de Olivier Gay
aux éditions Midgard
Sous-genres :
- Aventure
- Conspiration
- Fantasy
Auteurs :
Olivier Gay
Couverture :
Pascal Quidault
Date de parution : septembre 2012
Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 590
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Plusieurs noms pour une seule légende, un seul homme pour plusieurs morts.
Avant tout, il faut préciser que ce roman dit de fantasy ne fait que développer un monde imaginaire. Ne vous laissez donc pas séduire à tort par la couverture – métaphorique : vous n’y trouverez donc ni magie, ni dragon et encore moins de visage en flammes, mais le développement d’un polar médiéval sur fond d’intrigue politique. A ce titre, je vous déconseille donc de lire le dernier paragraphe de la quatrième de couverture qui trahie une révélation apparaissant un peu plus tard dans le récit.
Les lacunes dans le développement de l’intrigue sont toutefois contrebalancées par l’univers créé par l’auteur et sa plume. Pour exemples, la capitale dans laquelle nous sommes plongés est décrite avec beaucoup de réalisme (elle possède même des noms de rue !), l’histoire de l’Empire nous est enseigné, les nobles, les ducs, les soldats, les servantes, les mercenaires, les voleurs, les paysans, etc. sont représentés, mais aussi les décors et les paysages ne sont pas en reste. Les combats sont quant à eux très bien décrits, ni trop courts ni trop longs, et viennent ponctuer le récit régulièrement. Un peu plus d’horreur dans leur description aurait été appréciable vue la réputation du Boucher, mais cela ne dépend que du goût du lecteur. L’auteur a donc su enrichir son récit de multiples détails qui apportent beaucoup de consistance à son univers.
Un récit qui est d’ailleurs embelli par la prose d’Olivier Gay. Celle-ci est fluide, très agréable à lire, proposant des dialogues savoureux, surprenants, drôles et populaires dont l’expression « par les mamelles gelées de la putain nordique » deviendra culte ! Le Boucher s’adresse donc aussi bien aux adolescents qu’aux adultes, ainsi qu’aux novices de la fantasy qui y trouveront un récit construit et s’attacheront facilement aux personnages.
Les personnages sont la véritable perle de ce récit. Le développement de la relation entre Mahlin et Shani nous offre plusieurs passages croustillants en jouant au jeu du chat et de la souris, rappelant les premiers flirts adolescents. Les remarques de Shani sur le comportement masculin et, inversement, les remarques de Mahlin sur le comportement féminin apportent beaucoup d’authenticité à leur relation. On se prend même à sourire, et ceci plusieurs fois ! Le lecteur assiste aussi à l’évolution des personnages qui mûrissent au cours de l’aventure, et même Le Boucher n’y échappe pas. Leur aspect psychologique n’a pas été laissé pour compte, et cela n’en est que plus agréable.
Et l’auteur fait la part belle aux femmes. Certes, Deria meurt au début, mais Shani la simple servante ni laide ni belle devient une femme de caractère qui ose s’affirmer face aux hommes, et tenir tête au plus puissant d’entre eux ! Elle est certainement le personnage le plus travaillé et le plus recherché : nous reportons même plus facilement notre intérêt sur elle que sur Mahlin ou sur Rekk. Et n’oublions pas Dareen, ce bout de femme bourrée de joie et de vivacité, au tempérament bien trempé et son fameux « Boucher d’amour » !
Quant aux personnages secondaires, ils ne sont pas que de simples figurants. Pour preuve le court passage sur Limmer Bernald qui vient illustrer l’absurdité vaine des combats. Ces personnages possèdent pour la majorité d’entre eux des rôles et seront certainement amenés à prendre plus d’importance dans la suite de l’aventure.
Malgré une intrigue qui a clairement du mal à surprendre son lecteur, Olivier Gay parvient à se démarquer par une plume très naturelle, des personnages attachants et caractériels, un univers bien développé et maîtrisé, de la violence et de l’humour. Un auteur donc prometteur capable de combler les lacunes du départ.


