La Ménagerie de papier
de Ken Liu
aux éditions Gallimard ,
collection Folio SF
Genre : Science Fiction

Auteurs : Ken Liu
Couverture : Manchu
Traduction : Pierre-Paul Durastanti
Date de parution : octobre 2017 Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Recueil
Nombre de pages : 512
Titre en vo :
Première parution : avril 2015


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Un auteur à suivre ?

 

Né en 1976 et installé aux États-Unis dans les années 1980, Ken Liu a publié plus d’une centaine de nouvelles dans des revues comme Analog ou dans des anthologies. Il a également deux romans à son actif, The Grace of Kings et The Wall of Storms, non traduits à ce jour. On doit aux éditions du Bélial d’avoir conçu ce recueil, La Ménagerie de papier, sans équivalent en langue anglaise et incluant par exemple la nouvelle « Mono no aware » qui a reçu le prix Hugo. Le Bélial a d’ailleurs persévéré en publiant dans sa collection Une heure lumière en 2016 L’homme qui mit fin à l’Histoire et Le regard en 2017. La Ménagerie de papier vient d’être rééditée en poche chez Folio SF, l’occasion de vérifier si les espoirs placés en Liu valent le coup.

 

Éclectique et varié

 

On trouve de tout dans ce recueil. La nouvelle éponyme se veut la chronique d’une enfance marquée par le rejet d’une mère trop chinoise par le narrateur et par un fantastique discret où des origamis prennent vie. « Faits pour être ensemble » décrit une société entièrement aux mains de firmes qui ont mis au point des algorithmes conçus pour deviner et infléchir nos goûts, voire plus. « La plaideuse » se veut une immersion dans la Chine de la fin du Moyen Âge et « Trajectoire » nous raconte l’histoire d’une femme qui choisit à un moment de renoncer à l’immortalité. Liu est capable de beaucoup de choses et sait divertir son lecteur et le faire réfléchir. C’est déjà beaucoup.

 

Un auteur de speculative fiction

 

On pourrait s’arrêter là, sauf qu’il y a autre chose. La continuité thématique déjà. On note son intérêt pour l’immortalité, récurrent dans au moins deux nouvelles. L’altérité, le contact avec un autre radicalement différent constitue aussi une récurrence dans ce recueil. « Le peuple de Pelé », où des hommes, principalement américains, arrivent sur 61 Virginis et prennent contact avec une espèce vivante radicalement différente, en est un exemple. La fin du recueil semble d’ailleurs se placer dans le même univers, celui de groupes humains quittant la Terre, parfois forcés, pour essaimer dans les étoiles. Le contact avec l’Autre se passe parfois mal, comme dans « La forme de la pensée », mais sans jamais sombrer dans la caricature. En fait, Liu évoque finalement beaucoup Theodore Sturgeon, le mythique auteur des Plus qu’humains. C’est par ce compliment, médité et mérité, que le critique très exigeant incite le lecteur à lire ce recueil. Et à suivre désormais de près l’évolution de Ken Liu.

 

Sylvain Bonnet