Les Neuf Sorcières
( Le Roi d’Ys 2 )
de Karen Anderson et Poul Anderson
aux éditions Livre de Poche
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Historique

Auteurs : Karen Anderson , Poul Anderson
Couverture : Marc Simonetti
Traduction : Jean-Daniel Brèque
Date de parution : octobre 2009 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 328
Titre en vo : Gallicenae
Cycle en vo : The King of Ys
Parution en vo : janvier 1987

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Trop de détails tue l’intrigue

Poul Anderson est un auteur dont la production est aussi importante que variée, allant du Space Opera (La Patrouille du temps, le métacycle The Technic History...) à la fantasy pure (Trois Coeurs, Trois Lions, The Merman’s Children) mais surtout la reprise de sagas et légendes scandinaves, que ce soit sous la forme de reprises, tels La Saga de Hrolf Kraki, The Fox, The Dog and the Griffin ou The War of the Gods, ou intégrées dans des histoires avec des éléments de science-fiction (par exemple The Sorrow of Odin the Goth). Bien qu’il ne s’agisse pas d’une légende scandinave, Le Roi d’Ys rentre dans la première catégorie, étant une adaptation romancée, mais soutenue par une bonne quantité de recherches historico-littéraires préalables, d’un conte cautionnaire sur la paresse et le vice qui remonte au moins au Moyen-Âge. Il a été écrit en collaboration avec sa femme Karen, comme beaucoup d’autres de ses romans. Cette tétralogie (1986-1988) est l’une de ses dernières séries (seules la tétralogie Harvest of Stars qui date de 1993 à 1997, est plus récente), mais furent encore publiées avant sa mort en 2001 ou de manière posthume le second volume de Operation Otherworld (1999), ainsi que huit romans ne faisant pas partie de séries.

Armorique, 4e siècle

Gratillonius est devenu roi de la cité d’Ys après avoir vaincu en combat singulier l’ancien dirigeant. Sur les neufs reines que lui a donné la tradition, sa préférée, Dahilis, est morte en mettant au monde une petite fille, Dahut. Mais le monde autour d’Ys se transforme, les empereurs romains se succèdent dans des circonstances plus ou moins tragiques, et pour l’empire, le roi reste le simple centurion qu’il était, gouverneur d’une cité peut-être trop florissante, et en tout cas beaucoup trop païenne pour le goût d’un suzerain de plus en plus résolument chrétien. Gradlon doit louvoyer entre les Ysans, qu’il ne comprend pas toujours, et les autorités romaines et chrétiennes, dont il ne partage pas la foi. De leur côté, les tribus irlandaises et écossaises guerroient et s’allient. Un jour, celles qui ont été défaites par les Ysans seront prêtes à venir prendre leur revanche. Et pendant ce temps, Dahut grandit…

Trop de détails tue l’intrigue

Si l’on devait rapprocher cette trilogie d’un autre roman, ce serait des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley. Malheureusement, Poul Anderson et sa femme échouent à capturer ce qui avait fait le succès de celui-ci. Si les détails et l’intrigue sont aussi intéressants et originaux, la précision des descriptions, la multiplication des personnages sans nécessité réelle, la quantité de détails injectés dans le récit étouffent l’intrigue et l’intérêt que le lecteur pourrait porter aux personnages. Les passages sur les tribus irlandaises ne manquent pas d’intérêt en eux-mêmes, et leur style retrouve par moment celui des grandes sagas, mais ils restent insuffisamment développés pour être autre chose qu’une distraction par rapport au récit principal, déjà assez touffu. Tous ces éléments font que le lyrisme que l’on trouve dans d’autres romans des Anderson est ici complètement perdu dans la masse, et que les personnages, prétextes à une leçon d’histoire reconstituée, ne sont pas vraiment attachants ni intéressants. Par contre, les notes et surtout les cartes qui se trouvent en fin de volume s’avèrent extrêmement utiles, même si l’on n’y trouve pas tout.

La trilogie Le Roi d’Ys reste parmi les meilleures séries sur un sujet où les très mauvais volumes s’accumulent, mais part dans un peu trop de directions pour être lue avec un réel plaisir.

 

Magda Dorner