Les Vaisseaux d’Omale
( Omale 4 )
de Laurent Genefort
aux éditions Denoël ,
collection Lunes d’encre
Genre : SF
Sous-genres :
  • Space opéra

Auteurs : Laurent Genefort
Couverture : Manchu
Date de parution : mars 2014 Inédit
Langue d'origine : Français
Type d'ouvrage : Roman
Titre en vo :

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"Ce dragon qui assiège l’école mais ne peut pas y entrer, c’est l’ignorance. Il consume les esprits faibles, voilà la raison pour laquelle il faut sans cesse le combattre."

Laurent Genefort est né en 1968. Il fait ses premiers pas d’écrivain dans la mythique collection "Anticipation" du Fleuve noir à tout juste vingt ans. Également auteur d’une thèse de doctorat sur les livres-univers, il développe rapidement son propre univers, la Panstructure, dans lequel se place la majorité de ses romans. Omale, considéré comme son grand-œuvre, s’y rattache. 10 ans après La Muraille sainte d’Omale, Laurent Genefort retourne dans cet incroyable univers avec un quatrième roman inédit : Les Vaisseaux d’Omale.
 
À la conquête de l’espace
 
Omale : une sphère de Dyson créée par les mystérieux Vangks, une gigantesque structure artificielle située autour d’une étoile et découpée en plusieurs Grand’Aires de plusieurs centaines de milliards de kilomètres carrés, séparées par des zones de vide. L’une de ces zones habitables abrite les Humains, forcés de cohabiter avec d’autres espèces extraterrestres, appelées rehs, les Chiles et les Hodgqins. 
Nous sommes bien après le pacte de Loplad et les trois rehs vivent dans une paix et une tolérance relatives. Ipis, une scientifique humaine, se retrouve en possession d’un message provenant des Æzirs, une reh qui habite dans l’espace d’Omale et qui entretient des relations commerciales épisodiques avec la surface. Ce qu’ils lui proposent pourrait bien changer l’avenir de leur Grand’Aire : car, si Ipis arrive à convaincre les Hodgqins, seuls détenteur de la technologie nécessaire, c’est à un formidable voyage spatial à la découverte des lunes d’Héliale qu’ils seront tous conviés.
 
La science-fiction sous son meilleur jour !
 
En guise de préambule, que l’on se rassure : il n’est pas nécessaire d’avoir lu les romans précédents pour attaque celui-ci. Laurent Genefort se plie à l’exercice de brosser rapidement mais pertinent un rapide portrait de son univers et, que l’on en soit familier ou non, on arrive bien vite à appréhender l’aspect général d’Omale et de ses subtilités. On est d’ailleurs propulsé tout de suite dans le vif du sujet : le roman est relativement court en regard des nombreuses actions décrites et on ne s’embarrasse pas de fioritures ou de longueurs inutiles. C’est peut-être là le seul défaut du livre. Tout va vite, très vite, et on a parfois du mal à suivre le rythme et à vraiment s’attacher aux personnages ou à ce qu’ils font. 
 
Dès les premières pages, on se retrouve catapulté en plein cœur de l’aire hodgqine et on découvre ainsi avec plaisir une reh qui était restée un petit peu en retrait lors des précédents volumes. On sent ici que Laurent Genefort est dans son élément et se livre à un véritable travail anthropologique, le message des Æzirs n’étant finalement, du moins au début, qu’un prétexte pour un formidable voyage à travers Omale. On retrouve ces moments d’émerveillement face à l’inconnu, cette lenteur caractéristique du gigantisme du monde et propice à l’introspection et la découverte d’une flore et faune exotique qui ne demandent qu’à prendre vie sous nos yeux.
 
Mais cette promenade touristique apparaît bien vite comme un prétexte à la mise en place de l’échiquier politique. Les forces en présence se révèlent être nombreuses, un peu trop même parfois, et il arrive que l’on se perde dans la multitude de personnages, certains manquant d’ailleurs un peu de relief et passant inévitablement à la trappe. C’est une véritable lutte de pouvoir qui se cache derrière ce qui apparaît être bien plus qu’une simple mission scientifique : soif de connaissance, manipulation politique, fanatisme religieux, profit personnel... 
 
Les Vaisseaux d’Omale est en quelque sorte une synthèse de toutes les qualités des précédents romans : une solide réflexion scientifique, un regard acerbe sur la politique et la religion, de longues phases de voyage et de découverte, de la confrontation avec les autres rehs et enfin le fameux sense of wonder quand on s’approche doucement du mystère Vangk... Une fois encore, on est conquis de la première page à la dernière, happé par l’immensité et la densité d’Omale et des images incroyables qu’elle génère. Inspiré. Passionnant. Incontournable.

Marie Marquez