de Gudule
aux éditions Bragelonne
Truculent !
Gudule a écrit plus de cent romans, pour enfants et adultes. Les mots,
dit-elle, sont pour elle un formidable instrument de jouissance. Et comment !
Bragelonne publie La Ménopause des fées, un roman délirant,
en marge des parutions actuelles.
Que faire des vieilles gloires ?
Brocéliande a été ravagée par le modernisme… Merlin
n’a donc eu d’autre solution que de se réfugier dans une station
de métro (Brocéliande), en plein 18eme arrondissement de Paris.
Moorgën, Viviane et Clochette, les fées, l’ont bien entendu
suivi. Devenu clochard, son don perdu dans l’alcool, Merlin voit un jour
un signe : l’élu doit arriver et lui permettre de retrouver
la gloire et la légende.
Fou rire !
Il est assez rare d’éclater de rire en lisant. Il y a bien entendu
certains auteurs chez qui le fou rire est attendu, Irving, Fante, Pratchett… Mais
ceux-là sont déjà passés dans la légende.
On a imaginé Merlin sous bien des angles ; courant derrière
des elfes aux yeux de biche, marchant vers sa Destinée, le dos courbé,
endormi par Ninienne dans un coin de Brocéliande.
En clodo, jamais ! Et pourquoi n’y avait-on pas pensé
plus tôt ?
Parce qu’il faut beaucoup de talent, de recul et de répartie pour
désacraliser le mythe !
Gudule a tout ça, avec un rien d’humanité en plus.
Son écriture ressemble au 18eme arrondissement qu’elle décrit
si bien, drôle, vive, parfois un peu crade, souvent borderline… Ce
n’est pas le 18eme des bobos, d’Amélie Poulain et du Montmartre
dansant qu’elle décrit. Celui-là, laissons-le aux créateurs
et aux yuppies. Elle plonge ses personnages en plein cœur de la Goutte
d’Or, au coin de la rue Poulet et du boulevard Rochechouart… Les quelques
lecteurs de fantasy qui connaissent ce coin-là reconnaîtront la
grande entreprise de la municipalité, il y a quelques années,
lorsque la police a commencé les descentes pour préparer la venue
d’un Virgin tout neuf et étendre la belle expansion immobilière
au coin le plus pauvre de ce quartier florissant…
Un plus ? Bien entendu ! Qu’on ait vécu, comme moi, au
cœur de ce 18eme là, pendant dix ans ou que l’on n’y ait
jamais fichu les pieds, on perçoit la réalité du coin,
dans les descriptions succulentes d’une grande observatrice.
D’un bistrot crasseux au banc d’une station de métro, on suit
Merlin dans sa quête de l’élu. On rit, évidemment,
des fées vicelardes, des shampouineuses et des flics.
Et on peut bien rire du mythe !
Il y a une réalité, derrière tout ça… Le talent
consiste parfois à entremêler les deux et à amincir la frontière.
Une réussite ?
Oui ! Enfin, pardon… Ouais !







