Les Rois-Dragons
de Stephen Deas
aux éditions J’ai lu
Genre : Fantasy
Sous-genres :
  • Dragons

Auteurs : Stephen Deas
Couverture : Johann Blais
Traduction : Florence Dolisi
Date de parution : février 2016 Réédition
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 1200
Titre en vo : Memory of Flames
Parution en vo : 2009
Première parution : 2009

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Autrefois maîtres du monde, les dragons sont maintenant réduits à l’état de montures pour les nobles humains des Royaumes du continent. Entre intrigues politiques et secrets perdus avec le temps, cette intégrale réunit les trois premiers tomes d’une fresque de fantasy sombre et entraînante.

Né en 1968, Stephen Deas est un romancier britannique de fantasy et de science-fiction. Après avoir travaillé comme ingénieur électrique dans les industries aérospatiales et de la défense, il est maintenant écrivain à plein temps. Parmi ses principales séries, seule celle des Rois-Dragons a été traduite en français à ce jour. Il a également contribué à une série de romans sous d’autres noms de plume comme Gavis Deas et Nathan Hawke.

Autrefois maître du monde, les dragons représentent non seulement les montures, mais la puissance des Rois-Dragons. Alors que les dix années de règne de l’Orateur, maître du conseil de tous les Rois et les Reines-Dragons, touchent à leur fin, les intrigues de cour font rage pour désigner son successeur. Pendant ce temps, un dragon s’éveille et prend conscience de l’asservissement de son espèce… Les Rois-Dragons réunit les trois premiers tomes de la série et bouclent l’arc narratif. Un quatrième tome, The Black Mausoleum, a été publié en 2012. Il n’est pas traduit en français à ce jour.

Les ingrédients d’une bonne œuvre de fantasy

Les Rois-Dragons réunit tous les ingrédients pour se plonger dans un bel univers de fantasy, sombre et mystérieux.

Tout d’abord, on y retrouve les intrigues politiques avec mariages, unions et trahisons de cour. Chaque chapitre suit un personnage différent et met en lumière un aspect particulier de la situation politique des Royaumes. Les personnages sont bien campés, réalistes et tout en nuances. Il n’existe pas de gentils ou de méchants, seulement des personnes poursuivant des intérêts différents.

Ensuite, tout un mystère se tisse au fil de l’histoire autour de l’origine des dragons. Alors que l’un d’entre eux retrouve sa conscience, nous sommes amenés à découvrir le passé de ce monde, la nature profonde des dragons, peut-être. Entre l’envie d’en découvrir plus et la tension de se sentir à l’aube d’un changement profond, la lecture est entraînante. Pris dans leurs intrigues politiques, les rois et reines-dragons sauront-ils prendre conscience de ce qu’il est en train de se tramer avec les dragons ? Et qui sont ces marchands taiytakei, venus d’outre-mer, qui s’intéressent tant à la puissance des dragons ?

Un scénario bien ficelé malgré quelques longueurs

Les ingrédients ne suffisent pas à faire une bonne histoire de fantasy, encore faut-il savoir les manier avec habileté. Stephen Deas y parvient sans difficulté, nous emmenant à dos de dragon pour suivre toute une galerie de personnages liés de près ou de loin au destin de ces Royaumes.

Ainsi, on suit plusieurs rois, reines et princes veillant à leurs intérêts tout en préservant la paix entre les royaumes. En parallèle, on suit des mercenaires, un écailleux, ces hommes et femmes qui veillent sur les dragons depuis l’éclosion de l’œuf jusqu’à la mort, des héritiers, des conseillers… Chacun apporte sa vision d’un monde en changement, fournit quelques pièces supplémentaires au puzzle qui permettra au lecteur de comprendre la situation globale à mesure que la conclusion se dessine.

Au niveau des mystères et des révélations, l’affaire est réussie. Entre retournements de situation, scènes d’action et révélations progressives, les trois tomes de cette intégrale se dévorent d’une traite et la fin apporte les réponses attendues, même si elle ouvre sur de nouvelles questions (un tome supplémentaire et une nouvelle trilogie, non traduits en français, continuent l’histoire de cet univers).

Le rythme en revanche est assez inégal d’un chapitre à l’autre. Comme souvent avec un livre si épais, l’auteur se perd parfois en détails et anecdotes autour de personnages parfois un peu trop secondaires. Mais si certains chapitres paraissent longs à la lecture, l’ensemble est prenant et met en scène un univers riche, travaillé et prometteur.


Si vous appréciez une fantasy adulte, sombre et parfois violente, dans un univers riche et mystérieux, cette intégrale saura vous occuper de nombreuses soirées. L’épopée est prenante et les codes habituels du genre – intrigues de cour, guerres, dragons – sont exploités de manière habile pour une histoire entraînante jusqu’à la dernière page.

Florie Vignon