La fille automate
de Paolo Bacigalupi
aux éditions Au diable vauvert
Genre : SF

Auteurs : Paolo Bacigalupi
Traduction : Sara Doke
Date de parution : février 2012 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 596
Titre en vo : The Windup Girl
Parution en vo : 2009


Achetez-le en numérique !

Lire tous les articles concernant Paolo Bacigalupi

Un roman de science-fiction riche, intéressant et passionnant qui parle aussi bien de génétique que de politique...

Né en 1972, Paolo Bacigalupi a toujours été fan de science-fiction. Il en a d’ailleurs toujours écrit lui-même. Il lui a tout de même fallu attendre 2003 pour voir sa première nouvelle publiée et 2009 pour voir son premier roman accepté par un éditeur. Il s’intitule La fille automate et lui a permis de remporter les prix les plus prestigieux dans le domaine : Nebula, Hugo, Locus et John Wood Campbell Memorial. Un succès impressionnant ! Depuis, il a écrit deux autres romans encore inédits chez nous, Ship Breaker et The Drowned Cities
 
En France, on a déjà pu lire ses nouvelles à quatre reprises dans la revue Fiction publiée par Les Moutons électriques.
 
Emiko n’est pas humaine... 
 
Dans un futur relativement proche, la Thaïlande a réussi à survivre à l’effondrement des pays voisins, souvent victimes d’épidémies, grâce à une politique très stricte en matière d’importation. Un repli sur lui-même qui a préservé le pays de la catastrophe. Le pouvoir se méfie tout particulièrement des importations de semences génétiquement modifiées. 
 
Emiko, une créature génétiquement programmée pour assouvir les fantasmes de ses clients, est un jouet aussi exotique que détesté par une partie de la population en raison de sa nature même. Elle ne survit que grâce aux bakchiches que le patron du bordel où elle travaille verse aux "chemises blanches". 
 
Mais les temps changent. Les dirigeants Thaïs ne sont plus aussi inflexibles qu’auparavant et ils semblent de plus en plus sensibles aux promesses de profit venant du libre échange. Et tant pis si cela menace la sécurité du pays. 
 
Un grand roman ? 
 
Première constatation, La fille automate est un roman d’une richesse dépaysante. En nous embarquant dans une Thaïlande du futur réaliste, il nous plonge dans une autre culture et un autre monde dans lesquels les manières de penser sont différentes de celles des Occidentaux. Son histoire aborde en plus des thématiques aussi diverses que la génétique et la robotique, en passant par les conflits politiques qui minent le pays. 
 
Foisonnant donc, ce roman parvient surtout à maintenir un certain suspense tout au long de ses chapitres. Paolo Bacigalupi a mis en scène des personnages qui sont tous sur le fil du rasoir. Dans un climat pré-révolutionnaire, leur vie est véritablement en jeu. S’il y a quelques longueurs au début, la tension monte progressivement au fur et à mesure que les fils de l’intriguent se nouent. Résultat, on termine en dévorant littéralement les chapitres, avide de connaître le destin de tous les protagonistes. 
 
La fille automate est donc une vraie réussite, renouant avec une science-fiction qui nous parle du futur pour mieux interpeller le présent (les semences transgéniques, les androïdes, l’avidité des hommes en haut de l’échelle, la misère sociale, l’influence des grands groupes industriels sur les Etats, la xénophobie etc.), tout en parvenant à capter l’attention du lecteur tout au long du roman avec une intrigue passionnante. Par sa richesse et son habileté, il mérite amplement tous les prix qu’il a reçu. Désormais Paolo Bacigalupi est un auteur que l’on surveillera tout particulièrement. 

Jérôme Vincent