Langues étrangères
( 1 )
de Paul di Filippo
aux éditions Robert Laffont ,
collection Ailleurs & Demain
Genre : SF
Sous-genres :
  • Erotique

Auteurs : Paul di Filippo
Couverture : J. Paternoster
Traduction : Pierre-Paul Durastanti
Date de parution : mars 2004 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Ailleurs et une-seule-main…

On connaît Di Filippo pour la Trilogie Steampunk et pour Pages Perdues, tous deux chez J’ai Lu. Il signe ici un roman SF porno et provo servi par une très belle écriture - ce qui peut paraître à première vue paradoxal. Malheureusement, ce côté porno et provo occultera pour bien des lecteurs sa belle plume et ses idées. Juste trash ou plus profond ? Bonne question…

Entre dystopie et pornographie

Kerry Hackett travaille dans un labo de recherche en biologie. Pour lui en mettre plein la vue, son patron lui ouvre les portes du lieu le plus protégé du centre lors d’une visite de grands pontes du gouvernement. Elle découvre alors le benthique, une sorte de Blob dont elle ne comprend pas bien la fonction…

Après maintes péripéties dans un avenir proche à vous glacer le sang, elle va entreprendre une symbiose avec cette créature pour donner un nouvel être aux pouvoirs quasi-divins. Assoiffé de sperme à l’instar d’une version moderne de succube, elle va partir pour l’Amérique du Sud afin de se connaître elle-même (ainsi que le goût de ses prochains) et d’achever sa croissance vers… quoi ? L’avenir de l’humain, sa perte ? La création d’un être omniscient capable de manipuler la réalité ?

Dr Adder revu et défoncé

Il n’y a pas le moindre doute, Langues étrangères est avant tout une œuvre pornographique. Le rythme des scènes le prouve : sur 200 pages pas moins d’une vingtaine de descriptions crues. Ça démarre par une scène zoophile et atteint son apogée par une cataracte de sperme qui déborde de la bouche d’un malheureux type à qui on a fourré son sexe à l’éjaculation inextinguible dans son anus (si si je vous jure) - dont l’abondante production sera fatale à la maison et à plusieurs de ses habitants.

On pense évidemment à Farmer pour le côté cul outrancier mais Di Filippo ne se contente pas seulement d’enchaîner les rapports les plus extravagants possibles. Il décrit dans une première partie un futur dystopique très Brunnerien. Alors qu’un film pornographique n’a pas d’autres raisons d’être que de montrer des scènes hard afin d’exciter notre appétit (et sous tous les angles possibles grâce à ce merveilleux support qu’est le DVD), Langues étrangères a la chance d’avoir été écrit par un vrai bon écrivain au style paradoxalement subtil et pas seulement par un réalisateur X.

Sous le sperme, un véritable propos ?

Si vous vous sentez d’attaque pour affronter des torrents de sperme, des cul défoncés à coup de gourdins pourrissants, des chattes polymorphes, des langues détachables, des tritouzes, des giga-partouses, des sodos, des fellations, des éjaculations en veux-tu-en-voilà-et-t’en-aura-même-trop, le tout représentant assez facilement 90% du bouquin, alors lancez-vous car les 10% restant laissent transparaître les bonnes choses. Par contre, si c’est juste un support à vos plaisirs solitaires que vous recherchez, les productions vidéos de Marc Dorcel restent une meilleure source que Robert Laffont.

Xavier Vernet

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