Le Soldat rose
( 1 )
de Louis Chedid et Pierre Dominique Burgaud
aux éditions Hachette
Genre : Fantastique
Sous-genres :
  • Contes

Auteurs : Louis Chedid , Pierre Dominique Burgaud
Couverture : Cyril Houplain
Illustrations : Cyril Houplain
Date de parution : novembre 2006 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 64
Age minimum : 4 ans
Titre en vo : 1
Cycle en vo : Guin Saga

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Un petit soldat qui avait une drôle de couleur... (Et des peines de coeur)

Joseph n’a pas envie de grandir et de troquer ses rêves d’enfant contre des songes de plus en plus riquiqui pour échapper à ça, il se fait enfermer au rayon des jouets dans un grand magsin. Quand tous les clients sont partis, que la voix du grand magasin s’est tue, que les lumières se sont étéintes, le rayon commence à s’animer et Joseph va rencontrer tous les habitants de cette étrange contrée.
En premier lieu, un soldat rose qui parce que son habit rose fait ricaner les garçons et sa mitrailette (pourtant rose elle aussi) dégoûte les filles est abandonné dans ce rayon depuis des années sans qu’aucun enfant n’ait jamais été tenté de l’acheter. Mais aussi, une poupée qui truque les étiquettes pour dissuader les consommateurs d’acheter les jouets qui ne veulent pas qu’on les sépare. Un conducteur de train dingue de swing et de grande visite, un savant fou aux expériences toujours ratées, un couple royal en perpétuelle dispute, une terrible panthère noire...affamée de câlins...

“Vous m’avez appris beaucoup de choses”...ou pas tant de choses que ça... mais vous m’avez fait rire et pleurer

En écoutant les histoires des uns et des autres, Joseph comprendra que grandir n’est pas le pire des malheurs et que ça ne vaut pas la peine d’inquiéter inutilement ses parents.
Avec la différence du soldat rose ou le témoignage poignant de “Made in Asia” sur l”exploitation des enfants dans l’usine asiatique, les auteurs ont mêlé au propos fantastique du Soldat rose des sujets plus graves. Exercice toujours périlleux et ce d’autant plus qu’au milieu d’une galerie de personnages assez facétieux et dans un monde merveilleux, cette intrusion de la dure réalité passe facilement pour un saupoudrage de bons sentiments.

Une jolie histoire servie par ses illustrations

Mais dans un conte destiné à des jeunes enfants , le dosage entre rires, larmes et éléments de sensibilations est plutôt réussi.
Réussie également est l’alchimie entre la tendresse, le décalé et le rigolo qui se dégagent des illustrations de Cyril Houplain. Les poupées sont à croquer bien qu’un peu mélancoliques, le savant semble s’être inventé lui-même, le soldat force la sympathie, la panthère appelle à la caresse, Betti Quette est stupéfiante de détermination, le roi et la reine sont pétris d’arrogance...

Et malgré une fin trop “rose” bonbon, ou rose forcé, les générations se retrouveront autour de ce livre qui brasse les thèmes des contes de toujours : la peur de grandir (l’ombre de Peter Pan n’est pas loin), la douleur d’être séparé des siens, l’absurdité de certains conflits (la reine pourrait croiser le fer avec la reine de coeur d’Alice), la difficulté à dépasser sa différence et à apprivoiser les gens que l’on rencontre...

Nathalie Ruas

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