Le Manuscrit interdit, tome 1
( Le Manuscrit interdit 1 )
de Paolo Grella et Roberto Dal Pra’
aux éditions Delcourt
Genre : Polar
Sous-genres :
  • Esotérique

Scénariste : Roberto Dal Pra’
Dessinateur : Paolo Grella
Date de parution : juin 2009 Réédition
Langue d'origine : Italien
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 56
Titre en vo :

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Une série qui mélange polar et ésotérisme

Roberto dal Pra’ est né à Rome en 1952. Il fait ses débuts de scénariste dans les années quatre-vingt, en collaborant à des revues de BD comme Heavy metal ou Pilote. On lui doit aussi des collaborations avec des dessinateurs comme Juan Gimenez ou encore Milo Manara. Paolo Grella signe quant à lui son premier album avec cette série, dont le premier volume est déjà paru sous le titre L’Ombre du temps (Robert Laffont, 2007).

Le monde après-guerre

Dans les années cinquante, au moment où la Chine envahit le Tibet, l’anthropologue américain Egon Bauer découvre à Lhassa un manuscrit qui pourrait révolutionner les Saintes Écritures. Sa fille Elen, restée aux États-Unis et sans nouvelles de lui depuis quelque temps, part pour le Tibet à sa recherche en compagnie du détective Kevin McBride.

Ce premier volume retranscrit bien l’époque des années cinquante, et le dessin, plus proche de l’illustration, contribue à l’atmosphère et au charme désuet de l’ensemble. L’arrière-plan mystique ajoute un ton fantastique à cette série qui met en place la Chine comme puissance montante qui tente d’imposer son joug sur le Tibet. Sans compter la suspicion et l’atmosphère de délation qui règne à la même époque aux USA, qui est bien rendue et met dans l’ambiance.

En quête de connaissance

On pourra regretter un certain manichéisme, avec les chinois présentés comme des brutes sanguinaires massacrant sans distinction les tibétains, présentés eux comme des moines pacifiques et sans histoire. Mais cela rend compte des préjugés et avis définitifs qu’on pouvait se faire à l’époque, ce qui confère un certain réalisme au monde décrit, un monde de guerre froide où la xénophobie et la peur de l’autre sont de mise. Le héros, un roublard désabusé et cynique, évoque un détective de roman noir, mâtiné d’aventurier intrépide à la Indiana Jones.

Une bonne série qui met l’accent sur la situation géopolitique de l’époque avec un soupçon d’ésotérisme, sans que la cohérence en soit compromise : un bel album pour cette série prévue en trois volumes.

Tony Sanchez

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