Le Démon au Vatican
( Le Scorpion 4 )
de Enrico Marini et Stephen Desberg
aux éditions Dargaud
Genre : Fantasy

Scénariste : Stephen Desberg
Dessinateur : Enrico Marini
Couleurs : Enrico Marini
Date de parution : avril 2003 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo : 1

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De la cité éternelle, Rome, au carrefour de l’Orient et de l’Occident, Istanbul

Qui ne connaît pas encore Enrico Marini et son style tout en mouvement, ses personnages aux jambes interminables et à la belle gueule ? Après avoir fait l’Ecole des Beaux-Arts de Bâle, ce talentueux dessinateur débute dans La Tribune de Genève. Il crée bientôt sa première série Olivier Varèse qui ne remporte pas le succès escompté mais il en faut plus pour décourager Marini. Le succès frappe alors à sa porte et il trouve rapidement son public. Thierry Smolderen lui propose de dessiner les aventures d’un routier gitan dans un futur proche, et voilà la naissance de Gipsy (Dargaud). Il se tourne ensuite vers le fantastique et dessine la série Rapaces dont le quatrième tome clôt le premier cycle. Enrico Marini rencontre Stephen Desberg sur le projet de L’Etoile du désert (Dargaud), un western en deux tomes dans lequel on suit un homme détruit par le viol et l’assassinat de sa femme et de sa fille qui ne survit que pour se venger.

Stephen Desberg est un auteur prolifique qui passe sans complexe de la reprise de grands classiques, Tif et Tondu, à la bande dessinée pour enfants avec Billy The Cat, en passant par le polar financier, IR$ (dont le sixième album vient de paraître aux éditions du Lombard). Il s’essaye à tous les genres avec plus ou moins de bonheur. On retiendra la série science-fictive Mayam dont les dessins sont de Koller, la série fantastique Les Immortels avec Reculé et le tout récent Le Dernier Livre de la jungle paru chez Le Lombard.

Habemus papam, habemus scorpionem

Le Cardinal Trebaldi obtient enfin ce pour quoi il a comploté et fait assassiner le Pape, il est élu Pape. Il dissémine ses moines guerriers dans toute la ville éternelle afin d’asseoir un pouvoir totalitaire et de rechercher l’introuvable Scorpion. Ce dernier jure de faire tomber Trebaldi et le meilleur moyen est de prouver que la soi-disant relique, la Croix de Pierre miraculeusement retrouvée dans les entrailles de Rome, est un faux. Il a deux indices pour retrouver la vraie Croix de Saint Pierre, fondateur de l’Eglise de Rome, Istanbul et Hélène. Il part donc pour la ville au carrefour de l’Orient et de l’Occident accompagné par son fidèle hussard mais aussi par deux femmes de caractères, la gitane Méjaï et la mystérieuse Ansea Latal, habile épéiste qui travaillerait pour feu Monseigneur Javeloy.

Péripéties, intrigues, sentiments et humour : tous les ingrédients du récit de cape et d’épée sont réunis pour une flamboyante aventure

Le Scorpion garde le rythme effréné qu’on lui connaît. Ce quatrième tome est du même niveau que les albums précédents à ceci près que l’histoire se creuse d’avantage. Loin de s’essouffler le scénariste Stephen Desberg continue à travailler sur les origines de la religion chrétienne en révélant ses parts d’ombre. Son héros est un archéologue averti, cultivé et intelligent tout en étant un pro de l’action. Le Scorpion est le héros idéal auquel les garçons s’identifient et que les filles, secrètement, admirent. Les flash back sur son enfance, que l’on sait depuis le premier tome triste et solitaire, permettent de mieux comprendre le héros tout en tissant une intrigue secondaire à rebours. Le Scorpion se révèle donc être efficace dans l’action comme dans la réflexion, un peu trop pour un seul homme ? Peut-être, mais c’est l’apanage des héros meurtris dans leur jeunesse qui deviennent des hommes courageux et forts. Cela pourrait paraître caricatural mais comme le tout est plutôt finement amené, les auteurs s’en sortent bien. A la manière de Dumas, les auteurs font de la vraie bande dessinée populaire avec ce qu’il faut comme complot, intrigues et péripéties diverses. Toujours aussi envolé, flamboyant et superbement mis en couleurs, le dessin de Marini nous ravit, et donne à ce récit de cape et d’épée toute sa dimension romanesque. L’album s’il révèle quelques petites choses laisse une fois encore un grand nombre de questions en suspend. On ne tient plus, on a hâte de connaître enfin l’identité du mystérieux Rochnan, d’en découvrir un peu plus sur la véritable ascendance du Scorpion, on se doute bien que tout n’a pas encore été tiré au clair et que des rebondissements sont à prévoir. A peine ce quatrième tome refermé que l’on attend avec impatience le cinquième !

Charlotte Volper

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