La Trilogie Steampunk
( 1 )
de Paul di Filippo
aux éditions J’ai lu ,
collection Science—Fiction
Genre : SF
Sous-genres :
  • Steampunk

Auteurs : Paul di Filippo
Date de parution : mai 2000 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Un classique Steampunk

Si en ce moment il y a un truc qui marche fort et qui revient sur le devant de la scène, c’est bien le Steampunk. Pour preuve l’anthologie au Fleuve Noir paru l’année dernière et le magnifique Confession d’un automate mangeur d’opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit aux éditions Mnémos (en fin d’année). Bref, le Steampunk a la côte et il était donc normal que la trilogie Steampunk soit attendue au tournant en ce mois de Mai par tous les amateurs. A tort ou à raison ? Ben euh, franchement...

La première constatation que l’on peut faire, c’est que Paul Di Filippo s’amuse. Lorsqu’il n’évoque pas Lovecraft et Dagon, il arrive quand même au bout de quelques détours de conteurs à placer sur le trône d’Angleterre une salamandre à taille humaine... On peut apprécier le tour de force qui n’a pas dû faire rire tous les Anglais !

Pourtant, l’originalité et l’humour ne font pas tout. On a bien rigolé... d’accord, les idées de départ sont excellentes... re-d’accord, les chutes sont bien... re-re-d’accord, mais entre les deux qu’est-ce que c’est long ! On a l’impression que ses nouvelles ne démarrent pas vraiment et qu’entre le début et la fin, Di Filippo flâne, parlant de choses et d’autres, sans véritables liens avec le récit.

Prenons par exemple la première nouvelle du recueil : Victoria. L’idée de base est simple : en 1836, la jeune Reine d’Angleterre Victoria s’est enfuie, à quelques semaines de son couronnement. Le premier Ministre, soucieux de ne pas ébruiter l’affaire va proposer à un jeune savant de placer sa salamandre sur le trône, le temps que l’on retrouve la fugueuse. Il faut dire que la bestiole a toutes les qualités pour faire une parfaite potiche. Grâce aux manipulations du scientifique, elle a une taille et une apparence humaine, les traits de Victoria et une intelligence d’oiseau. Son seul défaut, c’est qu’elle gobe un peu trop les mouches et autres insectes qui passent à sa portée... En attendant, il faut retrouver à tout prix la future reine.Voilà, c’est simple et efficace et en 10 pages le décor est planté. Le problème, c’est qu’à partir de là il ne va pas se passer grand-chose. Le jeune savant va chercher mollement Victoria, il va se battre en duel, se faire éconduire par une féministe avant l’heure, prendre sous sa protection un petit balayeur, se rendre dans une maison close... bref, faire plein de choses qui n’ont finalement qu’un vague rapport avec l’intrigue. Bilan : 60 pages à attendre qu’il commence véritablement les recherches pour une fin assez brutale ! Bon d’accord, je suis un peu rude, mais il manque quand même quelque chose. Pas de pistes à remonter, peu de témoins à interroger, on a l’impression que la chute (il fini quand même par retrouver la reine) est un véritable et énorme coup de bol puisqu’il n’a rien fait pour cela !

La seconde nouvelle est encore pire. Un savant européen immigré aux Etats Unis, imbus de lui-même, arriviste, carriériste, raciste, autoritaire, volage, pro-esclavagiste et fondamentalement religieux (tous les défauts quoi...), va se lancer à la recherche d’un fétiche ayant une place importante dans une cérémonie occulte. Le but du jeu, c’est bien sûr d’obtenir une puissance et un pouvoir énorme pour que la science triomphe dans ce XIXème siècle des technologies. Evidement, il n’est pas tout seul dans la course et les autres prétendants au fétiche ont des motifs bien plus sombres que les siens. Là encore, la nouvelle ne démarre pas vraiment. La course folle n’a pas vraiment lieu et le savant ne fini pas vraiment meilleur à la fin ! On en arrive donc à la même critique que pour la première nouvelle (mais celle-ci fait pas loin de 120 pages) : c’est long ! Bref, on se demande si Di Filippo lui-même n’a pas parfois oublié l’objectif de son histoire...

Encore une fois, j’ai conscience d’être sans doute un peu dur dans mon jugement. Après tout, je ne vous ai pas parler de la troisième nouvelle qui ne m’a pas semblé souffrir des mêmes défauts (une histoire sympathique de jeunes gens de la haute société du XIXème qui vont aller visiter le pays des morts, accompagner par des experts en sciences occultes un peu véreux...) et je comprendrais très bien que certains aiment cette Trilogie Steampunk pour son originalité. Pour autant, à celui qui souhaite commencer en Steampunk, je conseillerai plutôt de lire Les voies d’Anubis de Tim Powers (chez j’ai Lu) ou Confession d ’un automate mangeur d’opium dont je parlais au début de l’article. Au final, c’est donc un " bof " de circonstance pour La trilogie steampunk.

Jérôme Vincent

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1 Message

  • La Trilogie Steampunk 29 juillet 2010 23:15, par clar_y_net

    Je vais faire assez bref : j’ai entendu parlé de ce livre il y a quelques mois et ça avait titillé ma curiosité. J’ai donc cherché à me procurer cet ouvrage en librairie et je ne l’ai trouvé nulle part. J’ai fini pas tomber dessus par hasard à la bibliothèque à côté de chez moi (c’est toujours quand on ne cherche plus les choses qu’on finit par les trouver, c’est bien connu). Ravie d’avoir enfin cet objet entre les mains, je me suis empressée de commencer ma lecture, et là...déception : qu’est-ce que je m’ennuie !!!! Je suis au milieu de la deuxième nouvelle et bon, je ne sais pas si je vais réussir à terminer ce livre...

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