Le Miroir de ses rêves
( L’Appel de Mordant 1 )
de Stephen R. Donaldson
aux éditions Folio SF
Genre : Fantasy

Auteurs : Stephen R. Donaldson
Couverture : Philippe Gady
Traduction : Valérie Dayre
Date de parution : janvier 2005 Réédition
Langue d'origine : Anglais US
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 636
Titre en vo : The Mirror of Her Dreams
Parution en vo : janvier 1986
Première parution : janvier 1989

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Un brin de philosophie dans de la fantasy

Stephen R. Donaldson est très peu connu en France. Né en 1947, il a fait ses débuts littéraires en 1977. Parmi les romans qu’il a écrit, on se souviendra tout particulièrement des Chroniques de Thomas l’incrédule ou bien encore Le Cycle des Seuils. En ce début d’année, on le redécouvre en France avec L’Appel de Mordant paru aux Etats-Unis en 1986.

Miroir, mon beau miroir, dis-moi si je suis réel ?

Térisa Morgan est une jeune New-Yorkaise tellement discrète qu’elle se demande même si elle existe aux yeux des autres. Sa vie sans intérêt en plein milieu de New York lui laisse penser qu’elle peut disparaître à tout moment sans manquer à quelqu’un. Aussi, pour se convaincre de son existence, elle vit entourée de miroirs. Quelle n’est donc pas sa surprise lorsqu’elle voit apparaître un homme, Géraden, au travers d’un de ces miroirs ! D’autant plus que cet homme requiert vivement son aide pour sauver son monde. Son aide à elle alors qu’elle se trouve insignifiante ! Sa plus grande surprise est d’accepter et de partir pour le pays de Mordant où elle va découvrir une toute autre réalité. Dans ce monde aux allures médiévales, les miroirs ne reflètent pas une image mais ouvre une porte vers d’autres mondes. Térisa va devoir faire face à sa nouvelle vie. Et surtout se révéler à elle-même.

Un genre plutôt surprenant qui donne à réfléchir

Le cycle de L’Appel de Mordant fut écrit en 1986, ce qui est assez étonnant par rapport au style. En effet, les contemporains de Donaldson sont David Edding ou encore Tad Williams qui, à cette époque, écrivent plutôt de la fantasy épique avec un élu et une quête. Ici, on a plutôt affaire à une fantasy plus introspective avec des intrigues de palais et un héros, ou une héroïne, qui n’a pas demandé à être là. C’est un genre avant-gardiste pour l’époque qui se rapprocherait plus des romans de Feist ou de Robin Hobb. Une petite mise en garde, ce tome est là pour mettre en place la situation, il ne s’y passe donc pas grand chose de réellement captivant en 600 pages. Mais c’est normal car Térisa, tout comme le lecteur, se retrouve catapultée dans un monde qu’elle ne connaît même pas et qui est sur le point de basculer dans la guerre. C’est avec un souci du détail et de rigueur que Donaldson rend crédible son histoire. Chaque personnage est touchant soit par sa naïveté, soit par sa folie. Même si certaines situations ont tendance à nous agacer un peu. J’espère seulement qu’après avoir posé les bases de l’histoire, cette dernière s’envolera avec le deuxième.

Pierre Demetz

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