comme les rumeurs qui courent sur leur maison (elle serait hantée) ou sur leur famille (un mauvais sort s’acharnerait sur elle).

De la Fantasy uchronique

La Maison d’oubli, c’est surtout un monde. "Fantasy uchronique", dit l’auteur qui recrée un passé (1789) dans lequel la France, comme quelques uns de ses comptoirs commerciaux, est Géministe. Cette religion, sœur de celle des chrétiens (appelés ici christiens) consiste en l’adoration indissociable de Jésus et sa jumelle Sophia, les deux pans de l’Harmonie. La magie est partie intégrante des rituels religieux, mais aussi de la vie quotidienne du peuple. Se mêlent donc, dans un mélange savoureux des références et des descriptions datées et des éléments créés de toute pièce, rivalisant de précision et d’authenticité apparente.

On aimera La Maison d’oubli pour cet univers cohérent et fascinant qu’on n’aura de cesse de questionner et de découvrir à travers les aspects les plus ordinaires de la vie des trois enfants, et à travers les plongées dans le passé, favorisées par les rêves de Jilianne. On appréciera également les touches d’exotisme liées à la rencontre de la Grand-mère et de ses appartements, et les nombreuses questions des enfants qui devancent les propres nôtres.

On répondra difficilement à la question "mais que se passe-t-il au juste dans cet ouvrage ?" tant sont imbriqués, et d’étrange façon, les événements du passé, qui ne sont pas l’intrigue en soi mais qui la conditionnent, les personnalités des uns et des autres, les menues découvertes des enfants et les secrets qui se révèlent peu à peu. Seule certitude, au bout de ces 724 pages, on y était bien, entièrement plongée. Vivement le tome 2 !

Ketty Steward