Le Cycle de Tschaï
( 1 )
de Jack Vance
aux éditions J’ai lu ,
collection Science-Fiction
Genre : SF

Auteurs : Jack Vance
Couverture : Philippe Caza
Date de parution : janvier 2001 Inédit
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Stop chef d’oeuvre !

Pas vraiment une nouveauté, puisque Le Cycle de Tschaï est unanimement considéré comme le chef d’œuvre de Vance. Une saga en quatre volumes écrite entre 1968 et 1970, présentement réunie en un seul gros pavé. Tant pis donc pour les retardataires qui n’avaient pas encore le Cycle et qui seront désormais privés de la magnifique série de couvertures de Caza, et pour lesquelles le dessinateur avait tenu à coller au plus près des descriptions de Vance.

Il n’est guère besoin de vous faire l’article. Pour ceux qui connaissent, la présente réedition n’est pas même anecdotique, elle est superfétatoire. Pour ceux qui, en revanche, ne connaissent pas, elle est tout bonnement indispensable. Il faut avoir lu Tschaï. Et conséquement, il n’est de bibliothèque digne de ce nom, qui ne s’envisage sans la présence sur ses rayonnages du présent ouvrage.

Quatre peuples

Comme toujours chez Vance, l’intrigue est sommaire. Adam Reith, terrien et, comme il faut bien vivre, astronaute, fait naufrage sur Tschaï, une étrange planète que les hasards de l’aventure spatiale ont mis sur la route de quatre races extra-terrestres : les Chasch, les Wankhs, les Dirdirs et les Pnumes. Quatres civilisations, comme de juste exotiques, très différentes mais toutes également antipathiques, et qui se partagent bon an mal an, la domination de cette ancienne colonie terrienne. Il ne reste d’ailleurs qu’une seule alternative aux quelques résidus de l’humanité habitant encore sur Tschaï, s’en remettre à la "bienveillance" de l’une ou l’autre des races et devenir leurs esclaves. Ainsi au fil des siècles et des caprices de l’évolution, un lent processus de mimétisme s’est initié entre esclaves et maîtres. Les premiers adoptant les mœurs, les coutumes et même, dans une certaine mesure, l’apparence physique des seconds.

C’est donc sur ce monde partagé en quatre, peuplé en grande partie d’humains ayant renié leur héritage ancestral que débarque Adam Reith. Héros vancien typique, il est intelligent, beau, indépendant, rusé, déterminé, volontaire à l’extrême. Ce qui donne au final un personnage borné, psychorigide et monomaniaque, qui, sans grande surpise, n’aura de cesse de regagner la Terre, par tous les moyens. Bien entendu sa présence va entraîner son lot de complications dans cette société en équilibre perpétuellement précaire. Et bien-sûr la nature révoltée et entière du personnage ne va pas manquer de soulever, au sein des communautés post-humaines des questions que leurs maîtres aliens eussent sans doute préféré ne jamais voir ressurgir.

Inadmissible que vous ne l’ayez pas encore lu !

Une quête en quatre volumes qui va donc mettre Adam Reith en présence des différentes races et offrir à Vance l’occasion de pousser à un point que plus jamais il n’atteindra par la suite, son génie de "l’autre". C’est avec un luxe de détails et une cohérence tout à fait fascinante qu’il va construire de toute pièce quatres civilisations majeures du panthéon de la science fiction. Quatres civilisations qui sont autant de mise en abîme de la nôtre, ainsi mesurée à l’aune du fanatisme d’Adam Reith. Le Cycle de Tschaï est l’ une des rares œuvres de Jack Vance qui tente d’apporter une réflexion sur la condition humaine. Attention, ce n’est pas du Silverberg, les démons qui le hantent, Vance est plutôt du genre à leur botter le cul. Son truc c’est l’action, le picaresque, la démonstration par l’exemple. Et lorsqu’un héros vancien se hasarde sur les routes sableuses de la métaphysique, c’est vraiment qu’il n’a rien de mieux à faire ou qu’il va mourir. Quoiqu’il en soit Le Cycle de Tschaï est une réussite. Un petit bijou d’imaginaire, enchassé dans la monture d’une histoire simplissime. Un secret d’orfèvre pour en faire ressortir l’éclat.
Si vous ne connaissez pas Vance, il n’est simplement pas admissible que vous ne lisiez pas Le Cycle de Tschaï.

Eric Holstein

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