Les Enfants Sauvages
( Mary Céleste 1 )
de Marc-Renier et Rodolphe
aux éditions Albin Michel
Genre : Récit graphique

Scénariste : Rodolphe
Dessinateur : Marc-Renier
Date de parution : avril 2007 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Album
Nombre de pages : 58
Titre en vo :

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Dure leçon de vie

Marc-Renier n’est pas un inconnu des amateurs de bandes dessinées. Il nous a offert depuis plus de vingt ans de nombreux dessins d’albums de qualité ( citons parmi d’autres les séries Black Hills et Le Masque de Fer).
Quant à Rodolphe, difficile de le présenter encore. la liste de ses scénarios est longue et ne cesse de continuer à s’allonger, frisant peut-être la centaine. Il a une prédilection particulière pour l’écriture de séries (Kenya, La Maison-Dieu, L’Autre Monde, ...) et possède la qualité de savoir s’associer avec des dessinateurs de talent.

De Charybde en Scylla

Pour Mary, qui a 12 ans, la mort de ses parent est un drame. Devoir aller vivre désormais dans le manoir de son oncle, perdu au fond de la forêt allemande est une nouvelle épreuve qu’elle accepte toutefois sans trop rechigner. Pourtant la situation se dégrade encore rapidement : sa gouvernante est renvoyée et elle se sent perdue.
Son seul ami est le fantôme d’un jeune garçon. persuadée que son oncle lui veut du mal, elle s’enfuit du château en laissant son ami. Mais une jeune fille n’a aucune chance seule dans les bois en plein hiver. Elle rencontre de nouveaux amis, une bande de jeunes voleurs. Pourtant eux aussi seront victime de cette malédiction attachée aux pas de Mary et qui fait disparaître tous ceux qu’elle aime.
Une nouvelle fois en fuite, elle est ramassée par un couple d’aubergistes qui semble parfois avoir des velléités agressives envers leurs clients. Mary s’en sortira-t-elle cette fois encore ?

Inclassable

Cet album ressemble très peu à la production habituelle de bandes dessinées. En particulier les méthodes graphiques employées (aquarelle rehaussée à l’encre) nous plongent au coeur de cette forêt glaciale et vide, nous font arpenter le manoir sombre et humide comme si nous y étions vraiment. La réalisation est excellente et on pourrait tirer notre chapeau au graphiste s’il n’y avait les personnages. En particulier leurs visages... Il est désagréable de voir au fil des pages le visage de l’héroïne varier entre douze ans (son âge) et une maturité dépassant les trente ans. Sur une page, elle semble avoir le même âge que sa mère !
En ce qui concerne le scénario, malgré tout le respect que j’ai pour le génial auteur qu’est Rodolphe, c’est un peu l’inverse : dans un océan de déception se retrouvent parfois des îlots d’idées intéressantes. Mais pour cela, il nous faut supporter une série de poncifs éculés : l’arrivée au château à la Bram Stoker, le gentil fantôme et le méchant oncle, les gentils brigands et les méchants gendarmes, des aubergistes genre Ténardier qui virent à l’auberge rouge... Un peu comme si le scénariste n’avait rien à dire, mais le besoin de remplir des pages. C’est d’autant plus dommage que le travail de son complice est, lui, soigné et se démarque des dessins habituels.
Il est vrai (on le dit souvent) qu’il s’agit d’un album d’introduction et donc que l’histoire n’y est pas encore avancée... Je l’entends bien, mais est-ce une raison pour ennuyer le lecteur qui, à la fin du volume, ne sait toujours pas ce que veulent raconter les auteurs ? Impossible de savoir ce que donnera la série, mais d’ors et déjà, j’ai l’impression qu’il sera possible de commencer à la lire à partir du tome 2.

Pour faire court, c’est beau et c’est vain...

Jean Rébillat

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