La Stratégie Ender
( Le Cycle d'Ender 1 )
de Orson Scott Card
aux éditions J’ai lu
Genre : SF

Auteurs : Orson Scott Card
Couverture : Jean-Michel Ponzio
Traduction : Daniel Lemoine
Date de parution : janvier 2001 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : Ender's Game
Parution en vo : janvier 1985

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Drôle de bonhomme ce Orson Scott Card !

Impresario de théâtre, enseignant, mormon pratiquant, et par conséquent prosélyte zélé il renonce volontiers à utiliser le vecteur que ses romans pourraient fournir à la doctrine de l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours. Il y préfère une profondeur authentiquement philosophique teintée de mysticisme, qui confère à l’ensemble de son œuvre une richesse et une densité trop rares dans la SF américaine. Bien que ce formidable conteur, ait été régulièrement traduit depuis ses débuts en 79, c’est seulement en 1986 qu’il s’impose définitivement avec La Stratégie Ender. Derrière cette couverture mythique vous vous retrouvez entraîné à la suite d’Andrew Wiggin, dans une guerre hors de notre compréhension.

Ah ah, famille nombreuse !

Andrew est le troisième enfant de sa fratrie. C’est rare, pire même c’est incivique. Depuis que la Terre a repoussé de justesse l’attaque de Doryphores, ces extra-terrestres insectoïdes, le gouvernement a décidé d’une stricte politique anti-nataliste afin de faire face à la rigueur économique. Deux enfants, pas plus ! A moins biensûr, comme ce fût le cas pour les parents d’Andrew, d’obtenir l’une de ces rarissimes dérogations. Cela dit, l’imprimatur de l’Etat n’empêche en rien la famille Wiggin de subir l’opprobre du voisinage, qui comprend mal une telle irresponsabilité. Andrew n’aura toutefois plus à subir bien longtemps les persécutions de ses camarades, car ses résultats scolaires ont attiré l’attention de l’Etat Major.

A 6 ans, il est envoyé à l’Ecole de Guerre de la Ceinture (d’astéroïdes) pour y subir un entraînement particulièrement long et éprouvant, en vue de faire de lui un officier capable de repousser ce nouvel assaut des Doryphores que les militaires redoutent depuis des années. C’est cet entraînement qui constitue la seule et unique trame du récit de Card.

Plaidoyer pour la différence


Si bien entendu les raisons de son succès ne sont pas étrangères au petit soldat de plomb qui sommeille dans tout petit garçon, elles sont infiniment plus complexes. Car loin d’être une ode au militarisme, La Stratégie Ender est un plaidoyer pour la différence doublé d’une réflexion sur l’instrumentalisation de l’innocence, et sur la recherche de soi. On s’approche là des thèmes plus radicalement théosophiques qui sous-tendront les cinq tomes qui y feront suite. Si La Stratégie Ender reste le plus accessible et le moins dense des romans de la série, il en est aussi le plus attachant. Peut-être comme le dit l’auteur lui-même, parce que les héros en sont des enfants. Plus certainement grâce au talent de conteur presque empathique d’Orson Scott Card. La critique d’ailleurs ne s’y est pas trompée, puisque ce roman a remporté le Prix Hugo et le Prix Nebula. Un doublé que La Voie des Morts, le deuxième tome de la série, remportera de nouveau l’année suivante.

Eric Holstein

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