Le Monstre
( Daffodil 3 )
de Giovanni Rigano et Frédéric Brrémaud
aux éditions Soleil
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Vampire

Scénariste : Frédéric Brrémaud
Dessinateur : Giovanni Rigano
Couleurs : Paolo Lamanna
Date de parution : août 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo :

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De plus en plus noir

Né en 1973 à Séoul, Frédéric Brrémaud (avec deux "r" s’il vous plaît) s’est distingué en bande dessinée avec plusieurs séries dans des genres très différents : Robin Hood, Aliénor, Sexy Gun, Les Légions de Fer et Daffodil. Pour ce dernier cycle, il est accompagné d’un italien de trente ans : Giovanni Rigano. Comme beaucoup de ses compatriotes dessinateurs, il est passé par l’académie Disney, ce qui explique son style dans le premier album, un style très enfantin. Un style surtout qu’il perd peu à peu comme le prouve Le Monstre. Il a également collaboré à la série Monster Allergy.

Un mystérieux comte vampire

Le Comte Berlusk a la main lourde. Ce vénérable vampire a tué en quelques semaines pas moins de vingt-huit personnes, s’attirant les foudres du parlement des vampires. Daffodil, Achille et Globuline sont donc envoyées directement sur place pour l’occire proprement. Mais une fois dans sa demeure, les trois jeunes et jolies vampires sont confrontées à l’inattendu.

Plus trash

Si le premier tome de Daffodil semblait mignon tout plein, ce troisième confirme que Rigano s’oriente vers un trait beaucoup plus trash et précis. Finies les figures enfantines de ses héroïnes. Elles ont désormais des traits assez durs et le sang ne s’arrête plus de gicler à gros bouillons au fur et à mesure qu’elles croquent leurs ennemis. Un changement de ton qui va encore plus loin que le deuxième tome dans lequel le virage s’amorçait déjà. Ici tout est véritablement sombre, que ce soit au niveau des ambiances ou au niveau du récit, en passant par le caractère lui-même des héroïnes. Les trois filles apparaissent parfois malsaines dans leur bonheur et leur envie de boire du sang frais. Et si leur style est toujours dérivé des lotitas goths avec des corps encore très adolescents (en tout cas pas vraiment féminins), il devient lui aussi plus cruel. Rarement une série n’aura autant changé de ton et de graphisme en cours de route tout en gardant les mêmes dessinateurs et scénaristes. L’humour et l’érotisme ont laissé en grande partie la place au glauque...

Une fois ces changements assimilés, le récit de ce drôle de one shot tient plutôt la route à condition d’aimer les ambiances très sombres et pourpres, couleur sang. Quant au dessin, Rigano manque un peu de précision, comme si en faisant évoluer son style il se cherchait encore. On en ressort pas franchement convaincu de ses intentions. Pas sûr que la série ait gagné avec le virage que les deux auteurs ont amorcé. Une chose semble toutefois sûre. S’il y a un quatrième tome, il faudra de nouveau s’attendre à pas mal de changements et de surprises. Daffodil est une série dont on ne peut guère pronostiquer la suite. Et c’est plutôt rare en bande dessinée.

Jérôme Vincent

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