Le tueur aux mangas, tome 1
de Chris Lamquet et Yann Le Pennetier
aux éditions Casterman
Genre : Policier

Scénariste : Yann Le Pennetier
Dessinateur : Chris Lamquet
Date de parution : septembre 2012 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 48
Titre en vo :

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De bonnes idées gâchées par une mise en scène confuse...

Yann le Pennetier, plus connu sous le nom de Yann, est un scénariste prolifique : il a notamment travaillé sur Thorgal, XIII, Spirou et Fantasio. Il est accompagné par Chris Lamquet, à la fois dessinateur et scénariste. On lui doit une trentaine d’ouvrages de bande-dessinée dont la série Alvin Norge (Le Lombard) ou encore l’Amour hologramme (Casterman).

Un tueur en série...

Dans un parc de Bruxelles, la jeune Zoé fait une découverte macabre : un tronc humain sur lequel on a gravé quelques mots de japonais... Elle prend le cadavre en photo sur son téléphone mobile, mais, contre toute attente, ne s’adresse pas à la police : quel meilleur sujet d’enquête que ce vrai meurtre pour le Bruxelles Detective Ritual, le club de détectives amateurs qu’elle a créé avec une bande de copains ?

qui s’inspire de Death Note

Premier volet d’un diptyque, les auteurs se basent sur un fait divers survenu en Belgique : des fans de mangas ont maquillé un crime en s’inspirant de Death Note. Ils le transposent dans une nouvelle trame, tout en gardant les éléments de départ de l’affaire. Ce qui pouvait être une bonne idée est gâché par des clichés enfilés comme des perles : que ce soit sur les mangas (entre les otakus et la mangaka habillée façon cosplay, on est servi...) ou les méthodes de la police, qui ressemblent à un épisode mal digéré des experts. Les dialogues s’enchaînent mal la plupart du temps, beaucoup de répliques tombent comme un cheveu sur la soupe, et la lecture finit par devenir fastidieuse, l’album étant très bavard.

L’auteur superpose plusieurs couches de récit : celui du manga, celui de l’époque où le crime se déroule, et celui lié au mystérieux passé de la mangaka. Les extraits du manga évoqué dans l’histoire sont d’ailleurs dessinés à la japonaise, ce qui permet aisément de les distinguer de la trame principale, dessinée dans la plus pure tradition franco-belge. Le problème de cet album n’est pas tant la multiplication des couches de lecture, que la façon dont elles sont exploitées : on a l’impression que l’auteur a beaucoup de choses à dire et partager, mais qu’il ne maîtrise pas son trop plein d’idées, avec pour résultat des dialogues explicatifs beaucoup trop longs, qui nuisent à la fluidité de la narration. Les détectives amateurs sont ainsi particulièrement agaçants, avec une façon de parler qui manque de naturel, à trop vouloir "faire jeune".

Si Bruxelles est particulièrement bien représentée dans toute sa diversité, et si l’insertion de dessins au style manga apportent une touche exotique supplémentaire, le découpage est un peu trop nerveux et participe à la confusion de l’ensemble. La fin de ce premier volet est par contre plutôt efficace et gomme les défauts mentionnés plus haut, en espérant que la suite poursuive dans cette voie.
 

Tony Sanchez