Le Syndrome de Salem
( Les Démons d'Alexia 4 )
de Benoît Ers et Dugomier
aux éditions Dupuis
Genre : Fantastique

Scénariste : Dugomier
Dessinateur : Benoît Ers
Couleurs : Scarlett Smulkowski
Date de parution : septembre 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo :

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La fin du premier cycle

Benoît Ers et Dugomier sont deux auteurs de bande dessinée qui ont décidé de faire un bout de route ensemble. Ils ont déjà réalisé les six tomes de Muriel et Boulon, une série plutôt humoristique. Auparavant Dugomier avait signé des albums de Benoît Brisefer, Les Jeux sont faits et du Marsupilami. Avec Les Démons d’Alexia, ils ont changé de registre avec une intrigue qui, pour une fois, tire plutôt sur le fantastique avec une héroïne partagée entre des dons de sorcière et des dons d’exorciste...

Balade quasi-mortelle en Yorthopia

Toujours tiraillée entre les deux aspects de sa personnalité (Sorcière/Exorciste), Alexia s’est aventurée dans le monde mystérieux de Yorthopia avec comme espoir de trouver des indices sur son passé, et peut-être se réconcilier avec elle-même. Mais la balade est difficile, presque mortelle pour elle. Epuisée, blessée, elle n’évite la mort que grâce à un mystérieux sauveur. Du côté du Centre de Recherche des Phénomènes Surnaturels qui l’emploie, son voyage en Yorthopia déclenche tout un tas d’événements tragiques, à commencer par une grosse colère de l’actuel directeur.

Une fin de cycle plutôt sombre

Les Démons d’Alexia est une série plutôt sombre. Une noirceur que confirme ce quatrième et dernier tome. La cruauté du directeur du CRPS, sa folie et les meurtres qui en découlent donnent une tonalité très glauque à l’album. Même chose pour les sévices qu’endure Alexia dans Yorthopia. Il s’en dégage une vraie tension qui ménage le suspens jusqu’au bouquet final. Une ambiance pas forcément rendue par le dessin, le trait étant dans la ligne "franco-belge" avec des visages assez expressifs et presque "naïfs" au repos. De ce côté-là, on a plus souvent l’habitude de voir ce genre de dessins dans des albums humoristiques que dans des BD donnant dans le thriller fantastique. Néanmoins, au bout de quatre tomes, on a eu le temps de s’y habituer. Les couleurs restent également assez légères et claires, même si le cadrage est resséré sur les personnages et que les auteurs ont mis un maximum de cases dans chaque planche (jusqu’à une bonne quinzaine par page). Une manière supplémentaire de donner un peu de suspens à l’intrigue et d’accrocher le lecteur (en l’empêchant de "sortir" visuellement du récit en s’arrêtant sur des détails en dehors de la tension par exemple).

Au final, on est assez séduit par cette série. Elle possède le charme d’une intrigue plutôt orginale avec ce qu’il faut d’émotion et de fantastique pour nous mener d’un bout à l’autre des quatre albums. L’héroïne a en plus quelque chose d’attachant dans le combat qu’elle mêne contre les deux parties de sa personnalité. En même temps, elle a également une fraîcheur et un sourire une fois les épreuves passées qui donnent des instants assez légers, la tension retombant un peu. Une série de fantastique accrocheuse pour se faire plaisir sans se faire peur. Un bon point en attendant un deuxième cycle qui nous est déjà annoncé. A noter pour finir un dossier plutôt intéressant à la fin de ce quatrième tome sur Le Cercle des Clavicules, un groupement né au XVIIème siècle et enquêtant sur les phénomènes inexpliqués et étranges (comme les Sorcières de Salem) pour comprendre les mystères du monde. Un cercle qui est à l’origine du CRPS que les auteurs ont inventé pour leur série. En tout cas ce dossier ajoute un vrai plus aux  Démons d’Alexia en ajoutant un peu d’Histoire et de réel. Passionnant !

Jérôme Vincent

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