Les Chemins de Damas
( Cycle Prophéties 3 )
de Pierre Bordage
aux éditions Livre de Poche
Genre : SF
Sous-genres :
  • Anticipation

Auteurs : Pierre Bordage
Date de parution : octobre 2007 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 512
Titre en vo :
Première parution : mai 2005

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"L’Europe était devenue une immense page blanche et glacée sur laquelle la vie avait cessé de s’écrire."

Ainsi, se termine La Trilogie des Prophéties. Après L’Évangile du serpent (Prix Bob Morane, 2002) et L’Ange de l’abîme, Pierre Bordage reprend la continuité chronologique de sa trilogie angoissante sur un futur proche plutôt sordide.

Comme dans les volumes précédents, Pierre Bordage nous dévoile encore sa vision pessimiste de notre futur, un futur où règnent l’horreur, l’intolérance et la violence. Peut-être avec une légère note d’espoir, une flammèche qui tente de brûler alors que des millions de gens soufflent dessus pour l’éteindre sans même avoir conscience de leur geste.

"Avant c’étaient les hordes d’Européens qui allaient claquer leur fric dans les pays du Sud, aujourd’hui, c’est l’inverse. La roue tourne. L’Europe est un pays en fin de développement, en voie de disparition."


La guerre entre l’Europe et le Moyen Orient est désormais terminée. Elle s’est soldée par l’affaiblissement, la dévastation de ces deux continents. L’Europe vit les derniers instants de sa vie : insécurité, ultra libéralisme, inégalités sociales, peur. La vie tient plus de la survie. Les évangélistes en provenance des Etats-Unis en profitent pour prendre du pouvoir et instaurer une religion mensongère qui s’appuie sur la faiblesse et la peur des gens. Ainsi, Pierre Bordage la décrit : "Dans une église stupide où l’on parle sans cesse du Christ mais où on n’aime pas le Christ."

Dans cette Europe déclinante, le lecteur suit Jemma, une mère à qui on a enlevé sa fille unique. Elle part avec Luc, journaliste qui enquête sur la multiplication des disparitions d’enfants : la rumeur parle d’une mystérieuse armée d’enfants à Damas. Mais pour aller jusque là-bas, il faut traverser l’Europe, éviter les différentes mafias, les voleurs... Un voyage long et dangereux.

Comme dans L’Ange de l’abîme, Pierre Bordage insère dans cette histoire, des extraits de vie, des parcours de gens amochés : un flic qui tente de démasquer un trafic d’organes, une femme flic obligée de jouer les Mata Hari, une idéaliste qui sacrifie sa vie pour une image, un ancien militaire qui ne cherche que la vengeance... Des instantanés sur des personnes prisonnières de leur vie, issues de différents milieux avec des rêves divergents, et toutes vouées à la désillusion.

"Juste une putain d’explosion de vie !"

Dans cette science-fiction prospective, Pierre Bordage se lâche. Sans fioriture, il nous offre une vision sombre et pessimiste sur la nature humaine. Même si certains passages offrent aux lecteurs des instants de tendresse, de compassion, l’ensemble du roman reste glauque.

Il s’attaque à tous les travers de l’homme (
"Elle enrageait d’être une femme, une stupide femme, dans un monde régi par les hommes, leurs bites et leurs armes."), et de la femme aussi et ce, sans aucune restriction.

Pourtant, ce dernier volet de la trilogie est décevant, en tout cas sur la fin. Pierre Bordage semble reposer une grande partie de son intrigue sur l’armée des enfants. Tout le long du roman, il fait monter le suspens, prépare le terrain... Mais le dénouement tombe comme un cheveu dans la soupe : un mélange de mysticité et de fantastique venu d’on ne sait où. La fin n’est pas vraiment une fin. Et on se retrouve à chercher les pages manquantes du récit, à relire les dernières pages pour voir si on n’est pas passé à côté de quelque chose. L’auteur aurait-il perdu son inspiration sur la fin ?

Laure Ricote

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