La Mamaïtha
( Aria 31 )
de Michel Weyland
aux éditions Dupuis
Genre : Fantasy

Auteurs : Michel Weyland
Date de parution : juin 2009 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 56
Titre en vo :

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Les pires monstres habitent les cauchemars

Dans l’univers de la bande dessinée, il y a parfois d’étranges histoires d’amour, entre des auteurs et leurs héroïnes, qui durent toute une vie. Comme c’est le cas pour Roger Leloup et Yoko Tsuno ou Michel Weyland et Aria. Depuis presque trente ans, l’héroïne aussi habile à l’épée qu’avec son sourire vit une nouvelle aventure environ une fois chaque année. Elle a au cours des ans gagné des amis, un château, un fils et surtout une assurance qui remplace l’énervement du début, mais sans jamais perdre son impulsivité à aider son prochain.

La libératrice sous influence

L’Ovéron vit sous une tyrannie terrible. Dragannath et sa secte fanatique des Trigyres font régner l’ordre et la loi par le fer et dans le sang, cherchant à nettoyer la contrée des hérétiques et des opposants à sa vision de la vie. Ce qui évidemment ne peut que déplaire à Aria. Mais les actions de guérilla de la guerrière ne peuvent pas vraiment stopper le tyran.

Il se pourrait que l’arme capable d’abattre le régime honni puisse être enfantée par la fille d’un Dieu, la Mamaïtha. Aria, comme d’habitude, se retrouve en première ligne, à tenter d’infiltrer la forteresse de son opposant. Mais cette fois, le combat ne se fait pas uniquement sur le champ de bataille. Rêves et cauchemars sont parfois plus dangereusement mortels que la lutte face à face... Et il n’y a pas que les ennemis à risquer leur vie, parfois l’utilisation d’une arme peut se retourner contre le soldat qui la manie !

Fantasy et actualité

Michel Weyland a toujours su utiliser des événements ou des concepts actuels, pour les retourner et les intégrer dans la vie d’Aria. Malgré la distance dans le temps qui nous sépare d’elle, la femme libre et fière rencontre les mêmes problèmes que ceux qui nous interpellent, depuis les déchets radioactifs jusqu’aux enfants abusés en passant par l’écologie et les dictatures.

Cette fois, avec la finesse qui le caractérise, l’auteur s’attaque en filigrane de cette trente-et-unième aventure à la dictature de la pensée que représente l’intégrisme religieux. Il ne nous parle pas de religion, mais d’exploitation des hommes et des femmes par des personnes sans scrupules. Il démonte une mécanique terrible qui secoue notre temps. Et Aria l’abat, comme il se doit, mais en ridiculisant ceux qui se croyaient les maîtres.

Encore une belle histoire, une pierre de plus sur le long chemin de combats pour la liberté, la justice et l’intelligence que mène Aria depuis tente ans, dessinée avec toujours le même amour pour les jeunes filles peu vêtues, les monstres de cauchemars et les architectures tourmentées. Avec en prime, à la fin du volume, une petite aventure onirique venue des débuts d’Aria.

Jean Rébillat

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