La quête du Graal ou le destin du royaume : Rencontre avec Claudine Glot
de Claudine Glot
aux éditions
Genre : Actes de colloque

Auteurs : Claudine Glot
Date de parution : 0000 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :

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Présidente du Centre de l’imaginaire arthurien à Comper en Brocéliande, Claudine Glot nous parle de son dernier ouvrage : La Quête du Graal ou le destin du royaume, dernier volume d’une fresque épique consacrée aux aventures de la Table Ronde, et des chevaliers arthuriens.

Actusf : Bonjour Claudine Glot, Vous venez pour la 1re fois aux Utopiales. Pouvez-vous nous parler de votre trilogie sur le cycle arthurien paru aux éditions du Pré aux Clercs.
 
Claudine Glot : Je suis très heureuse et très fière de participer aux Utopiales. Cela tombait juste en même temps que la sortie du bouquin : La Quête du Graal ou le destin du royaume. Nous avons sorti un volume par an, en 2009, 2010 et 2011, à la période de Samain, au début de l’année celtique. Il s’agit d’un beau hasard. Cela a été très difficile et très long pour moi de me mettre à écrire de la fiction sur la matière arthurienne car j’avais l’habitude d’écrire des essais, des articles sur la matière arthurienne. Il m’a donc gfallu du temps pour me lancer. De plus, au centre de l’imaginaire arthurien, je vois passer des ouvrages sur cette thématique régulièrement. Et il existe deux types d’ouvrages : ceux qui sont parfaits, bien écrits et je me disais que je vferais forcément moins bien et ceux qui sont mauvais. Et là, je ne souhaitais pas en rajouter à la liste. Il m’a donc fallu du temps pour réaliser cet exercice. Depuis des années, on parlait de ce projet avec Marc Nagels dont je savais qu’il avait la même vision arthurienne. Nous avons été aussi fidèles que possible aux textes.
 
 
Actusf : Quels sont les textes que vous avez choisis comme corpus documentaire ?
 
Claudine Glot : En fait nous avons tenté de jouer le même jeu que Geoffroy de Monmouth : donner une allure historique à quelque chose qui ne l’est vraiment pas. Je me suis aussi servie du roman Les premiers faits du roi Arthur, qui donne une place importante au personnage de Merlin, et d’un Merlin qui se sert de ses pouvoirs surnaturels pour faire du jeune Arthur le souverain souhaité par les deux Bretagne et voulus par la destinée. Tout cela pour s’évader de cette contingence historiciste et aller, dans les volumes suivants, vers une présence plus forte du merveilleux vers le roman courtois, le roman merveilleux, le roman mystique.
 
Si nous avons choisi d’adhérer à ces versions plus anciennes (Historia regum Britanniae) ou moins connue (les Premiers faits), c’est débord parce que nous les préférions, les trouvant plus vigoureuses, plus inventive, moins ressassées que les versions en prose du XIIIe siècle ou l’éternelle somme romanesque de Malory, magnifique mais trop utilisée, et figeant la matière arthurienne en un unique état, elle qui est si variée, si mouvante, si évolutive. Nous voulions surtout redonner au roi un rôle actif, à l’aventure chevaleresque et merveilleuse sa primauté, et ne pas tout conditionner au mystère et à la quête du graal comme c’est le cas dans les grands romans en prose. Ceux-ci en effet font naître Arthur et la Table Ronde pour les besoins de la Quête, et les font disparaître misérablement dès que le chaste (!) Galaad a rempli sa mission. Sans nier que la littérature arthurienne prend forme dans une société chrétienne (les romans sont écrits dans les cours princières du « Beau Moyen Âge », par des poètes qui ne sont ni des crypto-druides, ni des hérétiques dissimulés, et probablement pas des Juifs convertis), nous souhaitions conserver la saveur un peu rude des temps noirs dans lesquels la légende arthurienne prend racine.
 
 
Actusf : Comment avez-vous travaillé ?
 
Claudine Glot : C’est un livre écrit à deux mains. Pour le premier volume, chacun a écrit des chapitres avec tout ce que cela suppose de concessions. Nous avons beaucoup échangé et travaillé en commun, pour relire les chapitres et harmoniser les styles pour ce premier volume sur Excalibur. Pour le second tome, j’ai souhaité le prendre en charge car l’histoire de Lancelot et Guenièvre (Lancelot ou l’âge d’or du royaume) me parlait. De son côté, Marc a souhaité coordonner le troisième tome car la quête du Graal avait une portée plus spirituelle pour lui. J’aime moins cette idée de quête du Graal, car pour moi, le Graal symbolise la fin de la légende. 
 
 
Chloé Chamouton