Les Loups chantants d’Aurélie Wellenstein
de Aurélie Wellenstein
aux éditions Pocket
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Merveilleux & Terrifiant

Auteurs : Aurélie Wellenstein
Date de parution : mars 2018 Réédition
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Interview mail
Titre en vo :
Première parution : mai 2016

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A l’occasion de la sortie en poche des Loups chantants aux éditions Pocket, Aurélie Wellenstein revient sur son roman dans une interview.

Actusf : Les Loups chantants est votre 4ème roman, de quoi cela parle-t-il ?
Aurélie Wellenstein : Dans une Sibérie fantastique, un petit village est protégé des monstres par un Blizzard constant. Mais cette barrière n’a pas pu retenir Asya, le grand amour de Yuri, héros de cette histoire. Attirée par les hurlements des loups, la jeune fille a disparu. Incapable de faire son deuil, Yuri est persuadé qu’elle est toujours en vie quelque part.
Bientôt, c’est sa propre sœur qui est menacée. Sa peau se recouvre de cristaux de glace. Déterminé à la sauver, Yuri prépare son attelage de chiens de traîneaux. Ils s’enfoncent dans le Blizzard, pour un long périple semé d’embûches, les loups chantants à leurs trousses. Ces créatures sont capables, par le chant, de hanter les hommes. Et très vite, la louve alpha s’infiltre dans les pensées de Yuri pour lui révéler un terrible secret : elle est Asya, son amie, celle que tout le monde croyait morte.
Est-ce la vérité, un piège ou bien Yuri est-il en train de devenir fou ?

Actusf : Les Loups chantants comme La Mort du temps et Le Roi des fauves, abordent les thèmes de la transformation et de la quête (initiatique). Cela semble être des sujets qui vous tiennent à coeur, pourquoi ?
Aurélie Wellenstein : C’est difficile de répondre à cette question sans spoiler. Disons que Les Loups chantants, à travers la métamorphose en animal, demandent à Yuri : qu’est-ce que tu veux vraiment faire de ta vie ? Devenir un loup, c’est retrouver sa vie instinctive – celle que tuent à petit feu nos sociétés. Il s’agit de faire remonter son âme sauvage, hurler, chanter... Du moins, c’est une part du prisme. Parce que l’histoire des Loups chantants est particulièrement ambivalente. En miroir de cette promesse faite par la louve, il y a un reflet noir. Tout est double. Jusqu’à la fin, le personnage – et le lecteur – va devoir tenter de faire la part des choses entre le vrai et le faux.

"Je suis assez instinctive. J’aime que l’intrigue prenne les rênes et je me laisse emporter."

Actusf : Comment construisez-vous votre intrigue ? Des inspirations en particulier d’autres récits ou auteurs ?
Aurélie Wellenstein : Je construis toutes mes histoires selon les principes de la structure en trois actes. Ça me convient bien. Je trouve ce découpage efficace. Ensuite, je laisse l’histoire se dérouler librement entre ces jalons très lâches. Je suis assez instinctive. J’aime que l’intrigue prenne les rênes et je me laisse emporter. Écrire dans l’ivresse, la catharsis.
Les Loups chantants ont été principalement irrigués par ma lecture de Femmes qui courent avec les loups, un essai que je recommande à tout le monde. Bien entendu, l’aspect aventure en traîneaux fait écho à mes lectures de Jack London. Cependant, au premier chef, j’y ai mis beaucoup de moi-même. C’est sans doute mon roman le plus personnel. 

Actusf : Quelle est la part de l’influence des mythes dans votre intrigue (Amarok, Korochun, etc.) ?
Aurélie Wellenstein : Les Loups chantants sont clairement inspirés par les sirènes, qui attirent leurs proies par leurs chants. Pour le reste, j’ai mis en scène plusieurs créatures méconnues du folklore russe, couplées à des inventions personnelles.

"Bref, je trouve formidable que le roman soit de nouveau mis en valeur en librairie, et que le prix réduit permette peut-être aux lecteurs de l’acquérir à moindres frais."

Actusf : Quel effet cela fait de le voir sortir en poche ?
Aurélie Wellenstein : C’est génial ! Un bonus incroyable. Franchement, on m’aurait dit il y a quelques années que je serai un jour éditée chez Pocket, je n’y aurais pas cru. Chez moi, j’ai plusieurs étagères de Pocket imaginaire, la collection grise, et bien entendu, je me suis amusée à y ajouter le mien entre Pratchett et China Mieville... Désolée, c’était la minute mégalomaniaque. Bref, je trouve formidable que le roman soit de nouveau mis en valeur en librairie, et que le prix réduit permette peut-être aux lecteurs de l’acquérir à moindres frais.



Actusf : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre prochaine parution ?
Aurélie Wellenstein : Le Dieu-oiseau paraît le 15 mars en grand format chez Scrineo. Pour moi, il est dans la lignée du Roi des fauves. Il a un côté très sombre, direct, brutal, et disons que j’étais un peu dans le même état d’esprit quand je l’ai écrit. Pourtant, les ambiances n’ont rien à voir (mythologie nordique dans le Roi des fauves, aztèque dans Le Dieu-oiseau) et les personnages non plus. En fait, je voulais travailler sur le traumatisme psychique en fantasy. Plus exactement, sur l’état de stress post-traumatique. Souvent, les personnages de nos récits en prennent plein la tête, et on a tendance à s’attarder sur les blessures physiques au détriment des conséquences psychologiques. Dans Le Dieu-oiseau, quand le roman commence, le héros est déjà brisé par son passé, par des événements terribles. L’histoire va lui donner la possibilité de rendre les coups, de se battre pour se reconstruire, et de se venger peut-être. Mais est-ce vraiment cela qu’il souhaite, au fond ?

"En fait, je voulais travailler sur le traumatisme psychique en fantasy. Plus exactement, sur l’état de stress post-traumatique."

Actusf : Quels sont projets en cours et à venir ?
Aurélie Wellenstein : Avec le décalage éditorial, je travaille déjà sur les projets 2019. Cette année, je dois normalement commencer à collaborer avec l’illustratrice qui va faire les dessins de Boréal, le dragon-soleil, mon album de fantasy pour la jeunesse. Je pense que ça va être une super expérience !
Côté roman, j’écris Mers mortes (titre provisoire), un récit étrange où les océans massacrés reviennent hanter les hommes sous la forme de marées fantômes.

Actusf : Où pourra-t-on vous rencontrer dans les mois à venir ?
Aurélie Wellenstein : Pour la première partie de l’année :

- Salon du livre de Paris, 17 mars 2018, 16h-18h

- Imagina’livre, 23-25 mars 2018, à Toulouse

- Les Futuriales, le 5 mai 2018, à Aulnay-sous-Bois

- Les Imaginales, 24-27 mai 2018, à Épinal

Estelle Hamelin