Les Tours du Crépuscule – Tome 2
( Le Monde de Recluce 5 )
de L.E. Modesitt
aux éditions Mnémos
Genre : Fantasy

Auteurs : L.E. Modesitt
Couverture : Florent Maudoux
Traduction : Laurent Calluaud
Date de parution : mai 2006 Inédit
Langue d'origine : Anglais UK
Type d'ouvrage : Roman
Nombre de pages : 314
Titre en vo : The Towers of the Sunset
Cycle en vo : The Saga of Recluce
Parution en vo : janvier 1992

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Fin de la fondation du Royaume de Recluce

L.E.Modesitt est bien connu comme auteur de Fantasy outre-atlantique. Entre autres, on lui doit la Saga de Recluce (13 romans à l’heure actuelle), The Spellsong Cycle (5 tomes), The Corean Chronicles (5 tomes aussi). Il a aussi écrit une trentaine de livres de science-fiction, souvent regroupés par cycles comme ses histoires médiéval-fantastiques. Il est encore très peu publié en France, mais Mnémos s’est lancé dans la saga de Recluce en sortant déjà trois tomes. Les Tours du Crépuscule sort en deux volumes. Le premier (donc le quatrième volume de la série) est déjà publié. Celui qui nous intéresse ici sera le cinquième. Notons que selon l’auteur, les quatrième et le cinquième forment ensemble le second tome de la série et qu’il semble tenir à ce que ses romans soient lus dans l’ordre dans lequel il les a écrit.

La construction d’un royaume et d’une légende

Parti du Toit du Monde pour fuir un mariage arrangé, poursuivi par les sorciers du Chaos, Creslin fuit en mer vers l’île de Recluce avec celle qui est devenue, de nom, sinon de fait, sa femme. Arrivé sur l’île déserte et écrasée de chaleur, il utilise son pouvoir pour modifier les climats de Recluce et du continent afin de rendre fertile le sol de sa nouvelle patrie.

Il s’ensuit une cascade de catastrophes, depuis des pluies diluviennes jusqu’à des attaques d’armadas maritimes. Allant jusqu’au bout de ses forces, il contrera tous les assauts pour assurer l’avenir de Recluce et l’équilibre du monde. Gagnant en nombre, en force et en équipement, la population de l’île se renforce jusqu’à faire jeu égal avec les plus puissants de ses opposants.

Une suite qui ne dépare pas

L’histoire avait débuté, dans le premier tome, par la démonstration de la puissance inégalable du héros surpuissant, invincible et presque omnipotent. La suite est dans la même veine. Creslin commande aux vents, nous le savions déjà. Il règne sur les tempêtes, créant des ouragans et des tourbillons. Il sait aussi déplacer de manière définitive les vents qui règlent les climats, diriger la foudre, glacer une armée entière... Rien ni personne n’est en mesure de le stopper...

Lorsque l’auteur ne nous narre pas un exploit incroyable de son héros, c’est que celui-ci est plongé dans les travaux de terrassement, de jardinage, d’irrigation ou de commerce. Le lecteur a l’impression de suivre un débutant tentant de créer sa cité dans un jeu du style de « Civilisation » ou de « Age of Empire » ... tout en sachant, depuis le début, qu’il ne peut que gagner, puisque Recluce existera, sera puissante et respectée, d’autres ouvrages précédents en témoignent.

Comme dans le tome précédent, chaque péripétie est prévisible, chaque élément des classiques est là, visible, les bons, les méchants, la femme et le territoire qui deviendra son Royaume une fois l’adversité terrassée et sa promise conquise – ce qui ne manquera pas d’arriver, bien évidemment. Comme l’on pouvait s’y attendre, ce roman raconte encore une fois l’aventure d’un homme prédestiné,son chemin vers une gloire qu’il se voit obligé d’accepter malgré une fausse modestie qui le pousse à la refuser tant qu’il le peut.

Tout au long du roman, l’histoire piétine, se répète comme si l’auteur n’avait pas grand-chose à nous raconter. On s’ennuie au récit des combats et des hésitations de ce héros qui ne peut pas perdre, de sa magie à la puissance sans cesse plus puissante, qui le sauve inévitablement, lui et son île. On baille à la lecture des magouilles diplomatiques des uns et des autres, qui seront inévitablement vaines. Même l’histoire d’amour est bâclée, expédiée comme les autres conflits.

C’est vraiment dommage car le monde imaginé par Modesitt méritait un bien meilleur traitement.



Jean Rébillat

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