Le Double Corps du Roi
de Ugo Bellagamba et Thomas Day
aux éditions Folio SF
Genre : Fantasy

Auteurs : Ugo Bellagamba , Thomas Day
Couverture : Guillaume Sorel
Date de parution : mai 2007 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 278
Titre en vo :
Première parution : juin 2003

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L’édition poche d’un roman de Fantasy signé Thomas Day et Ugo Bellagamba.

On ne présente plus Ugo Bellagamba, auteur de nombreuses nouvelles, Prix Rosny 2005 pour la novella Chimères ! Le Double Corps du Roi est le deuxième roman qu’il co-écrit avec Thomas Day, père prolifique de La Cité des crânes (2005), de L’Instinct de l’équarrisseur (2002), et d’un nombre impressionnant d’autres œuvres.

Le
Double Corps du Roi a été initialement publié en 2003 chez Mnémos. La présente édition au format poche est revue et corrigée par les auteurs.

L’armure du salut

La société Démétérienne organisée suivant trois des quatre éléments, passe du jour au lendemain du règne souple d’un roi progressiste au joug militaire d’
Absû Déléthérion, un général magmatique avide de pouvoir.

Le tyran n’a aucun mal à s’imposer par la force, mais l’amour du peuple et la légitimité restent hors de sa portée. Seul l’Héraklèion, l’armure symbolique et sacrée, dépositaire de la mémoire des souverains du passé, pourrait lui conférer le droit de régner.

Hélas, l’armure est entre les mains d’Egée Seisachtéion, ex-amant et confident du roi Yskander. Sa mission est double : mettre à l’abri l’objet convoité et retrouver Eiroénée, la fille naturelle du monarque assassiné pour la convaincre de sauver Déméter. Mais l’héritière qui vit dans la Canopée, le royaume de la sylve, se moque bien du destin d’un peuple qui lui est étranger.

Dualité à tous les étages

L’histoire du
Double Corps du Roi porte la marque du chiffre deux.

Deux auteurs tout d’abord, dont on discerne mal les apports respectifs, si ce n’est par certains thèmes.

Les deux corps ensuite, plus clairement séparés encore, lorsque l’homme qui dirige Déméter est un régent sanguinaire aux ambitions délétères, à l’opposé de l’armure de cristal toute de pureté et de transparence.

Nombre de personnages clés sont déchirés : entre deux mondes, mais aussi, souvent, entre deux désirs contradictoires.

Double niveau de lecture également puisque, non content d’être un récit épique
, ce roman est l’illustration du concept de théologie politique développé par Ernst Kantorowicz dans le presque homonyme Les Deux Corps du Roi. L’historien, dans cet essai paru en 1957, éclaire sur ce qu’est un roi : d’une part, un être humain de chair, imparfait et mortel, d’autre part un corps mystique, à la fois lien de structuration politique et objet religieux. L’Hérakléion n’est autre que la matérialisation de ce second corps.

Ainsi, dans Le Double Corps du Roi, ce sont deux conceptions de l’Etat qui s’opposent. L’aventure d’Egée et de ses alliés devient alors une lutte désespérée pour donner naissance à un régime qui ressemble étrangement à l’idéal démocratique.

Fantasy
en rouge et vert

Si l’univers qui sert de théâtre à la quête de l’Hérakléion place incontestablement ce roman dans le rayon « Fantasy », on aimerait pourtant nuancer ce classement.
L’intrigue, imprévisible, et la complexité des enjeux secondaires lui donnent une profondeur remarquable. L’ouvrage brille également par la beauté de la langue : stylée, précise, poétique et colorée.

On passe du vert foisonnant de la Canopée au rouge martial des patrouilles de soldats, du vert de l’espoir au rouge de la guerre et du sang.

Le Double corps du Roi est une lecture captivante, que l’on déconseillera toutefois aux âmes sensibles. Elles ne manqueraient pas d’être heurtées par le réalisme extrême de certaines scènes d’assassinats, de batailles ou de torture, qui ne sont épargnées à personne, pas même aux héros.

Ketty Steward

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